ven. Mai 24th, 2024

Rendre justice à sa propre histoire implique deux vertus nécessaires dans les confréries d’aujourd’hui : on éduque et on enseigne aux générations futures et on revalorise sa propre personnalité. Dans le Santo Entierro Grande, certaines confréries ont adopté cette ligne, et manifestement des normes très élevées ont été atteintes de la beauté et de la signification de la fraternité.

Peu après cinq heures de l’après-midi, sous une brume brûlante qui recouvrait le torse lisse et presque immaculé de Dieu, le mystère de l’Exaltation descendit la rue Dueñas à la recherche de l’Alameda. Nous avons déjà recommandé ici de ne pas la manquer car, bien qu’elle ne soit pas d’un spectaculaire renversant, elle n’est pas que surface et écorce. L’orchestre municipal de Arahal a interprété deux marches processionnelles dédiées à cette superbe sculpture au paso de los Caballos : Le Christ de l’exaltation y Le Christ de l’exaltation. En l’espace de dix minutes, Pedro Morales y López Farfán, Les deux hommes, fleurons de la musique de procession, ont été cités à propos de cette confrérie centenaire, qui possède l’un des patrimoines les plus enviables de toute la Semaine sainte.



Il ne s’agit pas seulement de contempler des œuvres en gros plan de Luisa Roldán (à quel point avons-nous normalisé cela, mon Dieu !), ou quelques tuniques singulières, ou l’effort surhumain de cinquante hommes exemplaires dans leur métier et leur engagement. Nous avons voyagé dans le temps ! Gratuitement et par altruisme ! Pendant un instant, nous avons cru voir, derrière le mystère, un Morales attachant et sincère dirigeant le Soria 9, ou un López Farfán plat et fougueux revenant de la taverne de Jesús del Gran Poder avant de composer L’Étoile sublimevêtu de vert militaire, brunâtre et la moustache nouée…

Les garçons de Falcón, loin de s’effondrer, ont épousé le rythme de la musique et s’y sont abandonnés. Cadeau inestimable de la confrérie de l’Exaltation. Une institution du XVIe siècle. Images du XVIIe siècle : père, fille, gendre… Une procession qui ouvre le XVIIIe siècle. La musique du XIXe siècle et la gestation d’une révolution sans précédent. Un mystère du XXe siècle qui a survécu à l’impensable. Un après-midi au XXIe siècle. Un demi-millénaire d’une ville dans la rue Dueñas. Dans quelques secondes, c’est la semaine de Pâques. Si vous vous souvenez de quelque chose de similaire, faites-le nous savoir. Je suis incapable.

By Nermond

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