mar. Juin 18th, 2024

Je ne sais certainement pas s’ils coïncident, même de manière spécifique ou superficielle, avec l’opinion qui est écrite et développée dans ces lignes. Mais c’est une question qui devrait nous obliger à réfléchir en tant que collectivité rationnelle, en tant qu’êtres en conviction permanente. Depuis un certain temps, nous observons, avec un certain malaise et un certain déplaisir, une augmentation démesurée des tensions dans notre environnement, dont l’impulsion vient surtout de l’ouragan ingouvernable des réseaux sociaux. C’est d’ailleurs une question qui a déjà été soulevée dans d’autres forums et tribunes. Des cabinets et des experts reconnus pointent également un individualisme marqué qui vise à nous positionner comme détenteurs d’une vérité unique et indiscutable, qui n’admet ni réplique ni, bien sûr, débat serein.

J’ai d’abord pensé – et, soulagé, j’avais raison – que ces tensions dialectiques étaient logées dans le réseau et que leur route trouvait la mort sur les rives du virtuel. Il suffisait d’une promenade, d’un rendez-vous ou d’un grand rassemblement pour confirmer que notre vertu de citoyens civilisés et amicaux restait à l’abri de la corrosion inévitable des réseaux. Mais depuis peu, nous assistons à une traduction physique de ces tensions, face à face et partout. Et leur présence dans la sphère publique est de plus en plus palpable et omniprésente.. Parce qu’il y a de tout dans la vigne du Seigneur, et dans ces espaces numériques, il y a ceux qui déversent leurs misères morales et, bien sûr, leur besoin constant de savoir qu’ils sont entendus.



Nous ne nions pas dans ces lignes, Dieu nous en préserve, la possibilité inhérente de donner un avis, de partager nos impressions, d’offrir nos opinions en faveur d’une amélioration ou d’un accord profitable. Car c’est nécessaire et enrichissant ; c’est dans la variété que se trouvent la richesse et la croissance. Mais nous regrettons, comme tout dans la vie, les formes ou les intentions. Et c’est là où germent les tensions, et un autre terme malheureusement en vogue aujourd’hui : la polarisation.. C’est tout ou rien. C’est toi ou moi. Soit ma vérité, soit celle que vous voulez m’imposer, même s’il y a des questions sur lesquelles notre position est totalement intransigeante ou que nous comprenons qu’elles ne sont pas bénéfiques pour le bien commun de la société.

Et cela se produit dans tous les domaines de notre relation obligatoire avec le monde : en politique (bon sang), dans les relations de travail ou d’affaires, ou dans nos loisirs. Dans le sport, dans l’art – il s’agit plutôt d’un problème sous-jacent à la structure de l’éducation – ou dans les arts, dans notre propre cas, dans les confréries, Dans ce domaine, donner son avis est devenu un sport risqué en raison de certaines pratiques qui imposent une perception personnelle. Nous lisons, étonnés, des insultes et des querelles sur la première d’une marche, la confection d’un châle ou la décision d’un conseil d’administration, aussi erronée soit-elle ; le mépris d’une identité ou d’une façon de s’exprimer. Et nous choisissons de ne pas nous immiscer dans le monde insondable de la côte…

Ecoutez, je comprends que dans les confréries tout ce qui échappe à l’objectivité et aux critères scientifiques -une restauration-… est ouvert à l’opinion. Absolument tout. Mais il y a des lignes rouges à ne pas franchir. De plus, dans notre micro-univers, nous avons des espaces où chacun peut s’exprimer, comme un chapitre de frères, même si nous y connaissons des frictions indésirables. L’un peut très bien dire qu’il n’aime pas un répertoire et ne pas déclencher une tempête. L’autre peut dire qu’il ne trouve pas appropriée l’orientation esthétique prise par une confrérie, ou qu’il pense que l’exécution d’un nouveau travail d’orfèvre est inutile au détriment d’autres projets plus urgents.

Mais dans le éducation, respect et formation -et pas seulement la formation religieuse, mais la formation humaine- est la clé pour combattre la polarisation à laquelle sont confrontées les confréries, une circonstance qui répond à l’espace historique et social dans lequel elles sont insérées. Et au sommet de la pyramide se trouve la clé qui nous permettra à tous de construire, avec calme et bonne volonté, l’avenir immédiat de notre Semaine Sainte, la fête la plus globale et la plus inclusive en ces temps difficiles.

By Nermond

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