ven. Mai 24th, 2024

De San Luis à Cerro del Águila, il y a un chemin qui passe par San Gil et qui est imprégné de la Forsakenness et de l’Abandon d’un homme crucifié. Selon Google, il fait 7,8 kilomètres, mais selon Séville, il s’agit d’un chemin vieux de plus de 350 ans.

Le crucifié de la ; confrérie de Cerro del Águila   se trouvait jusqu’en 1942 dans la sacristie de l’ancien noviciat jésuite, d’où elle a été transférée à San Gil comme dépôt. La sculpture a été cédée en propriété par le Conseil provincial de Séville à la corporation du Mardi Saint en 1981. De la Macarena à son nouveau quartier, elle a été transportée sur les épaules des membres de l’ancienne confrérie de Los Dolores. Il s’agissait d’une déclaration d’intention selon laquelle ses voisins ne laisseraient jamais le crucifix abandonné ou délaissé.



La sculpture, attribuée à Francisco de Ocampo ou du moins à son entourage par certains chercheurs, est datée d’environ 1625. D’autres chercheurs suggèrent Martínez Montañés ou Juan de Mesa comme auteurs possibles de l’image. Dans tous les cas, sa présence dans la sacristie de l’église de ; San Luis de los Franceses   est un autre exemple de l’œuvre impressionnante que les Jésuites ont laissée à Séville.

Lorsque l’on franchit les portes de l’édifice, propriété de la Diputación depuis le XIXe siècle et ouvert aux visites du grand public, il est impossible de ne pas ressentir l’écrasante démonstration de pouvoir que la Compagnie a voulu transmettre. Quelque chose qui n’a pas changé près de 300 ans plus tard.

Splendeur et symboles baroques

Peu de bâtiments montrent le baroque dans sa forme la plus pure. L’architecte, Leonardo de Figueroa, était supervisé par un groupe restreint d’intellectuels jésuites. Une marque qui est présente dans la symbologie. Tout a été étudié. Elle a été construite en étant orientée selon la course du soleil. La porte principale est orientée vers l’est, là où le soleil se lève. L’autel de San Estanislao, au nord, et l’autel de San Francisco Borja, au sud, reçoivent la lumière le jour de la fête de chaque saint. Les thèmes mythologiques ne manquent pas, comme le tableau des trois grâces identifiées par leurs noms : Aglaya (joie), Talia (obéissance et comédie) et Euphrosyne (délice). Dans un contexte chrétien, les Grâces conservent l’interprétation que leur donne Sénèque, comme une triple image de la libéralité : donner, accepter et rendre les bienfaits.

Les retables sont remplis de miroirs vénitiens faits d’étain et de mercure. Les miroirs servent à réfléchir la lumière et à la renvoyer vers d’autres points de manière à en multiplier l’effet, mais aussi à déformer la réalité et à la magnifier. Mais ils font également référence à la devise Speculum sine macula lié à la Vierge Marie.

Les Jésuites n’ont rien laissé au hasard, pas même le nom de l’église. Elle a été construite sur un terrain donné par Louise de Medina. Ce fait, ainsi que la volonté de l’ordre de se rapprocher de la nouvelle dynastie française née avec Philippe V de Bourbon, afin d’éviter d’être expulsé, ont conduit à donner à l’église le nom de San Luis de los franceses (Saint Louis des Français). Bien que les travaux de l’église n’aient pas commencé avant 1699, le noviciat des jésuites s’y trouvait déjà en 1609. Dans toute cette planification, il y a eu quelque chose qui a mal tourné, ou du moins qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Les Jésuites avaient prévu de construire une place devant l’église afin de pouvoir voir le dôme et la façade, mais cela n’a jamais été réalisé.

En 1767, une ordonnance royale de Charles III a expulsé les Jésuites d’Espagne et ils ont dû quitter le bâtiment. Ils revinrent en 1817, jusqu’à ce que la nouvelle expulsion de 1835 les oblige à abandonner définitivement le complexe. Dès lors, il fut un séminaire, un couvent franciscain, un hôpital pour prêtres vénérables, une usine au XIXe siècle et un hospice jusque dans les années 1960. L’église est restée fermée et sans culte pendant de nombreuses années.

Depuis 1984, le Conseil provincial a alloué d’importantes ressources financières pour la restauration complète de ce monument. Après les travaux de restauration, tant le réaménagement que le nouvel éclairage ont été inaugurés le 6 septembre 2016.

By Nermond

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