sam. Avr 13th, 2024

Sur les trente-huit nations qui font partie de lOCDE l’organisation qui réalise des études économiques pour les économies développées, il n’y a que cinq pays dans lesquels le revenu moyen des personnes âgées de plus de 65 ans est supérieur à celui du reste de la population. Il s’agit d’un groupe de pays restreint mais diversifié : il comprend Le Luxembourg , Israël , Costa Rica , Mexique  e Italie .

Dans son étude annuelle sur les systèmes de retraite, l’OCDE calcule qu’en Italie, le revenu des personnes âgées de plus de 65 ans est de 103 % de la moyenne nationale Plus précisément, le revenu des personnes âgées de 66 à 75 ans est très élevé (111,6 % de la moyenne nationale) alors que celui des plus de 75 ans est plus faible (94,2 %). Ce déséquilibre des revenus en faveur de la population plus âgée est une anomalie : en moyenne, dans la zone OCDE, le rapport entre le revenu des plus de 65 ans et celui du reste de la population est de 88 %. Il devrait être normal que les personnes en âge de travailler gagnent plus que les retraités. En Italie, cependant, ce n’est pas le cas et, parmi les chiffres « froids » du rapport de l’OCDE, il y a d’autres éléments alarmants sur les perspectives du pays.

Le premier problème reste la question dramatique de la démographie. Le nombre de personnes en âge de travailler devrait diminuer de 35 % entre 2022 et 2062. Les pénuries de main-d’œuvre, dénoncées depuis longtemps par les associations d’entreprises, vont s’aggraver. Dans moins de trente ans, c’est-à-dire en 2052, le rapport entre les plus de 65 ans et les 20-64 ans atteindra 78% contre 54%  de la moyenne de l’OCDE. Toutefois, les personnes de plus de 65 ans seront rarement à la retraite. L’analyse prévoit que pour un Italien né en 2000 et commençant à travailler en 2022 la retraite n’interviendra pas avant l’âge de 71 ans Parmi les citoyens de l’OCDE, seuls les Danois devront travailler aussi longtemps. En Allemagne, selon les estimations de l’OCDE, les personnes nées en 2000 pourront prendre leur retraite à 67 ans, en France et en Espagne à 65 ans. Maigre consolation, pour les Italiens nés en 2000, leur chèque de pension pourrait atteindre 82 % de leur dernier revenu : mais ce n’est que dans le cas où ils auront eu une carrière ininterrompue. En d’autres termes, ils auront cotisé pendant près de 50 ans (49 ans, pour être précis).

Lire aussi:  Énergie. Le dossier nucléaire est rouvert Mais il y a tant de variables

Bien sûr, les générations précédentes étaient mieux loties. L’Italie a été particulièrement généreuse avec ses retraités, au point que ses dépenses de retraite sont sans équivalent dans la zone de l’OCDE : en additionnant les dépenses publiques et privées, on obtient 17 % du PIB soit près du double de la moyenne, qui est de 9,2 %.

En tant que Renato Brunetta en sa qualité de président du Cnel, lors de son intervention au Parlement mardi devant la commission bicamérale de contrôle sur les organismes de gestion de la sécurité sociale, « le fait d’avoir accordé pendant des décennies des pensions qui n’ont pas été soutenues par un revenu contributif correspondant est à l’origine non seulement du déficit des pensions, mais aussi d’une grande partie de la dette publique ». Les propos de l’ancien ministre de la Fonction publique et de l’Innovation ne sont pas non plus rassurants : « En l’absence d’une réorganisation, le risque d’un effondrement de l’ensemble du système est probable, avec une dépense estimée jusqu’à 23 % du PIB vers 2030 ».

Dans son analyse, l’OCDE cite les mesures visant à faciliter la retraite des travailleurs introduites ces dernières années (d’abord Quota 100, puis Quota 102, puis Quota 103) et note que « l’octroi de prestations relativement élevées à des âges relativement bas, comme dans le cas des « quotas », contribue à la deuxième plus forte dépense publique de retraite parmi les pays de l’OCDE, s’élevant à 16,3 pour cent du PIB en 2021. Bien que le taux de cotisation soit très élevé, les recettes provenant des cotisations de retraite ne représentent qu’environ 11 % du PIB, ce qui nécessite un financement substantiel par la fiscalité générale ».

Lire aussi:  Le XRP augmente : c'est le moment d'en acheter !

By Nermond

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *