sam. Avr 13th, 2024

Au terme d’une nouvelle semaine de hausse, l’indice Ftse Mib a gagné hier 0,6 % pour clôturer à 29 928 points. Un pas de plus vers le seuil des 30 000 points, un niveau touché pour la dernière fois le 19 juin 2008. C’était il y a 15 ans. Tout porte à croire que ce cap pourrait être franchi dès la semaine prochaine. Pour la bourse italienne, plus encore que pour celles du reste de l’Europe et de Wall Street, cette année 2023 a été une très bonne année.

De janvier à aujourd’hui, le Ftse Mib, qui regroupe les quarante plus grandes sociétés cotées en bourse, a gagné 26%, dépassant en Europe les principaux indices de Francfort (+17%), Paris (+13%) et Londres (qui n’a fait que +0,6%) et aux Etats-Unis le Dow Jones (+8,5%). Parmi les grandes bourses, seuls Tokyo (+30%) et l’indice technologique américain Nasdaq (+46%) ont fait mieux.

L’enthousiasme des investisseurs pour les actions cotées à Milan peut surprendre, puisque – comme l’a encore confirmé hier l’Istat – l’économie italienne, après le boom post-Covid (également sous l’impulsion des coûteux superbonus), a ralenti pour revenir à sa morosité traditionnelle, avec une croissance du PIB qui n’atteindra pas 1 % cette année. Mais ce n’est pas sur le produit intérieur brut que la bourse bouge : ce qui compte, pour les investisseurs, ce sont les bénéfices que les entreprises cotées en bourse sont capables de générer (et, éventuellement, de distribuer). Et les résultats des grandes entreprises de la Piazza Affari, celles dont la capitalisation est suffisamment « lourde » pour faire bouger la cote, ont tous été très bons. A commencer par ceux des banques, qui ont pu bénéficier cette année des effets des hausses de taux de la BCE, à peine affectées par la taxe sur les surprofits introduite, puis adoucie, par le gouvernement. Intesa Sanpaolo, première banque italienne par la capitalisation, a réalisé 6,1 milliards de bénéfices en neuf mois, soit une augmentation de 85%, UniCredit sur la même période a réalisé 6,7 milliards de bénéfices, ce qui correspond à une croissance de 67,7%. Depuis janvier, les actions d’Intesa ont gagné plus de 28 %, celles d’UniCredit près de 90 %.

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Ferrari a également beaucoup progressé, avec +65% depuis janvier, et avec une capitalisation de plus de 64 milliards d’euros, elle est désormais la deuxième entreprise du Ftse Mib (même si, rappelons-le, la société néerlandaise qui contrôle la firme de Maranello est également cotée au Nasdaq). Dans le cas de Ferrari, la hausse du cours de l’action s’explique par des comptes solides (963 millions de bénéfices en neuf mois, +34%) mais surtout par de grandes perspectives, selon différents analystes. C’est l’un des effets de l’augmentation rapide du nombre de milliardaires dans le monde, qui est passé de 2 208 à 2 668 au cours des cinq dernières années selon le classement Forbes : avec autant de milliardaires en circulation, une entreprise qui construit des voitures exclusives et qui propose également une voiture valant plus d’un demi-million d’euros (la SF90 spider hybride dans sa version « Assetto Maranello ») a de la marge pour augmenter ses marges de manière substantielle. À ce jour, Ferrari réalise un bénéfice moyen de 92 000 euros par voiture vendue.

L’autre clé pour comprendre le succès de Piazza Affari réside dans la force des entreprises énergétiques. Parmi les principales sociétés cotées, on trouve Enel, qui avec 66 milliards de capitalisation est la première du Ftse Mib, et Eni, qui capitalise 51 milliards d’euros. Parmi les autres entreprises dont l’explosion des bénéfices a incité le gouvernement à introduire une taxe sur les surprofits, on peut citer les banques. Enel s’est très bien comportée cette année, réalisant 5 milliards de bénéfices en neuf mois (+65,2 %) et les investisseurs ont misé gros sur elle, faisant grimper l’action de plus de 29 % depuis le début de l’année. Les comptes d’Eni ont été moins enthousiasmants, avec des bénéfices en baisse de 38 % à 6,7 milliards d’euros après un résultat record en 2022, mais l’entreprise reste un groupe très solide dans un secteur de plus en plus fondamental comme celui de l’énergie. Et les actions ont gagné plus de 14 % depuis janvier.

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Les autres « meilleures actions de l’année » confirment également la solidité des secteurs de la banque, de l’énergie et des transports. Après UniCredit, parmi les banques, on trouve Bper (+80% depuis janvier), Mps (+63%), Banco Bpm (+55%). Leonardo (+77%) a également connu une forte hausse en raison de l’augmentation des tensions mondiales. Les valeurs énergétiques A2a (+58%) et Saipem (+34%), qui s’occupe d’infrastructures énergétiques, figurent également parmi les dix premiers titres. Stellantis (+51,4 %, mais qui est également cotée à Paris et à New York) et Iveco (+36 %) figurent également dans le classement.

En résumé, l’Italie ne vit peut-être pas l’un des moments les plus heureux de son histoire économique, mais de nombreuses entreprises italiennes sont en train de vivre leur meilleur moment. Cela suffit à alimenter la puissante course de Piazza Affari, qui est encore loin des records d’avant les frères Lehman et d’avant la bulle des actions dot.com.

By Nermond

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