lun. Mai 20th, 2024

Entrepôts vides, zones industrielles désaffectées, des lieux désormais réduits à l’état de témoins silencieux d’une époque révolue. L’abandon progressif de structures autrefois prospères et productives est devenu un sujet d’analyse approfondie pour de nombreuses grandes villes internationales : une transformation urbaine qui n’est pas seulement un symbole de changement économique, mais aussi un signe d’évolution sociale et culturelle. En outre Turin, capitale de l’automobile au XXe siècle, cherche un moyen de relever le défi.  Il y a quelques semaines, l’annonce de la création d’une voiture de tourisme à Turin a fait grand bruit. L’usine Maserati voulue par Marchionne a été mise en vente sur Immobiliare.it  (l’annonce n’est plus en ligne depuis quelques jours…). L’usine de Grugliasco, anciennement un complexe de production de Bertone, a été rachetée en 2009 par Fca  afin de relancer le Trident dans le cadre du concept de pôle de luxe, mais elle a été mise hors service en 2021 pour transférer la production – réduite à quelques milliers d’unités – à l’usine de Mirafiori.

Si le projet Aerospace City sur l’axe du Corso Marche, avec un investissement de 42 millions d’euros, valorisera une zone périphérique avec un pôle de recherche élevé, il existe encore de nombreux espaces urbains à la recherche d’une nouvelle vie dans l’ère post-industrielle. Il est très difficile d’en déterminer le nombre : il y a quelques années, la ville métropolitaine de Turin et la fondation Links ont réalisé une sorte de cartographie des zones industrielles désaffectées avec la création d’une plateforme regroupant des informations provenant de diverses bases de données sur les acteurs économiques de la région, mais celle-ci n’incluait pas la zone de la ville. D’une manière générale, la production nécessite aujourd’hui moins d’espace que par le passé : l’automatisation et surtout l’adoption croissante de robots collaboratifs (capables d’interagir avec l’homme sans nécessiter d’espaces délimités et protecteurs) permettent d’opérer dans des espaces beaucoup plus réduits. D’autre part, les usines doivent désormais produire des lots de plus en plus petits et personnalisés, et les grandes lignes d’assemblage rigides sont remplacées par des îlots, des cellules et des groupes de machines reliées de manière asynchrone par des navettes robotisées.

Le modèle de production a également changé radicalement : alors qu’à Mirafiori, on partait de la base, des barres d’acier tournées pour fabriquer les engrenages des transmissions et des tôles pour la carrosserie, aujourd’hui le modèle dominant est la « production de la voiture ».externalisationavec des entreprises externes, qui se font concurrence pour obtenir de meilleurs prix. Les installations anciennes, devenues obsolètes, nécessitent des investissements très importants pour être modernisées. Ce que l’on appelle le greenfield (construction d’une nouvelle usine ou d’un nouveau site de production sur un terrain encore inutilisé pour des activités industrielles) permet aux concepteurs et aux ingénieurs de jouir d’une liberté presque totale en matière de conception, ce qui leur permet d’intégrer dès le départ les technologies les plus récentes, les processus efficaces et les méthodes durables, tandis que les friche industrielleL’utilisation d’usines et d’installations existantes peut entraîner la nécessité de remettre en état des sites contaminés avant que les travaux ne puissent commencer, ce qui augmente considérablement les coûts.

Malgré toutes ces difficultés, il est encore possible de réhabiliter de grandes usines désaffectées, éventuellement en découpant les espaces d’une manière plus contemporaine. Un exemple vertueux, dans la région de Turin, est l’ancienne usine Lancia de Chivasso, transformée, quelques années après sa fermeture, en une sorte de condominium industriel, avec plusieurs entreprises opérant côte à côte. Avec un certain optimisme, le marché de l’immobilier industriel turinois est assez porteur : les valeurs sont compétitives par rapport à d’autres zones et il existe un large éventail de choix, avec des structures adaptées à différents besoins.

Plus généralement, le secteur de la logistique au niveau régional est en expansion et le secteur des services est également dynamique. Dans quelques années, le Piémont sera au centre des grands systèmes de communication européens, sur les lignes nord-sud et est-ouest, et les investisseurs pourraient vouloir profiter de certaines zones favorablement situées. Depuis la fin de la pandémie, les manifestations d’intérêt pour les biens industriels se sont multipliées, donnant lieu à plusieurs centaines d’achats effectifs au cours de l’année 2022. Parmi ceux-ci, de nombreuses installations du groupe Stellantis ont également trouvé un nouveau propriétaire, en dehors des zones de Mirafiori déjà impliquées dans d’autres projets complexes.

By Nermond

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