lun. Mai 27th, 2024

Les familles avec enfants diminuent en Europe, et il est évident qu’elles diminuent également en Italie. Dans la transformation de l’Europe d’un Vieux Continent à un Continent de plus en plus vieux, on peut cependant discerner certaines tendances importantes qui montrent que dans notre pays, il est beaucoup plus difficile qu’ailleurs de réaliser un projet familial. Un exemple ? Le nombre de ménages avec trois enfants mineurs ou plus, une rareté en Italie si l’on considère qu’il s’agit d’un peu plus de 440 000 cas, est en baisse, alors qu’ailleurs il augmente, même de manière significative.

C’est un phénomène intéressant. En Europe, on observe d’une part une baisse des naissances et une diminution de la taille des familles, d’autre part les couples attirés par l’idée d’élever des enfants essaient d’avoir plus d’enfants que la moyenne.  Il est clair que c’est particulièrement le cas lorsque le contexte est favorable et fournit bien plus qu’un soutien parental symbolique, comme en France, en Allemagne ou en Suède. Mais la polarisation est évidente.

Eurostat, le service statistique de l’Union européenne, a récemment publié un article contenant quelques chiffres récapitulatifs tirés de sa base de données sur les ménages. Le premier chiffre indique qu’il y a environ 200 millions de ménages en Europe (en 2022), soit une augmentation de 7 % par rapport à il y a dix ans. Attention toutefois, ce chiffre prend en compte tout le monde, y compris les célibataires, les célibataires âgés et les couples sans enfants, qui représentent ensemble 75,7 % du total, tandis que les ménages avec enfants ne représentent qu’un peu plus de 24 %, c’est-à-dire même pas un sur quatre. Alors que les ménages sans enfants ont augmenté de 10 %, ceux avec enfants ont diminué de 2,4 %.  L’Union européenne observe attentivement cette tendance, car le déclin démographique et l’augmentation de la solitude risquent de compromettre la compétitivité du continent et la viabilité des systèmes de sécurité sociale.

Dans le cadre de cette transformation, on observe toutefois des voies et des problèmes très différents. Les familles avec un seul enfant sont majoritaires parmi les 27 de l’Union, 12,1 % du nombre total de ménages, en baisse de 5,7 % ; celles avec deux enfants sont 9,3 %, pratiquement stables ; les ménages avec trois enfants ou plus représentent 3 %, et ont augmenté de 6 % en dix ans.  Moins de familles et des familles plus petites, mais une augmentation des familles nombreuses.

Dans la comparaison européenne, l’Italie s’avère une fois de plus être un pays où il est plus difficile de devenir parent : les ménages avec un seul enfant et ceux avec deux enfants ont diminué de près de 10 % en dix ans, tandis que ceux avec au moins trois enfants ont enregistré une baisse de 5,6 %. C’est un instantané du déclin démographique que l’on retrouve à chaque nouveau rapport sur la population publié par l’institut des statistiques, mais aussi dans les rapports sur la pauvreté, où il apparaît que les difficultés économiques affectent le plus les familles avec enfants.

À cet égard, il est utile d’examiner uniquement les familles avec enfants et leur composition : en Europe, 40,5 % n’ont qu’un seul enfant, et l’Italie se situe ici bien au-dessus de la moyenne, avec l’Espagne, la Hongrie et le Portugal, où cette condition concerne plus de la moitié des ménages ; 38 % ont plutôt deux enfants ; les familles européennes comptant 3 enfants ou plus sont au nombre de 12,4 %. Le record des grands ménages est détenu par l’Irlande, avec 22,3 %, suivie de la Suède avec 21,2 % et de la Finlande avec 19 %.  En bas de l’échelle, on trouve le Portugal avec seulement 6,3 % de grands ménages, la Bulgarie avec 6,5 % et l’Italie avec 7,4 %. 

En restant dans ce domaine, la comparaison avec des pays notoirement plus vertueux, parce qu’ils ont su se doter depuis longtemps de mesures structurelles et universelles pour soutenir l’entretien et la croissance des enfants, devrait nous faire réfléchir. Au cours des dix dernières années, les ménages de trois enfants ou plus ont augmenté de 40 % en Suède, de 17 % en Allemagne et de 6,3 % en France. En Italie, ils ont diminué de 5,6 %.  Des chiffres qui nous ramènent également à la contribution de la migration, mais lorsque ceux qui arrivent rencontrent un contexte ouvert, structuré pour s’intégrer, et globalement avancé.

By Nermond

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