mer. Mai 22nd, 2024

Au cours des cinq dernières années, 3 339 kiosques à journaux ont été contraints de fermer en Italie, le nombre de points de vente dédiés principalement aux journaux et aux magazines ayant chuté de 22 %. Rien qu’en 2022, 992 kiosques ont fermé, dont 53 dans la ville de Rome et 34 à Milan. Cette année, plus de 500 ont définitivement baissé leurs volets. Si bien qu’aujourd’hui, 5 895 communes italiennes (25 % du total) n’ont aucun point de vente de journaux et de magazines et 2 438 communes n’ont qu’un seul point de vente. Une hémorragie continue : de 40 000 à 20 000 au cours des 20 dernières années. C’est pourquoi les commerçants demandent « une nouvelle suppression des licences avec une pension d’accompagnement pour les marchands de journaux, sur le modèle de l’avance de pension obtenue par les maisons d’édition, également financée par le Fonds d’édition ». Ils demandent également une réglementation permettant aux municipalités « d’accorder le changement d’affectation des kiosques afin que les kiosques actuels puissent fonctionner avec de meilleures perspectives pour les familles engagées dans ce type d’activité ». Les Sinagi-Union nationale des marchands de journaux italiens  demande également « au secteur de l’édition dix centimes pour chaque publication livrée aux kiosques, la définition des règles et des garanties exigées par les distributeurs locaux, ainsi que la définition des procédures de livraison et de retour des publications ». Les primes et les allégements fiscaux sont nécessaires pour soutenir un secteur qui, pendant la période du Covid, surtout dans les petites villes, était le seul point de référence lorsqu’il était interdit de sortir, de se déplacer dans une autre commune ou de voir des parents et des amis. Mais les lois ne suffisent pas, il faut « assurer un changement générationnel dans le lectorat, stimuler, rapprocher les jeunes en particulier de la lecture des journaux, les habituer à aller dans les kiosques où ils peuvent trouver un très large éventail de publications capables de satisfaire tous leurs intérêts », explique-t-il. Giuseppe Marchica secrétaire général de Sinagi. Nous ne savons pas à quoi ressembleront les villes du futur, mais si des mesures adéquates ne sont pas prises, les kiosques à journaux n’existeront plus », a-t-il ajouté lors de la réunion organisée ce matin à Rome.  Ces garnisons culturelles qui agissent comme des points d’agrégation et de contrôle du territoire seront perdues, et pour les gens du quartier, pour les messieurs qui se lèvent le matin pour aller chercher le journal, pour les enfants qui rêvent des bandes dessinées de leurs héros, pour les amateurs de colliers qui ont complété des collections de minéraux, d’insectes, de voitures, de disques de musique, de DVD, de statuettes, de livres de cuisine, d’histoire, d’art, de littérature, la vie sera un peu plus égoïste et un peu plus solitaire ». Marchica réclame en outre « le crédit d’impôt accordé pour les dépenses engagées pour la structuration de l’activité, ainsi que la prime de soutien à la diffusion du papier imprimé sur l’ensemble du territoire financée par le Fonds pour l’édition doté d’au moins 25 millions d’euros ». Le syndicat rappelle également que le contrat avec le Fieg-Federazione italiana editori giornali  attendue depuis 14 ans, a finalement proposé de « reconnaître la pénibilité du travail des marchands de journaux » : ceux qui se lèvent très tôt le savent bien, les marchands de journaux ouvrent à l’aube et souvent, pour s’adapter aux besoins des clients, restent ouverts jusqu’à 20 heures, ils n’ont pas de pause déjeuner sauf dans leur kiosque, ils ne connaissent ni le samedi, ni le dimanche. Pourtant, malgré les heures supplémentaires, les marchands de journaux n’arrivent souvent pas à joindre les deux bouts car les revenus sont insuffisants et les ventes en baisse constante. Les kiosques à journaux restent néanmoins des gardiens du territoire. En particulier dans les villages et les quartiers décentralisés. A tel point qu’ils sont prêts à offrir des services utiles aux citoyens pour le compte des municipalités, des autorités sanitaires locales, des régions et des bibliothèques.

By Nermond

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