sam. Juil 20th, 2024

Le dernier bulletin est celui qui compte : pour l’Italie, ou plutôt pour sa dette publique, il arrivera ce soir après la clôture des marchés internationaux. Il sera publié par Moody’s, la dernière agence de notation dans l’ordre du temps à se prononcer sur la dette de Rome, alors que l’Italie a déjà passé sans encombre ces dernières semaines les examens de S&P, Dbrs et Fitch.  Dans le cas de Moody’s, cependant, un rejet aurait des conséquences plus graves, à commencer par l’impact sur le marché. L’agence américaine attribue en effet à l’Italie la note Baa3, un cran au-dessus de la catégorie « non-investissement », avec une perspective négative, après que Moody’s l’ait ramenée de stable en août 2022. L’Italie danse donc au bord de ce que l’on appelle le « junk » ou territoire de pacotille. Un abaissement aurait des conséquences désastreuses pour les obligations d’État et une cascade sur les banques et les entreprises. La bonne nouvelle, c’est que les perspectives sont plutôt positives.

Non seulement il ne devrait pas y avoir d’abaissement de la note, mais à en juger par l’optimisme du marché, une révision des perspectives de négatives à stables n’est même pas exclue. C’est également la raison pour laquelle l’écart s’est encore réduit hier pour passer sous la barre des 180 points. D’un autre côté, si Moody’s devait lâcher du lest, selon une estimation de Barclays, l’écart de rendement entre la Btp à 10 ans et le Bund pourrait grimper jusqu’à 250 points de base. Quoi qu’il en soit, les experts de la banque britannique estiment que « l’économie italienne évitera une récession profonde, mais aussi que le ratio dette/PIB augmentera en 2024 pour se stabiliser ensuite ». Pour en revenir au verdict de ce soir, il y a « une légère possibilité de changement de perspective de négative à stable », prédisent les stratèges d’Unicredit Research, et la récente baisse du spread semble aller dans ce sens, du moins dans les attentes du marché.  « Nous ne nous attendons pas à une action de Moody’s sur la notation vendredi 17 et pensons qu’un abaissement est très improbable ; nous voyons plutôt un changement à ‘Neutre’ (de ‘Négatif’) des perspectives », lit-on dans une note d’Alessandro Pellegrino, gestionnaire de portefeuille de crédit chez Arcano Partners. Toutefois, un éventuel déclassement aurait des « répercussions significatives en Europe », poursuit le gestionnaire, citant par exemple les risques de contagion au détriment d’autres pays périphériques de la zone euro. « Il est évident qu’un abaissement de la note de l’Italie mettrait l’écart de rendement Btp/Bund sous tension, le poussant probablement à 250 points de base. Ce niveau est généralement considéré comme le niveau de surveillance pour les investisseurs en Btp, lorsqu’il est perçu que la BCE n’a pas la situation entièrement sous contrôle ».

En cas de déclassement, ce sont « naturellement toutes les entreprises italiennes qui en pâtiraient,  car les entreprises peuvent difficilement avoir une note de crédit plus élevée que celle de leur pays d’origine. La contagion serait immédiate, surtout de la part des banques et des compagnies d’assurance ». Les banques en particulier seraient pénalisées. Cela s’explique tout d’abord par le fait que les banques italiennes ont une activité essentiellement nationale et qu’elles détiennent une part importante d’obligations d’État dans leurs bilans. . « En outre, leur coût de financement augmenterait rapidement, ce qui aurait un impact sur les bénéfices », ajoute M. Pellegrino, selon lequel les banques sont précisément aujourd’hui « très dépendantes » du marché pour se financer. En revanche, un impact plus limité est estimé pour les services publics en raison d’activités plus stables avec des revenus récurrents, typiques des entreprises contracycliques, qui ne les mettraient toutefois pas à l’abri d’une nouvelle augmentation des coûts de financement.

By Nermond

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