ven. Mai 24th, 2024

La finance durable au-delà des préjugés  est le thème du document édité par le Forum for Sustainable Finance et présenté cet après-midi dans le cadre des Semaines de l’ISR.

L’objectif est de répondre aux critiques de la finance durable et aux attaques contre les critères ESG, en utilisant des preuves scientifiques et en s’appuyant sur des sources fiables et impartiales, des études de cas et des bonnes pratiques. Le document répond à dix faux mythes, souvent répandus par des sources basées sur des opinions idéologiques et politiques ou conditionnées par des lobbies, en offrant une analyse claire et opportune dans laquelle, tout en reconnaissant les questions encore ouvertes, il montre que la finance durable non seulement crée de la valeur à long terme et réduit les risques, mais a également un impact positif sur les entreprises, les communautés et le système financier dans son ensemble.

« Il était prévisible qu’avec la croissance des actifs sous gestion avec des critères ESG et le renforcement du positionnement institutionnel européen de la finance durable, il y aurait des critiques de la part de ceux qui ont intérêt à ralentir le processus de transition juste », a souligné le commissaire européen à l’environnement et au développement durable. Francesco Bicciato, directeur général du Forum. 

Coûts, performances et risques ESG  Le document répond à la critique des coûts plus élevés des produits durables en montrant que les frais sont en moyenne moins élevés dans les produits ISR que dans leurs homologues traditionnels. En ce qui concerne la performance, que les critiques considèrent comme plus faible dans les produits durables, le document montre que c’est exactement le contraire : les fonds ESG sont plus performants à moyen et à long terme. Même en ce qui concerne les risques, que les détracteurs de la finance durable jugent plus élevés pour les investissements durables, l’analyse ESG qui sous-tend ces produits permet plutôt d’identifier des menaces autrement sous-estimées. Il ressort donc de ces aspects que la finance durable n’est pas contraire à l’obligation fiduciaire, c’est-à-dire à l’obligation de tous les acteurs financiers de rechercher le meilleur résultat possible pour le client. Une partie du document est également consacrée à la réfutation de l’argument selon lequel les États dans le secteur financier n’exercent qu’un rôle de régulateur : « Lorsqu’un gouvernement s’engage à aligner ses politiques publiques sur certains objectifs de durabilité, par exemple en adhérant à l’Accord de Paris, il se positionne explicitement comme un acteur clé dans la sphère financière », indique le rapport. La perspective de l’UE elle-même, étayée par une législation pertinente (dont certaines sont encore en cours d’élaboration), considère les gouvernements comme des participants actifs dans les questions financières.

Mesure et collecte de données, écoblanchiment  Une attention particulière est accordée à la mesure et à la collecte des données, ainsi qu’au risque d’écoblanchiment, soulignant plutôt les défis encore ouverts, sur lesquels travaillent toutefois les praticiens, les institutions et les organisations. « Il est crucial de faire des efforts de standardisation et de consolidation pour simplifier la collecte, le reporting et l’analyse des données ESG », peut-on lire dans le document. En ce qui concerne le thème de l’écoblanchiment, auquel un document spécifique du Forum publié en 2022 est également consacré, il est essentiel que les méthodologies utilisées soient explicites afin d’éviter le risque d’un rapport totalement ou partiellement faux. La transparence, qui est l’un des aspects les plus importants de la finance durable, est d’une grande utilité à cet égard.

By Nermond

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