ven. Avr 19th, 2024

La demande de crédits des ménages italiens augmentera en 2023. La dernière analyse du baromètre du Crif (acronyme de « Centrale rischi di intermediazione finanziaria », société privée qui gère un système d’information sur le crédit), portant sur les neuf premiers mois de l’année, fait état d’une tendance positive avec une augmentation globale de 2,1 % par rapport à 2022 et un montant moyen d’un peu moins de 8500 euros. Mais elle signale aussi un renversement de perspective par rapport à ce que l’on pourrait attendre : les crédits ne sont pas accordés (uniquement) en raison de la perte de pouvoir d’achat, mais aussi parce qu’il y a moins d’incertitude.

En Italie, les habitudes des familles sont particulières, explique Simone Capecchi, directeur exécutif du Crif, en ce qui concerne les prêts : en effet, elles font appel à l’industrie du crédit lorsqu’elles ont des situations stables et certaines, lorsqu’elles savent qu’elles seront en mesure de payer. Ce qui souffre le plus, ce sont les hypothèques, qui sont affectées par la hausse des taux d’intérêt ». En général, plus de la moitié des prêts (53,7 %) sont de faible montant, inférieur à 5 000 euros. Les prêts personnels, dont 80 % sont liés à de petites rénovations de bâtiments, ont augmenté de 20 % tandis que le montant moyen a baissé de 4,9 % pour atteindre 11 725 euros. Dynamique inverse pour les prêts destinés à l’achat d’un bien (moyens de transport, meubles mais aussi smartphones) qui sont en baisse de 9 % avec un montant stable de près de 5900 euros.

« La contraction des prêts finalisés doit cependant être lue à la lumière du véritable boom intervenu en 2022 avec la réouverture du crédit à la consommation, qui avait en effet disparu pendant la pandémie, déduction faite des achats en ligne », explique encore Capecchi. Le Crif présentera prochainement les données d’une enquête commandée à Sda Bocconi qui analyse les habitudes des Italiens sur une large période de temps et confirme l’extrême prudence des familles, qui choisissent de recourir au crédit uniquement si elles ont de bonnes perspectives économiques. La situation est différente pour les prêts spéciaux, qui sont davantage liés aux contractions de la consommation. C’est surtout l’incertitude qui met les ménages en difficulté. Les taux se stabilisent et il y aura bientôt aussi une reprise des crédits hypothécaires », assure M. Capecchi, « le tableau est stable malgré les inconnues liées aux conflits en cours ». La hausse des taux d’intérêt se répercute sur l’allongement de la durée : la moitié des hypothèques personnelles dépassent cinq ans. « Tout le monde achète une tranche lorsqu’il doit faire un prêt : pour les maintenir dans la durée, les banques ont allongé le temps et c’est un phénomène typique de ce moment historique », explique le directeur exécutif du Crif. Plus courts sont les prêts spéciaux, qui se concentrent entre 18 et 36 mois. Enfin, en ce qui concerne les tranches d’âge, ce sont surtout les 45-54 ans qui contractent des crédits (23,6 % du total), suivis par les 35-44 ans (20,7 %).

By Nermond

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