mer. Avr 24th, 2024

En attendant les magnifiques destins et les progrès des chariots tricolores dans les rayons des supermarchés, il faut regarder les données pour comprendre comment les Italiens font face à la cherté de la vie. Et là, il n’y a pas grand-chose à faire : les slogans ne suffisent pas. L’ISTAT l’a encore prouvé hier, en confirmant l’ampleur de la hausse du coût de la vie en Italie. l’impact de l’inflation pèse avant tout sur l’épargne des ménages . En bref, en l’absence de salaires en phase avec le reste de l’Europe, les Italiens n’ont d’autre choix que d’épargner moins, grignotant ainsi leurs économies de toute une vie. Car s’il est vrai que l’on parle beaucoup ces jours-ci du succès du BTp Valore, le soupçon, compte tenu également de la dénomination moyenne des contrats sur les nouvelles obligations d’État (plus de 27 mille euros, collecte déjà à 12,9 milliards), est que ce succès est principalement le résultat des investissements de ceux qui ont de l’argent, de toute façon, et non pas de la famille moyenne.

On dépense plus pour acheter moins

Dans l’ordre. L’Istat affirme que au deuxième trimestre 2023, le revenu disponible des ménages consommateurs a diminué de 0,1% par rapport au trimestre précédent tandis que la consommation a augmenté de 0,2 %. La propension à épargner, qui est déjà inférieure aux niveaux pré-covidiques depuis plusieurs trimestres, est estimée à 6,3 %, en baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent. Le pouvoir d’achat des ménages, poursuit l’Institut de la statistique, a diminué de 0,2 % par rapport au trimestre précédent. La comparaison avec le dernier trimestre 2019, celui d’avant la pandémie, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, est sans pitié : la propension à épargner des Italiens était de 7,8 %, soit un point et demi de plus que les niveaux actuels. Quatre ans plus tard, on dépense plus pour acheter moins, comme le suggèrent depuis longtemps toutes les enquêtes périodiques, y compris celles de la grande distribution. Globalement, nous sommes également en retard par rapport aux autres pays européens. Selon Eurostat, le taux d’épargne brut des ménages en 2022 s’élève à 12,56 % dans l’UE, alors que l’Italie ne dépasse pas 9,95 %. le niveau le plus bas de la dernière décennie. En résumé, nous sommes au cœur d’une ère dramatique de renoncement, une ère où le fossé entre les familles riches et celles qui ne parviennent pas à joindre les deux bouts se creuse et où la classe moyenne risque de s’éloigner de plus en plus.

Consommateurs : il faut faire plus

Pour les associations de consommateurs, qui ont présenté hier un ensemble de propositions au ministre de l’Entreprise, Adolfo Urso, afin de contrôler l’initiative du « quart anti-inflation », le volontarisme des grands détaillants et de certaines entreprises de production n’est pas suffisant, étant donné les augmentations de prix de l’année dernière. La réforme des taux de TVA, la remodulation des droits d’accises et des redevances sur les carburants et l’énergie, les observatoires territoriaux sur la dynamique des prix figurent parmi les « solutions » proposées par les organisations. Le mélange de perte de pouvoir d’achat, de réduction de l’épargne et d’augmentation de la charge de financement ne peut qu’avoir un effet négatif tant du point de vue social qu’économique », souligne pour sa part Confesercenti, « dans ce contexte, le maintien de la consommation au second semestre n’est pas assuré et même les récentes estimations de la Nadef d’une augmentation de 1,3% des dépenses des ménages pourraient s’avérer hors de portée ». Un ralentissement qui ne pourra pas être ignoré dans la prochaine loi de finances ».

Sur les comptes courants 71 milliards de moins

Ces dernières semaines, c’est un rapport du Centre d’études d’Unimpresa sur les données de la Banque d’Italie qui a certifié que le montant des comptes courants des Italiens a diminué en six mois de plus de 71 milliards d’euros, avec une baisse de 3,4 % en moins de 200 jours, passant de 2 065 milliards en décembre 2022 à 1 994 milliards en juin dernier. . La réduction du solde des tirelires est encore plus frappante si l’on prend en compte l’intervalle de temps entre décembre 2021 et juin 2023 : moins 82 milliards. Tant les entreprises que les citoyens souffrent de l’augmentation du coût de la vie et des prix des matières premières : si les premières ont retiré 25 milliards de leurs comptes courants au cours du dernier trimestre, les seconds ont puisé 50 milliards dans leurs dépôts bancaires.

Et le crédit à la consommation augmente

Parallèlement, le montant du crédit à la consommation continue de croître. En 2016, le financement total s’élevait à un peu moins de 107 milliards d’euros ; en 2023, il atteindra près de 154 milliards d’euros. soit une augmentation de 44 % en seulement sept ans, selon une analyse réalisée par la Fondation Fiba de First Cisl sur les données de Bankitalia. Une tendance qui se poursuit malgré la hausse des taux d’intérêt. D’un côté, donc, l’épargne s’érode, de l’autre, les gens s’endettent de plus en plus. C’est le portrait d’un pays qui n’arrive pas à s’en sortir et dont les déséquilibres se creusent. Il n’y a pas de solutions faciles. Mais croire qu’un logo tricolore au supermarché résoudra la crise économique et sociale actuelle ou qu’on offrira des peanas au « peuple des épargnants » pour la course au dernier Btp risque de s’avérer dramatiquement illusoire.

By Nermond

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