ven. Mai 17th, 2024

La solidité économique ne suffit pas à garantir le bonheur.  Lorsque le revenu dépasse un certain seuil – estimé à 15 000 dollars par an – la corrélation positive entre le PIB et le bonheur tend à disparaître : c’est le paradoxe d’Easterlin, du nom de l’économiste qui a contribué à l’ouverture d’un nouveau champ d’investigation qui étudie les déterminants du bien-être intégral des individus. Centré sur lel’économie du bonheur  Rapport sur le bien-vivre dans les provinces italiennes 2023 analyse en détail, 77 indicateurs élémentaires allant de la démographie à la culture, de l’accueil à l’environnement, de la santé à la légalité pour offrir une carte de l’état de santé économique et génératif de l’Italie. .

Si l’on examine les données, les indicateurs de santé par unité de PIB sont meilleurs dans le Sud, pourquoi ?  Nous avons posé la question au professeur Leonardo Becchetti, économiste, directeur du Civil Economy Festival et l’un des auteurs du rapport Well-Living qui sera présenté à Florence lors de l’ouverture du Civil Economy Festival le jeudi 28 septembre. « La capacité de notre système national de santé réduit en fait l’impact des inégalités de revenus même si cela entraîne des coûts pour les personnes du Sud qui se font soigner dans le Nord », qu’il s’agisse des nuitées en dehors de la région ou des trajets pour se rendre dans les hôpitaux de Vénétie, d’Émilie-Romagne, de Toscane et de Lombardie.

Si l’on fait un pas en arrière, la mobilité hospitalière est principalement déterminée par la capacité différente des systèmes de santé régionaux à répondre aux besoins des citoyens résidents, et n’est que partiellement due aux choix préférentiels effectués par les citoyens en raison de la proximité géographique des établissements par rapport à leur lieu de résidence habituel, même s’il est différent de leur région de résidence ; pensons, par exemple, au traitement des étudiants loin de chez eux.

Selon les dernières données de l’Istat, contenues dans le Rapport sur le bien-être équitable et durable (Bes), les migrations hospitalières, qui avaient diminué en 2020, en partie en raison de l’impossibilité de se déplacer hors de sa région de résidence causée par la situation de pandémie, ont de nouveau augmenté en 2021. Plus précisément, en 2021, les sorties d’hôpital en soins aigus ordinaires dans des régions autres que la région de résidence ont été de 7,8 %, un chiffre supérieur à celui de 2020 (7,3 %), mais inférieur à la valeur prépandémique (en 2019, il était de 8,3 %).

Malgré ces variations, la géographie reste inchangée, reflétant les grandes inégalités dans l’offre de services de santé entre les différentes régions et, surtout, entre le nord et le sud du pays. les admissions hors région étant plus fréquentes dans le Sud. Entre 2020 et 2021, c’est en Calabre, Basilicate, Molise, Ligurie et Val d’Aoste que l’augmentation des migrations hospitalières est la plus forte, de l’ordre de 2 points de pourcentage. Parmi ces régions, dans les plus petites, le phénomène a toujours été intense, notamment en raison de la proximité d’établissements hospitaliers en dehors de la région : Molise 29,2 %, Basilicata 26,9 % et Valle d’Aosta 15,4 %. En Calabre, en revanche, le pourcentage est de 20,8 % en raison d’un manque d’infrastructures, car c’est la région qui compte le moins de lits : 2,15 pour 1 000 habitants, contre 2,55 pour la moyenne nationale en 2020.

Si l’on reprend les données de l’édition Ben-Vivere 2023, comme le souligne le professeur Becchetti, les la très forte inégalité de PIB entre les provinces ne se traduit pas par une inégalité proportionnelle dans les services de santé, ni en termes de performance, ni en termes de résultats. . Le système national de santé, avec toutes ses limites, garantit également aux provinces les moins riches des prestations plus que proportionnelles à leur capacité économique réelle. En présence d’un système national de santé qui garantit la durabilité des migrations sanitaires, et dans l’espoir que la qualité du Nord sera également accessible au Sud, un niveau proportionnel de PIB n’est pas nécessaire pour avoir plus d’années d’espérance de vie. De même, parce que la qualité de la santé dépend de divers facteurs, dont les niveaux de stress (bien-être psychologique) et de pollution, dont on sait qu’ils sont plus faibles dans le Sud. 

Une dernière considération doit être faite sur le processus d’autonomie différenciée, où « une accélération pourrait définitivement ébranler un système déjà fragile avec de fortes inégalités en termes d’accessibilité aux soins nécessaires, mettant à mal les principes constitutionnels de garantie des droits inviolables de l’homme et l’accomplissement des devoirs impératifs de solidarité politique, économique et sociale (article 2 de la Constitution), éd.) – comme l’a souligné l’économiste Becchetti -, ainsi que la mission de la République d' »éliminer les obstacles d’ordre économique et social qui, en limitant la liberté et l’égalité des citoyens, empêchent le plein épanouissement de la personne humaine » (article 3, éd.) ».

En d’autres termes, la qualité du Service National de Santé qui dépend des ressources économiques créées plutôt au Nord garantit aussi le droit de soigner le Sud : non par altruisme, mais par esprit constitutionnel, fondement de notre vie civilisée .

By Nermond

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *