sam. Juil 20th, 2024

La dette est une institution du présent qui contraint l’avenir ». Cette définition explique immédiatement les raisons du thème choisi pour l’InsolvenzFest de cette année, qui en est à sa douzième édition, la huitième à Bologne, et qui est précisément celui du rapport entre la dette et l’avenir, en analysant ses aspects sociaux, économiques et juridiques. L’expression est de Massimo Ferro, président de section de la Cour de cassation et directeur scientifique du festival, qui aborde le thème de la crise, de la dette et des droits avec originalité et profondeur. « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien et pardonne-nous nos offenses » a sa propre séquentialité, qui n’envisage pas une remise immédiate de la dette. Pour que cela se produise, certaines conditions doivent changer chez le débiteur », explique M. Ferro, qui aborde ainsi le cœur du thème de cette année. Mais si, dans le christianisme, le changement est le repentir, en géopolitique, il s’agit de la transition des États vers un ordre démocratique. La dette de guerre de l’Allemagne n’a pas été entièrement effacée », rappelle Ferro, « la Grèce a bénéficié de moins d’indulgence, mais demain, la Russie pourrait elle aussi voir ses dettes effacées en raison de l’évolution des conditions politiques ». Mais si le mot évangélique de « remise » évoque un acte de pardon généreux, celui de « pardon », au contraire, alarme immédiatement : la dette est aussi une violation du pacte communautaire, qui fait donc l’objet d’un stigmate social important.

Mais la dette n’est pas seulement économique : comme le Festival le souligne bien, grâce aux interventions des quatre jours à Bologne, de jeudi à demain, la « dette de l’avenir » que nous avons contractée avec les nouvelles générations concerne divers domaines de la vie, en premier lieu le travail. Un « travail pauvre », qui a mortifié les rêves de normalité de toute une génération, qui va à l’encontre même de la Constitution, qui reconnaît le travail comme un instrument de liberté et de dignité de la personne. On entend souvent dire que la dérogation aux protections augmente l’emploi, mais il n’y a aucune preuve de cela », observe le directeur. Et la dérogation est parfois même celle de l’État au crime organisé.

« A l’InsolvenzFest, nous parlons aussi de la mafia, avec Maurizio de Lucia, procureur de Palerme, car là où l’Etat se retire, les mafias deviennent des agences d’aide sociale, fournissant des services, des infrastructures et des niveaux d’assistance ». Enfin, il y a une grande dette que nous laissons pour l’avenir, c’est l’énergie. Ce n’est qu’en appliquant une bonne économie circulaire que nous pourrons endiguer les dommages causés à l’environnement dans lequel vivront nos descendants. D’autre part, l’homme tente par nature de contrôler l’avenir, même après sa mort : « Pensez à l’institution du legs testamentaire, qui lie les bénéficiaires à certaines actions. Il s’agit parfois de réalités non lucratives, et l’altruisme entre alors en jeu. Mais le plus souvent, il s’agit d’une clause qui conditionne la réception de la somme », explique M. Ferro. C’est pourquoi notre désir très humain d’immortalité ne doit pas imposer une dette aux jeunes, trahissant le pacte intergénérationnel, mais doit pouvoir leur laisser un monde meilleur que celui que nous avons reçu.

By Nermond

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