mar. Avr 16th, 2024

Les géants de la Big Tech n’apprécient pas du tout. Et c’est peut-être justement pour cette raison que « certains » intérêts de cette « loi sur les données » vont vraiment les toucher. Nous parlons ici du paquet de règles sur le partage et l’accès aux données sur lequel l’accord entre le Parlement et le Conseil de l’UE a été conclu hier soir. Très brièvement : les institutions européennes souhaitent que les utilisateurs aient davantage de contrôle sur leurs données. Qu’ils puissent, s’ils le souhaitent, les transférer d’un opérateur à l’autre ou d’un service à l’autre facilement et sans beaucoup de restrictions de la part des opérateurs. Pensons aux différents services en nuage ou aux données générées par les objets, les machines et les appareils intelligents, par cet Internet des objets qui promet d’être la véritable révolution de ces années. De plus, alors que les règles garantissent la protection des secrets commerciaux, les gouvernements ont la possibilité de demander des données d’entreprise en cas d’urgence. Plus de contrôle sur les données des utilisateurs et plus d’obligations, à l’inverse, pour les fabricants d’évoluer vers un marché européen des données plus compétitif et plus fiable : il n’est pas surprenant que la Big Tech pousse dans une direction différente. Digitaleurope, un réseau formé par des géants tels qu’Amazon, Google, Nokia, Qualcomm, Philips et Sony, ne s’en cache pas.

« La loi sur les données désavantagera l’industrie européenne en la forçant à renoncer à des données durement gagnées et en limitant la liberté contractuelle, ce qui pourrait conduire à une nouvelle vague de désindustrialisation et poser des risques pour notre cybersécurité », telle est la position claire de sa directrice générale, Cecilia Bonefeld-Dahl. Les représentants des institutions européennes sont évidemment d’un tout autre avis. La loi sur les données est « une étape importante dans notre voyage vers un marché unique des données, elle rendra les flux de données plus importants, plus faciles et plus sûrs pour les personnes et les entreprises. Elle rendra les flux de données plus importants, plus faciles et plus sûrs pour les personnes et les entreprises, ce qui est nécessaire à notre transformation numérique », a souligné Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée du numérique. « L’accord sur la loi sur les données est une étape importante dans la réorganisation de l’espace numérique », a déclaré le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, selon lequel « nous sommes sur la voie d’une économie européenne des données prospère, innovante et ouverte, selon nos propres termes ». Selon les experts, la loi sur les données se concentrera principalement sur le potentiel inexploité de l’économie des données. On estime qu’environ 80 % des 33 zettaoctets générés en 2018 (ou 33 billions de gigaoctets), qui passeront à 175 en 2025, ont été perdus. L’ensemble des services et produits connectés (l’internet des objets) connaîtra une croissance estimée entre 5 et 11 billions d’ici la fin de la décennie.

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« Aujourd’hui, la révolution de l’internet des objets alimente une croissance exponentielle, avec des volumes de données qui devraient monter en flèche dans les années à venir. Une quantité importante de données industrielles reste inexploitée et pleine de possibilités non réalisées », explique la Commission européenne. L’accord sur la loi sur les données, sur lequel on travaille depuis un certain temps, doit maintenant être approuvé par le Conseil et le Parlement de l’UE individuellement. La future présidence tournante espagnole du Conseil de l’Union européenne a l’intention de soumettre le texte à l’approbation du Comité des représentants permanents des États membres (Coreper) « dès que possible ». En bref, les jeux semblent faits.

By Nermond

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