mar. Avr 23rd, 2024

Vous ne lirez pas dans ces lignes le récurrent et impraticable « Séville découvre… ». Car il n’y a rien à découvrir. Notre ville est sujette, pour différents facteurs et raisons, à une série de plaidoyers qu’elle ressent comme siens, comme siens, intégrés dans une imagerie dévotionnelle aux piliers inébranlables. Bien que le « genre » pénitentiel occupe la plus grande demande spirituelle, nous osons affirmer qu’il existe une série d’images glorieuses qui émeuvent particulièrement la foi des Sévillans.

L’une de ces images est celle de la Sacré-Cœur. Il suffit de passer une journée à la messe à Nervión. Depuis qu’elle est arrivée dans le quartier -avec une stature aussi superbe, il faut le dire-, elle a eu ses faveurs, le vendredi après le Corpus Christi a toujours été un jour spécial dans cette région, bien que sa dévotion s’étende aux limites de la ville. À tel point que l’archidiocèse a consacré cette journée, il y a 125 ans, comme un symbole d’admiration pour l’amour inconditionnel que Jésus a manifesté pour l’humanité.



À huit heures du soir, sous un soleil implacable, le cortège s’est mis en route, qui, à cette occasion, de manière extraordinaire, allait dire au revoir à son quartier pour quelques jours et se diriger vers la cathédrale. Le coucher de soleil, un orange chaud et tristefondait ses bronzes méditerranéens dans le feu amical d’un cœur qui semblait battre dans les temples et dans les esprits. Ce sont des empreintes qui se gravent et restent indélébiles dans les rétines et les espaces. Comme le pont des pompiers s’est élevé ! Quelle saveur fraternelle dans le faubourg de la Luzerne, San José, Santa María la Blanca !

La nuit est tombée sur le passage de la Candelaria et le centre de la ville s’est rassemblé pour accompagner le Sacré-Cœur, qui est passé par la place de San Francisco comme il y a 25 ans. Il a croisé une autre dévotion d’origine sévillane incontestable : la Pastora. Sur le coup de minuitl’anfractuosité de la pierre de San Miguel était illuminée par la seule présence de l’image, qui laissait planer dans l’air une atmosphère de paix aussi humaine que divine.

Ce soir, à neuf heures, le vœu de l’archidiocèse au Sacré-Cœur sera renouvelé : celui des almanachs, celui des cartes saintes dans les portefeuilles, celui des premiers soirs d’un été qui s’annonce. Séville n’a pas découvert le Sacré-Cœur. Elle s’y est complètement abandonnée.

By Nermond

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