mer. Avr 24th, 2024

Une mobilisation d’en bas pour Produire de l’énergie zéro kilomètre : les diocèses et les paroisses sont prêts à prendre le terrain pour établir des communautés d’énergie renouvelable et mener la transition verte . Les CER sont un outil « ancien » et innovant à la fois : ils prévoient la production et la consommation « sur place » d’énergie propre, principalement d’origine photovoltaïque. Un exemple concret de l’écologie intégrale théorisée par le pape François dans son encyclique Laudato si’.

Les CER sont une opportunité pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, lutter contre la pauvreté énergétique, qui touche 8% de la population, et favoriser la cohésion sociale. Mis en place de manière expérimentale en 2019 et plus structurelle en novembre 2021, ils sont restés « otages » d’un processus législatif qui devait être achevé en quelques mois mais qui s’est avéré plus long que prévu. Le ministre de l’Environnement Gilberto Pichetto Fratin a assuré que les décrets d’application sont sur le point de franchir la ligne d’arrivée . La Commission européenne, qui les examine, a déjà demandé des ajustements en cours de route – des rumeurs officieuses font état d’une réduction du poids des incitations jugées excessives après le dangereux précédent de la prime à la construction – et le verdict devrait tomber à la mi-juin. L’attention du monde catholique est grande. En octobre dernier, la Conférence épiscopale italienne a mis en place une table technique  – formée par l’Office pour les problèmes sociaux et le travail, l’Office pour les problèmes juridiques, l’économat et l’administration, Caritas et le Comité scientifique et d’organisation des Semaines sociales – qui a également pour tâche de dialoguer avec les institutions. En décembre, une lettre d’intention a été envoyée aux paroisses, les appelant à la prudence pour ne pas commettre d’erreurs. L’accent est mis sur les facilités accordées aux Cers, aux communautés énergétiques solidaires ou opérant dans des zones particulièrement défavorisées, pour lesquelles des primes supplémentaires sont demandées.

C’est l’archevêque de Tarente, Filippo Santoro, qui a lancé l’appel à la mobilisation dans chacune des plus de 25 000 paroisses du pays, en octobre 2021, à l’occasion de la 49e Semaine sociale des catholiques italiens.  invitant le monde catholique à être, également sur le thème de l’énergie, « le changement que nous voulons voir dans le monde ». Deux ans et demi plus tard, la situation est différente avec une vingtaine de projets en cours et plusieurs en phase d’étude.  Certains diocèses ont déjà reçu des financements. A Crémone, grâce à l’intervention de la Fondazione Cariplo, quatre communautés énergétiques sont en cours de planification dans autant de paroisses, à Lucques l’expérimentation a commencé dans quatre paroisses. À Vérone, l’Associazione diocesana opere assistenziali (Adoa) a mis en réseau toutes les structures d’assistance, à Foligno un projet est mis en œuvre par l’Istituto Sostentamento del Clero avec 80 entreprises. Parmi les projets les plus importants, le projet Geco à Bologne, dans la zone de Pilastro-Rovere, qui vise à impliquer 5 000 résidents et à installer 120 000 mètres carrés de panneaux solaires : outre le diocèse, des centres commerciaux et divers bâtiments sont impliqués dans l’initiative. À Milan, le diocèse est intervenu par l’intermédiaire du Gad (Groupement d’achat), qui a entamé une cartographie de 1100 paroisses dans le but de mettre en place des installations témoins.

Les deux derniers projets lancés sont ceux d’Alba et de Mestre.  A Rodello, près d’Alba, une communauté énergique a été créée fin mars avec 28 partenaires dont le diocèse, quelques paroisses, la fondation Santi Lorenzo et Teobaldo, qui gère quelques structures sanitaires, et la municipalité. Le curé de la paroisse, le père Valerio Pennaso, a été choisi comme président. Nous sommes une Cers, une communauté d’énergie renouvelable et solidaire. Par rapport à d’autres réalités plus entrepreneuriales, nous nous concentrerons davantage sur les questions sociales », explique le père Pennaso. C’est l’assemblée des membres qui décidera des moyens à mettre en œuvre. Les propositions comprennent l’aide au paiement des factures, l’assistance aux personnes âgées et le remboursement des activités de bénévolat. Le lancement de la communauté énergétique a été rendu possible grâce à une contribution de la fondation Crc. À Mestre, un projet a été présenté à la mi-mai pour un Cer construit par la paroisse San Giuseppe, le centre Don Milani et les immeubles voisins. Il existe déjà deux centrales photovoltaïques dans la région, qui serviront de point de départ. Nous voulons aider les familles à autoproduire de l’électricité pour réduire les coûts de leurs factures », souligne Don Natalino Bonazza, « tout en aidant la communauté à grandir et à partager des objectifs concrets grâce au partage et au respect mutuel ».

L’accompagnement des paroisses et des réalités du troisième secteur est assuré par Fratello Sole, une entreprise sociale qui s’occupe de l’efficacité énergétique et précisément de l’avenir Cer . Ces derniers mois, les demandes d’études de faisabilité sur les configurations et les cabines primaires ont augmenté. « En général, nous essayons d’impliquer les évêques afin de faire parler un système. En plus des projets existants, au nombre d’une cinquantaine, nous avons signé un partenariat avec Terzius et la Fondazione Cariplo et nous participons à un projet de recherche de l’Università Cattolica », souligne-t-il. président Fabio Gerosa.  « Le problème est de comprendre l’impact des incitations sur les coûts. « Les paroisses ou Caritas ne disposeront pas à elles seules des fonds nécessaires, il faut donc concevoir un modèle de financement qui pourra ensuite être remboursé par la production d’énergie injectée dans le réseau », explique M. Gerosa. Avant de procéder, il est nécessaire de faire une lecture des besoins de la région et de recueillir les adhésions, d’estimer la taille de la communauté énergétique, l’espace pour les installations, le type d’investissement nécessaire et les rendements à attendre. Actuellement, les incitations de Gse ont une durée de 20 ans : grâce aux économies réalisées sur l’achat d’électricité et aux revenus de la vente de l’énergie excédentaire produite, les investissements réalisés peuvent être récupérés en cinq à six ans environ. © reproduction réservée

By Nermond

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *