mar. Avr 23rd, 2024

La difficulté à trouver de la main-d’œuvre n’est pas due à un manque de compétences mais à des salaires trop bas. Mettre noir sur blanc une étude de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui sera présentée aujourd’hui à Berlin lors de la première journée du congrès.  qui se tient tous les quatre ans.

La Confédération appellera les gouvernements nationaux à soutenir une augmentation des salaires et à accroître le pourcentage de travailleurs couverts par les négociations collectives. Les conventions collectives sont l’outil indispensable, soulignent les syndicats européens, pour mettre fin aux salaires de misère. Parmi les demandes adressées à la Commission européenne figure un changement des règles contractuelles afin que seules les entreprises qui respectent la négociation collective puissent bénéficier des fonds publics européens ou accéder aux marchés publics nationaux ou régionaux.

L’analyse des taux d’emplois vacants et des salaires dans 22 pays de l’UE révèle que les secteurs où la pénurie de main-d’œuvre est la plus grave paient en moyenne 9 % de moins que les secteurs où le recrutement est le plus facile.  Le taux d’emplois vacants dans l’UE (un phénomène connu sous le nom de « taux de chômage ») est en augmentation. inadéquation) a atteint un niveau record en 2022, causant des problèmes de production à un quart des entreprises européennes. En Italie, cela se traduit par près de deux millions de recrutements en 2022 pour lesquels les entreprises ont eu du mal à trouver un candidat disponible.

La comparaison effectuée par l’Institut syndical européen (Etui), le centre de recherche de la CES, établit un lien clair entre les bas salaires et les taux élevés de postes vacants. Elle montre notamment que dans l’ensemble de l’Union européenne, les industries qui connaissent les plus grandes difficultés de recrutement paient en moyenne 9 % de moins que celles qui souffrent le moins de pénuries de main-d’œuvre. Dans 13 des 22 États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles, les secteurs où les pénuries de main-d’œuvre ont le plus augmenté entre 2019 et 2022 offrent également les salaires les plus bas. Les écarts salariaux les plus importants entre les secteurs où les augmentations de main-d’œuvre sont les plus fortes et les plus faibles ont été observés en Italie (4,17 euros par heure). au Luxembourg (4,16 euros), en Allemagne (3,26 euros), aux Pays-Bas (2,49 euros) et en Grèce (1,51 euros).

« Un salaire décent est bon pour les travailleurs, bon pour les employeurs et bon pour l’Europe », souligne Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, « Les bas salaires alimentent la crise du coût de la vie, tandis que les pénuries de main-d’œuvre nuisent aux performances économiques et aux services publics de l’Europe. L’Europe devrait être un endroit où il fait bon travailler. Dans les années 1980, Jacques Delors a promis aux travailleurs européens le droit à la formation tout au long de la vie. Le temps est venu d’honorer cette promesse ». Cela signifie qu’il faut investir dans des emplois de haute qualité, des temps de formation rémunérés pour les travailleurs, une transition équitable et une « conditionnalité sociale ».

Plus d’un millier de délégués et de participants représentant 45 millions de travailleurs de toute l’Europe prendront part au congrès. Le chancelier allemand Olaf Scholz y participera aujourd’hui, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen fera de même jeudi.

By Nermond

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *