mar. Fév 27th, 2024

Sauver Varèse de la pénalité de 16 points qu’elle a reçue pourrait-il devenir un boomerang contre la Fédération, au point de provoquer sa mise sous séquestre ? Dans la mer de bavardages, de mensonges, de demi-aveux qui sortent à chaque heure de la journée sur le sujet, il y a beaucoup de choses à clarifier même sans connaître les motivations de la sentence qui devrait arriver demain après-midi, bien qu’aujourd’hui la Gazzetta dello Sport écrive sur une possible avancée dans les prochaines heures. Nous attendons, sans inquiétude.

Depuis le début, nous avons un club qui est tombé du poirier au moment du communiqué de condamnation de la FIP. Comme s’ils ne savaient rien du procès, comme si, depuis le parquet fédéral, personne ne les avait prévenus de l’enquête, personne ne les avait écoutés, personne n’avait reçu les mémoires de la défense. Aujourd’hui, le Corriere della Sera parle d’une « carte secrète » qui pourrait sauver le club, et La Prealpina la dévoile en indiquant qu’une provision prudentielle de 70 000 euros a été incluse dans les écritures du bilan au cas où une sentence négative serait prononcée dans l’affaire Tepic.

Cela signifie qu’avant le 30 avril 2022 (date à retenir, car nous y reviendrons), le club savait qu’il avait une procédure en cours à Lausanne. Où la dette est devenue exécutoire le 25 octobre, et pour laquelle Varese a payé 95 000 euros en décembre, comme l’écrit QS. Le Corriere della Sera se demande s’il n’y a pas eu un informateur qui a vendu la mèche à la FIP qui, entre les deux dates de l’automne, a entamé la procédure auprès du Ministère public. On ne peut pas imaginer que la FIBA n’informe pas les Fédérations de ce qui arrive à leurs affiliés en BAT, mais l’ombre de la conspiration fait vendre plus d’exemplaires…

Retour au 30 avril 2022. A cette date, le Com.Tec. demande aux clubs de certifier qu’ils n’ont pas de suspensions avec leurs membres, car condition sine qua non de pouvoir s’inscrire au prochain championnat. A cette date Varese (qui sait qu’il n’a pas payé Tepic) et Eurobasket Roma (qui doit de l’argent à Damian Hollis) déclarent qu’ils n’ont pas ce genre de problème, qui en fait n’est pas certifié à la FIBA, avec un document qui pourrait être une auto-certification du club ou un formulaire de décharge signé par le joueur concerné (un autre détail qui doit être vérifié). En fait, chez Com.Tec. on ne soupçonne rien.

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Malheureusement pour le club d’Armando Buonamici, début juillet, la BAT de Hollis s’est rapidement révélée être un champignon malin. Et en l’espace de quelques semaines, le club de la capitale a été évincé de l’A2 et de tous les tournois de la FIP pour 2022-23, pour entamer une longue procédure judiciaire qui est allée jusqu’au TAR du Lazio et qui connaîtra son prochain développement au cours du mois de mai, date à laquelle la FIP a été obligée de livrer à Eurobasket un certain nombre de documents concernant quatre autres clubs de l’A2 (Ferrara… son retrait du championnat à la fin du mois de février commence à puer…).

Rien d’étonnant donc si, comme l’a déclaré l’avocat du club Florenzo Storelli à la Gazzetta, « le Parquet fédéral avait demandé la relégation directe du Pallacanestro Varese ». Trop bien, ajoutons-nous, étant donné le précédent !, et histoire de ne pas donner d’autres arguments de controverse à Buonamici qui exprime publiquement ses doutes à l’époque sur les règles « peu claires » de la FIP et sur leur application « peut-être encore moins claire ». Celle des fils et beaux-enfants est aussi un sujet de conspiration.

Dans tout cela, il y a une nouvelle source de controverse juridique dont nous en saurons plus mercredi 19 avril puisque le Collegio di garanzia dello sport aura à se prononcer sur l’affaire de la Juventus (elle-même pénalisée de 15 points). Cette affaire est d’ailleurs très similaire à celle de Varèse, puisqu’elle aurait été contestée à la fois pour « manque de loyauté » comme condition préalable à la pénalisation et/ou à l’exclusion du championnat au lieu de la « faute administrative » qui est sanctionnée par une amende, même substantielle. C’est ce qu’a écrit hier Fabio Riva dans Tuttosport et cela pourrait être le véritable atout dans la manche de la défense de Varese.

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Riva rappelle qu’une décision datant de 2016 (numéro 49, pour être précis) du Collegio di garanzia dello sport au CONI soutenait que « s’il existe une règle spécifique, l’interdiction générale de déloyauté sportive ne peut pas être appliquée, qui n’a qu’un caractère résiduel ». En termes simples, pour ceux qui ne connaissent pas l’art de la médecine légale, le fait de ne pas signaler un éventuel litige avec un joueur serait condamné par une sanction administrative et non par une pénalité de points (ou l’exclusion de l’inscription au championnat, bien sûr).

Ce jugement de 2016 épouse pleinement les arguments défensifs de la Juventus, qui sont tout à fait similaires à ceux que l’avocat Storelli a annoncé pour son client dans la presse. Dans la semaine à venir, le prononcé du Collège pourrait décider du procès devant la Cour d’appel fédérale de Varèse avant qu’il ne commence s’il confirme ce qui a été établi il y a sept ans. Luis Scola paierait l’amende pour négligence d’autrui prononcée il y a quatre ans et l’équipe retrouverait ses couleurs, son classement et ses ambitions.

Tout le monde est content ? Certainement pas pour Buonamici, qui va se retrouver cocu et cocu. Mais comme son affaire a atterri et pris racine au TAR (Tribunal administratif régional), avec un jugement favorable à Varèse, il aurait toutes les certitudes de ce monde à faire valoir en dehors du système sportif, qui devrait donc s’incliner devant la magistrature ordinaire. Une grosse difficulté pour la FIP qui ne peut déjà pas laisser le CONI indifférent. On serait surpris que l’affaire ne soit pas sous la loupe de Giovanni Malagò qui, sur la question de la gestion globale de la justice sportive, pourrait être amené à prendre des mesures de contrôle sur la FIP.

By Nermond

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