lun. Juil 22nd, 2024

« Pas de conditions pour conclure les négociations . Ainsi, il y a quelques jours, Eric Mamer, porte-parole de la Commission, a répondu à une question sur l’état d’avancement des négociations pour l’accord de Cotonou.accord entre l’Europe et les pays du Mercosur . Cette annonce a été saluée par les applaudissements des agriculteurs qui manifestaient à Bruxelles dans les mêmes heures pour dire non à la politique agricole commune. L’enjeu de la zone de libre-échange entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay n’est pas seulement le commerce de certaines denrées alimentaires importantes, mais bien plus encore . Tout est bloqué pour l’instant, même si le même porte-parole s’est empressé de préciser que la Commission européenne « reste ferme dans sa volonté de parvenir à un accord qui respecte les termes de l’UE en termes de durabilité, ainsi que la protection de l’agriculture nationale ».

L’accord est en effet déjà fixé dans ses grandes lignes à partir de 2019. Mais il n’a pas encore été signé.  L’essentiel de l’accord repose sur trois points : la suppression réciproque de presque tous les droits de douane, la possibilité pour l’Europe d’exporter des voitures, des machines et des produits chimiques vers l’Amérique du Sud à des conditions plus favorables (au mépris de la Chine), la possibilité pour les pays du Mercosur d’exporter davantage de produits agricoles vers l’Europe.  Une perspective que les agriculteurs européens n’ont jamais appréciée pour des questions de marché, mais aussi de techniques de production. Les subventions accordées à des produits tels que le bœuf et le poulet en provenance du Brésil, puis le riz, le miel, le fromage, le sucre, le porc et le lait en poudre sont préoccupantes.  Le texte de 2019 fait état de près de 100 000 tonnes de bœuf par an et de 190 000 tonnes de sucre.

Vient ensuite la question des imitations. Selon la Coldiretti, le Mercosur « légitime les imitations de plus de 93% des produits agroalimentaires italiens ».  Sans parler des questions environnementales. Il y aurait la possibilité, même selon les associations de défense de l’environnement, de voir arriver en Europe des aliments produits avec des pesticides et des techniques interdits en Europe. . En contrepartie, l’accord prévoit des fonds européens pour aider les agriculteurs sud-américains à se convertir au vert et à stopper la déforestation (d’ici fin 2023, la demande de la zone Mercosur s’élève à plus de 12 milliards d’euros). Les agriculteurs parlent d’importations déloyales et plus généralement, comme les agriculteurs directs, d’un « accord impie ». C’est le principe de réciprocité qui est invoqué. Une position qui crée en fait un contraste entre deux façons de comprendre l’agriculture . Cependant, d’autres secteurs économiques sont également à l’origine de l’accord. Il y a quelques jours, 23 associations industrielles représentant « un large éventail d’industries européennes et d’autres industries basées dans l’UE » ont écrit aux dirigeants de l’UE pour demander une conclusion rapide des négociations. Il y a un risque de crise sur le front des matières premières, mais aussi sur les marchés d’exportation. L’accord, écrivent les industriels, est donc un impératif économique, social et géopolitique.

D’autre part Le Mercosur, c’est 260 millions de consommateurs, une production annuelle de 2,2 trillions d’euros ; l’Europe y exporte quelque 68 milliards de biens et services ; plus de 60 000 entreprises européennes y sont impliquées.   Les chancelleries des pays forts de l’UE discutent également de l’accord. Le président français, Emmanuel Macron, avait déjà rejeté l’accord à Dubaï, le jugeant « ancien » et négocié à une époque où le monde était différent. Ce n’est pas un secret, d’autre part, que Macron a affaire aux agriculteurs français qui, de notoriété publique, ne tardent pas à marcher unis sur Paris. À l’opposé, il y a l’Allemagne. Le chancelier allemand Olaf Scholz, en accord avec le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, aurait souhaité signer l’accord avant la fin de l’année 2023. Les entreprises germano-brésiliennes seraient au nombre de 1 000. Un bras de fer, donc, entre deux géants. Avec le président de la Commission européenne L’Allemande Ursula von der Leyen, qui doit trouver un moyen de concilier le libre-échange, la protection de l’environnement et la protection des différentes industries européennes ainsi que des consommateurs.  Sans oublier que la France est déterminante pour sa reconduction.

By Nermond

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