sam. Fév 24th, 2024

Vélos, motos, scooters : tous partagés et strictement « verts ». C’est ce qu’on appelle la « mobilité partagée », née il y a quelques années et qui a vu un boom des utilisateurs partout, surtout des jeunes mais pas seulement, pour se déplacer dans les petites et grandes villes à un coût très bas et sans utiliser leur propre voiture ou les transports publics. Un boom qui a été accentué par l’éloignement dû à la pandémie et qui montre aujourd’hui des signes perceptibles de ralentissement. Au cours du premier semestre 2023, en effet, plusieurs services importants ont fermé en Italie, comme le néerlandais Go Sharing (qui avait racheté l’italien Zig-zag) et l’espagnol Acciona, présent à Rome et à Milan, suivis par la sortie de l’opérateur de scooters Reby, présent dans six villes, dont Bergame et Naples. Puis, il y a quelques jours, on a appris que Micromobility.com, une société de partage de scooters sous la marque Helbiz fondée par Salvatore Palella et déjà cotée au Nasdaq, s’est vu retirer sa cotation de la liste technologique américaine parce que son action s’est négociée en dessous du prix minimum d’un dollar pendant 30 jours consécutifs et n’a pas satisfait à l’exigence de base en matière de fonds propres.

Et avant Helbiz dans notre pays, il y a eu la crise de Cityscoot, contrôlée par le groupe français du même nom, qui a suspendu son service de partage de motos à la fin du mois de novembre dernier. Les chiffres de la société de Palella en Italie ne sont pas encourageants. Helbiz Italia srl a été créée en 2018 et a depuis accumulé des pertes de plus de 20 millions d’euros. Il y a quelques semaines, en effet, une assemblée des actionnaires s’est tenue à Milan, à laquelle Palella lui-même était présent en tant que représentant légal de la société mère Helbiz Europe Ltd, basée en Irlande, pour approuver les états financiers de 2022, qui ont clôturé avec une perte de plus de 5,8 millions d’euros, contre une perte de 9,8 millions d’euros l’année précédente, et après des pertes de 3,5 millions d’euros en 2019-202e. Helbiz Italia dispose toutefois de cinq ans pour résorber les pertes grâce à des bénéfices futurs ou à des augmentations de capital, et le rapport de gestion souligne que les revenus de 2022 étaient de 5,7 millions et que l’entreprise « a entamé un important plan de restructuration avec l’intention de réduire considérablement les coûts de production », de sorte que « tous les projets non liés à l’activité principale ont été arrêtés ». La crise la plus grave de Cityscoot a laissé 40 employés sans emploi en Italie et 750 scooters électriques abandonnés dans les rues.

Lire aussi:  Développement durable. Le Vatican encourage les voitures électriques : impact nul d'ici 2030

Le 8 novembre dernier, en effet, Cityscoot Italia srl, la société qui gérait le service, a été mise en liquidation après que son bilan 2022 ait fait apparaître une perte de 4,9 millions d’euros, légèrement inférieure aux 6,1 millions d’euros de l’année précédente et qui, malgré des recettes en hausse d’une année sur l’autre de 1,3 million d’euros à 2,6 millions d’euros, a porté la situation nette à un niveau négatif de 2,7 millions d’euros, sans compter qu’au 30 septembre dernier, de nouvelles pertes de 2 millions d’euros ont été enregistrées. L’annexe aux comptes révèle que Cityscoot a été un véritable gouffre, car elle a accumulé au fil des ans un solde négatif de pas moins de 24,7 millions d’euros, que l’actionnaire a amorti à hauteur de 19,8 millions d’euros, avant de décider, il y a quelques jours, de mettre un terme à ses activités. « Malgré nos nombreux efforts pour rester ouverts, notre énergie n’a pas suffi. Nous n’avons qu’un seul objectif : revenir », a fait savoir l’entreprise à ses employés. On ne sait pas vraiment comment, au vu des chiffres de la catastrophe et de la liquidation.

Les cas mentionnés sont-ils l’antichambre de la fin du partage de la mobilité et signifient-ils que les citoyens se désintéressent des formes de mobilité partagées et « vertes » ? Certes, la réglementation accrue de ce secteur, voulue par les administrations municipales, qui a conduit à une réduction du nombre d’opérateurs, a pesé lourd : il suffit de penser qu’à Paris, les trottinettes sont interdites depuis septembre dernier à la suite d’un référendum populaire. Et pourtant, selon une récente étude de Bearing Point intitulée « Destination 2030 », les déplacements mondiaux en véhicules partagés passeront de 8 à 23% dans les six prochaines années. En résumé : la mobilité partagée est une crise, mais une crise de croissance.

Lire aussi:  Manifestation. Accident en Calabre, grève de huit heures des cheminots

By Nermond

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *