ven. Juin 14th, 2024

Après l’enthousiasme initial, les premiers doutes sur l’efficacité des voitures électriques sont apparus.voiture à moteur électrique  utilisant comme source d’énergie l’énergie stockée dans une ou plusieurs batteries rechargeables, qui devrait être, à partir de 2035, le seul mode de motorisation autorisé sur les voitures nouvellement immatriculées en Europe, afin de lutter contre le changement climatique. Mais cet objectif est-il vraiment réalisable ? Et surtout : marché automobile mis à part, le développement du réseau électrique européen est-il conforme aux objectifs fixés ?  Nous avons demandé Gabriele Massarutto président de la société hydroélectrique Valcanale et président de l’Aper (Association nationale des producteurs d’énergie renouvelable).

Dr. Massarutto, la transition énergétique décidée par l’Union européenne dans ce domaine est-elle réalisable dans les délais impartis ? 
Si l’on considère et raisonne sur les chiffres, il n’est pas difficile de se rendre compte que nous sommes face à une mission impossible. Non pas tant à cause de la difficulté de vendre des millions de nouvelles voitures électriques, mais surtout à cause de l’impossibilité de fournir un nombre stratosphérique de colonnes à travers les réseaux de distribution existants. Il est surprenant que personne ne se rende compte que, sans une restructuration radicale des réseaux de transmission et de distribution, la transition énergétique tant espérée devra inévitablement s’arrêter alors qu’elle n’a fait que franchir les premières étapes.

Quels sont les principaux obstacles ? 
Je vous répondrai avec les mots de l’AIE, l’Agence internationale de l’énergie, qui écrit dans son rapport présenté le 18 octobre : « Pour atteindre les objectifs climatiques et assurer la sécurité énergétique, 80 millions de km de nouveaux réseaux électriques sont nécessaires d’ici 2040, y compris les nouvelles connexions et le remplacement des infrastructures existantes, ce qui équivaut à l’extension de tous les réseaux actuellement en service dans le monde et à environ la moitié de la distance entre la terre et le soleil ou à 2 000 fois la circonférence de notre planète. Un objectif qui nécessite un doublement des investissements pour atteindre 600 milliards d’USD par an d’ici à 2030, après une décennie de stagnation mondiale. Un obstacle insurmontable, du moins dans les délais souhaités par l’Europe. Notamment parce qu’il n’est pas possible d’interrompre la continuité de l’approvisionnement en électricité et qu’il faudra donc construire de nouvelles lignes électriques qui devront traverser des dizaines de millions de propriétés après avoir surmonté d’interminables procédures d’imposition de servitudes coercitives.

C’est donc expérimental jusqu’à présent ? 
Tout à fait. Jusqu’à présent, la transition énergétique a fait ses premiers pas en utilisant les réseaux existants comme une boîte de compensation qui a pu, difficilement, résister aux inversions de flux dues à l’apport de la nouvelle production des sources renouvelables et aussi à l’absorption anormale d’énergie des premières bornes de recharge. Mais aujourd’hui, la promenade de santé touche à sa fin et de nouvelles lignes électriques et sous-stations primaires et secondaires doivent être construites. Sans compter que les voitures électriques nécessitent un raccourcissement des temps de charge, qui ne peut être réduit que par une augmentation significative de la puissance d’alimentation. On ne peut plus ignorer le rôle décisif des réseaux, en insistant sur des objectifs qui me paraissent tout à fait inatteignables ; à moins que l’on ne pense à fournir de l’électricité à distance, sans lignes électriques, comme ce fut le cas pour le signal téléphonique. Mais là, nous entrons dans une science-fiction pour l’instant irréalisable.

By Nermond

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