mer. Avr 17th, 2024

C’est reparti. Un dernier appel pour sauver l’ancienne Ilva. En ces années agitées, les dernières plages pour éviter que la plus grande aciérie d’Europe ne tombe dans l’abîme ne se comptent plus. Mais cette fois-ci, on a l’impression qu’il y a vraiment un ultimatum. À l’approche de 2023, alors que l’aciérie est plus éteinte qu’allumée (littéralement au bout du tuyau de gaz), il semble qu’il n’y ait plus de place pour de nouveaux reports. Une solution, au moins temporaire, doit être trouvée dans les heures qui viennent.

Après la nullité de l’assemblée avant Noël, une nouvelle réunion du conseil d’administration d’Acciaierie per l’Italia, la société qui gère l’usine de Tarente, est prévue aujourd’hui. Le conseil d’administration tentera de trouver un accord entre les deux actionnaires (AcerlorMittal, qui détient 62% des actions, et Invitalia, un actionnaire public minoritaire avec 38%) pour approuver une résolution à soumettre à la prochaine assemblée des actionnaires. En pratique, il s’agit de déterminer qui (et combien) doit mettre la main au portefeuille.

La résolution proposée, qui n’a pas été discutée lors de l’assemblée précédente, envisageait une augmentation de capital de 320 millions d’euros pour répondre aux besoins de l’avenir immédiat, à laquelle les actionnaires devraient participer proportionnellement à leurs quotas tels que prévus à l’article 6.1 des statuts, avant le 31 janvier 2024, « à un prix de souscription de 1 euro nominal par action, étant précisé que chaque action aura un droit de vote conformément aux dispositions de l’article des statuts ». Le droit d’option expirerait le 31 janvier « avec un droit de préemption pour chaque actionnaire sur les actions non choisies par l’autre actionnaire, à exercer dans les 10 jours suivants ».

La recapitalisation d’urgence par l’assemblée des actionnaires est nécessaire pour éviter le blocage de l’approvisionnement en gaz. L’alternative est le recours à l’administration extraordinaire. Mais à ce moment-là, la réduction des effectifs de l’aciérie serait définitive. Avec des conséquences négatives pour les fournisseurs et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. En fait, l’entreprise se dirigerait vers une fermeture lente et inexorable.

Malgré les contacts intenses entre les parties au cours des dernières heures, il n’y aurait toujours pas d’accord sur le refinancement. Notamment parce que la proposition d’ArcelorMittal pour le conseil d’administration et l’assemblée des actionnaires serait substantiellement similaire à celle précédemment rejetée par l’actionnaire public, qui n’est pas prêt à accepter des conditions qui n’incluent pas d’engagements économiques de la part de la multinationale.

Selon des sources proches du dossier, l’exigence exposée et demandée par le conseil d’administration de l’entreprise ne serait en fait pas égale à 320 millions mais à plus d’un milliard d’euros. Les syndicats continuent à réclamer l’augmentation temporaire de la majorité de l’Etat, à travers Invitalia, en vue de la recherche de nouveaux actionnaires disposés à entrer dans le capital de l’aciérie dans les prochains mois. C’est également pour cette raison que l’hypothèse d’un crédit-relais a fait son chemin ces dernières heures. Il s’agirait d’une sorte de nationalisation limitée dans le temps, qui permettrait de surmonter l’urgence et ne mettrait pas fin aux perspectives de revitalisation de l’entreprise. Après le conseil d’administration de l’Acciaierie d’Italia d’aujourd’hui, le dossier Ilva reviendra en fin d’après-midi sur la table du gouvernement lors du dernier conseil des ministres de l’année. Les syndicats ont été convoqués à une nouvelle réunion demain à 16 heures au Palazzo Chigi. Ils attendent une avancée.

Lors du sommet avec les partenaires sociaux à la veille de Noël, le gouvernement s’est contenté de soutenir la « ligne Fitto » : pas de statut d’État, Ilva devant rester aux mains du secteur privé.

En l’espace d’une semaine, les choses auraient pu changer. De toutes parts, à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement, on tente de convaincre le ministre des Affaires européennes (à qui Giorgia Meloni a confié une grande partie du dossier Ilva) que la poursuite du projet avec ArcelorMittal n’est pas une voie viable. Et ce n’est pas tout : Fitto s’est entendu dire que la fermeture de l’aciérie serait plus coûteuse en termes industriels et d’emploi qu’un sauvetage. Avec des caisses vides et une production au plus bas, l’avenir d’Ilva ne tient plus qu’à un fil. L’heure des décisions a sonné.

By Nermond

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