mer. Juil 24th, 2024

A l’heure de la « polycrise » et de l’urgence imposée par le nœud du changement climatique, la « marchandise » énergie reste la plus convoitée, capable de changer le cours des relations entre pays et de dicter sa loi dans tous les domaines. Les experts parlent aujourd’hui de « trilemme énergétique », alors que les crises successives de ces trois dernières années ont réaffirmé au monde que la sécurité énergétique et l’accès aux sources à des prix « humains » sont aussi nécessaires que la durabilité, pour rester sur la trajectoire de la transition écologique. A l’approche de l’hiver, les vents de la guerre au Moyen-Orient sont aussi une source d’inquiétude pour les conséquences sur le marché des carburants, du gaz naturel au pétrole, alors que les énergies renouvelables ne représentent encore qu’une part résiduelle : dans l’UE, elles ne couvrent qu’environ 22% de la consommation finale brute d’énergie.

Deux éléments permettent d’atténuer la nervosité. Premièrement, selon les données publiées par la plateforme Agsi du Gie, l’Association européenne des gestionnaires de réseaux gaziers, au 8 octobre, 1 103,19 TWh de gaz étaient déjà stockés dans l’UE, soit 97,01 % de la capacité totale (en Italie, nous en sommes à 97,22 %). Deuxièmement, les modèles climatiques prévoient que les conditions El Niño persisteront tout au long de l’hiver, ce qui se traduira par un hiver plus doux et des besoins en gaz moindres. Vendredi, les contrats à terme sur les livraisons de novembre ont clôturé à 50,4 euros par mégawattheure au Ttf d’Amsterdam : en un mois, la hausse a été de plus de 40 % et beaucoup dépendra, pour les semaines à venir, d’une éventuelle aggravation du conflit entre Israël et le Hamas. La pression s’exerce également sur les prix du pétrole, qui dépassent déjà les 90 dollars le baril.

En Italie, le décret sur l’énergie arrive lundi à l’attention du pré-conseil des ministres. Parmi les « dispositions urgentes pour la sécurité énergétique du pays », outre la promotion des sources renouvelables et le soutien aux entreprises à forte intensité énergétique, on trouve également des dispositions sur l’extension probable du marché protégé pour contenir les augmentations des factures d’électricité et de gaz, sur les regazéifieurs et sur la recherche de gaz sur le territoire national. Déjà en septembre, la facture de gaz sur le marché protégé, qui concerne un tiers des utilisateurs italiens, soit environ dix millions, a connu une augmentation de 4,8 % par rapport au mois d’août, et une nouvelle augmentation est plus que probable pour le mois d’octobre. En revanche, la mise à zéro des frais de système et la TVA à 5 % sont confirmées jusqu’à la fin de l’année. Pour le marché protégé de l’électricité, Arera avait déjà fixé le 28 septembre une augmentation de 18,6 % pour le quatrième trimestre de l’année par rapport au trimestre précédent.

« Les prix du gaz naturel restent au-dessus des niveaux pré-Covid et pré-Crise énergétique au second semestre 2023, mais se sont refroidis par rapport aux pics records de 2022″, a noté ces derniers jours Stefano Venier, directeur général de Snam, lors de son intervention à l’Energy Intelligence Forum de Londres, au cours de laquelle a été présenté le Global Gas Report 2023. La contraction de la demande, la croissance marginale de l’offre et l’élimination des obstacles infrastructurels ont contribué à créer un équilibre fragile sur le marché du gaz ».

Selon le rapport, la demande mondiale de gaz a diminué de 1,5 % en 2022 par rapport à 2021, les baisses les plus importantes étant enregistrées en Europe (-12 %) et en Asie, partiellement compensées par une forte croissance en Amérique du Nord. L’augmentation des prix internationaux du GNL a provoqué des pénuries de gaz et des coupures d’électricité dans des pays comme le Pakistan et le Bangladesh. Dans le cadre d’un marché mondial de plus en plus interconnecté », a souligné M. Venier, « le système gazier européen a été en mesure de surmonter les énormes difficultés rencontrées en 2022, en partie grâce à la flexibilité offerte par le GNL et à la diversification accrue des approvisionnements en gaz, qui a permis aux installations de stockage d’atteindre presque leur pleine capacité avant le début de la saison hivernale ». « Il est important de continuer à investir dans les infrastructures gazières, a ajouté le PDG de la Snam, afin de garantir un approvisionnement fiable et accessible en gaz naturel et d’accélérer le développement du gaz vert à faible teneur en carbone et du CSC (captage du dioxyde de carbone, ndlr), compte tenu du rôle clé que les molécules joueront dans la composition de l’énergie dans un avenir proche et lointain.

By Nermond

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