dim. Avr 14th, 2024

Le premier malentendu réside dans le nom : entreprise sociale. « Il s’agit en fait d’un oxymore », déclare le président de l’Union européenne. Giancarlo Carena président de la coopérative agricole Monte San Pantaleone. C’est pourquoi, lorsque nous nous sommes réunis à Trieste en octobre de l’année dernière, nous avons placé une barre entre « entreprise » et « social ». L’engagement de sa coopérative et de ce qu’il appelle le « groupe de Trieste » à repenser l’entreprise sociale est à l’origine de la conférence « Doing social enterprise », promue par l’Institut de recherche et de développement de l’Union européenne. Forum sur l’inégalité et la diversité qui se tiendra à Naples entre aujourd’hui et demain. La conférence aura pour tâche d’élaborer une « Charte de l’entreprise sociale », qui sera par définition « ouverte ».

« Nous préférons parler de « entreprise sociale Au fil des années, le mot « entreprise » a pris le pas sur le mot « social », notamment grâce à un cadre réglementaire qui a favorisé cette évolution. L’expression « entreprise sociale » peut signifier une chose, mais aussi son contraire. Parler d' »entreprise sociale » plutôt que d' »entreprise sociale » permet, entre autres, d’élargir le champ », affirme le président de la coopérative basée à Trieste.

Entre la conférence de Trieste et celle de Naples, une année de débats s’est écoulée, qui a permis à la réflexion née au sein du groupe promoteur de s’étendre à tout le pays, en impliquant non seulement le monde du tiers secteur, mais aussi des personnes travaillant dans des institutions et des chercheurs. Ils vont maintenant se retrouver à Naples pour définir l’entreprise sociale. « Il y a 400 personnes qui se sont réunies dans tout le pays, formant une véritable caravane en vue de la conférence de Naples. Et il y a cinq points fondamentaux, élaborés par Franco Rotelli psychiatre, collaborateur de Franco Basaglia autour duquel tournera notre débat ».

Lire aussi:  Cgia. Deux millions de chômeurs, mais les entreprises ne parviennent pas à trouver un million de travailleurs

Cinq points fondamentaux qui disent ce qu’est l’entreprise sociale. Le premier est le plus caractéristique : « L’entreprise sociale est d’abord celle qui contribue à la construction des conditions pour que ce qui est incompatible avec l’ordre social devienne compatible et trouve une place dans le monde. En tout état de cause, au cœur de l’entreprise sociale se trouvent les sujets fragiles ceux qui sont incapables et invalides et qui doivent au contraire être rendus émancipés et capables. C’est le sens du deuxième point élaboré par Rotelli. Suivant les trois autres points, l’entreprise sociale est celle qui « répare les lacérations internes de la société, cultive la beauté et repose sur une alliance entre le public et le privé basée sur des compromis ascendants et non descendants ».

La conférence de Naples présentera également des expériences qui incarnent les cinq pierres angulaires sur lesquelles la « Charte ouverte de l’entreprise sociale » sera basée. Parmi ces expériences, citons Officine Gomitoli créée par la coopérative Dedalus à Naples. Dedalus, fondée en 1981, a été confrontée à un moment donné à la nécessité de créer un dialogue avec les premiers habitants du quartier de Porta Capuana, le plus multiethnique de la ville, dans lequel la coopérative opère. « Ils ne comprenaient pas toujours notre travail qui, dès le début, s’adressait en particulier aux migrants », explique le président de la coopérative. Elena De Filippo présidente de la coopérative napolitaine – Nous avons donc pensé à créer un lieu ouvert sur le territoire, au centre duquel nous avons placé l’art : c’est ainsi qu’est née l’Officine Gomitoli ».

Lire aussi:  Epargne. Btp Valore démarre en trombe : 2 milliards d'ordres en deux heures

Un lieu qui est progressivement devenu un point de référence, surtout pour les jeunes habitants des quartiers proches de la gare centrale. « Officine Gomitoli est un lieu de rencontre, dans lequel les arts visuels trouvent un espace. Nous avons aussi une webradio, nous faisons du soutien scolaire… Mais pour nos jeunes, c’est surtout un point de référence où ils peuvent aussi simplement se rencontrer ou aller se promener ailleurs : un endroit qu’ils sentent leur appartenir. Nous ne nous sommes pas arrêtés, même pendant les moments les plus difficiles de la pandémie de Covid-19. Nous avons continué en ligne : les enfants le demandaient.

By Nermond

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *