jeu. Mai 23rd, 2024

« En Italie, il existe une question salariale brûlante qui doit être abordée en relançant la croissance et l’investissement, la qualité et la stabilité du travail, la productivité et la cohésion sociale. Nous devons réfléchir à la question du travail pauvre et des salaires décents. Le Cnel a réalisé une opération vérité, en donnant des bases de référence solides sur la nécessité de maintenir ces dynamiques bien ancrées dans la négociation ». Le secrétaire général de la CISL, Luigi Sbarra, commente ainsi le document approuvé par la Cnel, qui exprime une préférence pour un salaire minimum conventionnel plutôt que pour un seuil minimum légal.

Secrétaire, la CISL partage l’approche de la Cnel, sur laquelle les syndicats confédéraux sont divisés. Le problème reste de savoir comment renforcer les minima conventionnels là où le syndicat est le plus faible.  

Le document affirme ce que la CISL a toujours dit : pour répondre au problème, il est nécessaire d’améliorer, de développer et d’innover de bonnes relations syndicales et contractuelles qui, dans notre pays, couvrent 97% des activités. Le défi consiste à prendre comme référence les contrats les plus répandus et les plus courants et à les étendre, secteur par secteur, aux quelques espaces encore inaccessibles ou écrasés par les accords pirates. Un salaire horaire d’Etat risquerait d’être une rustine pire que le trou.

D’aucuns affirment qu’un seuil minimum légal n’affaiblit pas la négociation et le rôle des syndicats, comme c’est le cas par exemple en Allemagne. La Cour de cassation elle-même semble rappeler cette nécessité.  

La clarté s’impose. En Allemagne, les négociations collectives couvrent à peine 60 % des secteurs, soit bien moins qu’en Italie. L’application de ce modèle à notre système entraînerait, dans la strate moyenne, un ralentissement des ajustements salariaux et la sortie de nombreuses entreprises des contrats de travail nationaux. Quant aux segments les plus faibles, nous risquerions de connaître une recrudescence du travail au noir et du travail au gris. Dans un pays comme le nôtre, le pouvoir salarial doit rester du ressort de la négociation. C’est aussi ce que dit l’Europe. Et ce n’est pas par jalousie à l’égard des partenaires sociaux, mais parce qu’il n’y a pas de moyen plus efficace, dynamique, adaptatif, génératif et, je dirais même, démocratique de fixer des salaires adéquats, de les relier aux objectifs de productivité, aux spécificités des entreprises, des territoires et des secteurs, en les rendant conformes à l’article 36 de la Constitution. Bien au-delà des rigidités de la loi, de la discrétion de la politique et des incertitudes de la jurisprudence. Le vrai problème est d’obliger les entreprises à renouveler les contrats lorsqu’ils arrivent à échéance, notamment en introduisant des systèmes de récompense et de pénalité. Si certains secteurs peinent à atteindre les seuils appropriés, c’est parce qu’ils connaissent des retards importants dans les renouvellements, pouvant aller jusqu’à 12 ans. Il est évident que, dans ces conditions, les seuils minimaux d’entrée sont extrêmement bas.

Aujourd’hui et demain, vous organisez la Journée de la participation pour soutenir votre loi d’initiative populaire visant à faire entrer les travailleurs dans les conseils d’administration des entreprises. Comment se déroule cette campagne et quels sont vos objectifs ?  

Les assemblées et réunions que nous tiendrons demain et samedi seront l’occasion d’expliquer les raisons et l’extrême actualité de notre proposition. Nous enregistrons un fort soutien populaire et d’importantes reconnaissances de la part de personnalités du monde académique, journalistique, institutionnel et économique, sans oublier le soutien d’un vaste domaine politique réformiste. Avec la participation et l’autonomisation des travailleurs sur le lieu de travail, nous pourrions résoudre les nombreux défis auxquels le pays est confronté : augmenter les salaires, accélérer la qualité et la stabilité du travail, renforcer le contrôle de la santé et de la sécurité, freiner la délocalisation et les actes de piraterie industrielle. Soixante-quinze ans après la Charte constitutionnelle, nous devons donner une forte impulsion à la mise en œuvre de l’article 46, qui définit le droit des travailleurs à collaborer à la gestion et au partage des bénéfices de l’entreprise.

Le gouvernement vous a convoqué au Palazzo Chigi ce soir sur la manœuvre. Sur la base de ce qui a été annoncé, quelle est votre évaluation des plans du gouvernement ?  

Tout d’abord, permettez-moi de dire qu’il est important que le gouvernement nous ait convoqués avant la réunion du Conseil des ministres. Cela n’était pas arrivé depuis longtemps. Les marges financières étroites ne doivent pas devenir un alibi pour ne pas faire ce qu’il faut. Au contraire, elles nous obligent à prendre nos responsabilités et à fixer des priorités qui, en ce moment, ne peuvent être que les besoins des classes faibles et moyennes en matière de travail et de pensions. Ceux qui paient des impôts à tour de bras, mais qui ont vu leur pouvoir d’achat et leur épargne s’effondrer ces derniers mois. La manœuvre doit avoir une structure redistributive, cohésive, expansive.

Que demanderez-vous ?  

De confirmer la réduction du coin contributif et l’égalisation des pensions, de réduire les impôts sur les revenus des classes moyennes et populaires, de détaxer le 13ème mois par étapes, d’entamer la saison de renouvellement des contrats publics. Nous avons besoin d’un investissement décisif dans les soins de santé, les écoles, l’aide aux familles. Et puis réduire à zéro le prélèvement sur les négociations décentralisées.

By Nermond

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