ven. Mai 24th, 2024

Le Fonds monétaire international réduit les estimations du PIB italien pour 2023 et 2024 dans le contexte du ralentissement général de l’économie mondiale et en particulier de celle de l’Europe. Pour l’année en cours, le Fonds, dans ses Perspectives de l’économie mondiale présentées à Marrakech, prévoit une croissance de 0,7%, soit une réduction de 0,4 par rapport aux prévisions du mois de juillet, où les prévisions avaient plutôt été revues à la hausse. Pour 2024, notre pays connaîtra également une croissance de 0,7 %, soit un gain de 0,2 % par rapport aux estimations précédentes.

D’une manière générale, l’économie mondiale continue de se remettre de la crise provoquée par la pandémie de Covid, l’invasion russe de l’Ukraine et la flambée de l’inflation, mais la reprise « reste lente et incertaine ». Selon le FMI, la croissance mondiale passera de 3,5 % l’an dernier à 3 % en 2023 et à 2,9 % en 2024. Cette estimation reste inférieure à la moyenne historique de 3,8 % sur 20 ans (2000-2019) et représente une réduction de 0,1 % l’année prochaine par rapport aux prévisions publiées par le FMI en juillet. Selon Pierre Olivier Gourinchas, directeur de la recherche économique de l’institut basé à Washington, « l’économie mondiale boite, elle ne sprinte pas ».

L’inflation mondiale continue de ralentir, passant de 9,2 % en 2022 en glissement annuel à 5,9 % cette année et 4,8 % en 2024. L’inflation de base, qui exclut les prix des denrées alimentaires et de l’énergie, devrait également diminuer, quoique plus progressivement, pour atteindre 4,5 % l’année prochaine. Toutefois, la plupart des pays ne seront pas en mesure de ramener le coût de la vie à l’objectif de 2 % avant 2025.

La sécurité alimentaire menacée

La fragmentation des marchés des matières premières et les nouvelles barrières protectionnistes, avec l’émergence possible de blocs de pays amis ou apparentés, pourraient mettre en péril la sécurité alimentaire de nombreux pays et rendre la transition verte plus coûteuse en réduisant les investissements dans le secteur. C’est pourquoi le FMI appelle à la mise en place de « corridors verts » et d’une alimentation qui puisse assurer la stabilité des approvisionnements. Le rapport rappelle que la libéralisation des échanges et l’innovation technologique sur le marché des matières premières ont soutenu la croissance de l’économie mondiale depuis la fin de la guerre froide en augmentant le niveau de vie, en particulier dans les pays émergents. La guerre en Ukraine a inversé ce processus et aujourd’hui le Fonds émet l’hypothèse d’un scénario avec l’émergence de deux blocs, idéalement composés des pays qui ont voté à l’ONU pour le retrait des troupes russes (USA+Europe+autres) et de ceux qui ont voté contre (Russie bien sûr +Chine+autres).

La situation risque de s’aggraver car de nombreux pays tentent de construire des chaînes d’approvisionnement, en particulier dans des secteurs stratégiques tels que l’éco-transition, les semi-conducteurs ou la défense, avec des pays amis ou apparentés. Cela, note le FMI, conduirait cependant à une longue série d’effets secondaires : volatilité des prix et hausse de l’inflation. Le contrecoup serait très lourd pour les pays émergents dont les économies sont dépendantes des matières premières ou pour les pays à faible revenu qui importent en moyenne 80 % des céréales qu’ils consomment et où la hausse des prix créerait une insécurité alimentaire avec des coûts sociaux et humanitaires élevés.

By Nermond

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