mar. Avr 23rd, 2024

Un Italien sur quatre (24%) ne sait pas combien il paie d’impôts par an.  Cette « méconnaissance » est plutôt accentuée chez les plus jeunes (36% chez les 18-24 ans) et fréquente chez les chômeurs et les personnes peu qualifiées (environ 40% ne savent pas combien ils paient d’impôts). Selon l’Institut de recherche sociale et marketing Eumetra  seule une minorité (un Italien sur cinq) peut dire exactement combien d’impôts elle paie (en particulier parmi les diplômés universitaires), tandis que la majorité des Italiens (54 %) affirment le savoir approximativement. « La relation des Italiens avec les impôts reflète une dynamique qui caractérise le tissu social de notre pays depuis quelques années », explique l’auteur de l’étude. Matteo Lucchi Il y a une partie de la population, plus éduquée et économiquement plus aisée, qui est attentive aux questions sociales : elle est très impliquée dans les questions de durabilité – non seulement environnementale, mais aussi économique et sociale – et fait preuve d’une grande ouverture à l’égard de ses voisins et de l’avenir du pays. D’autre part, il existe un groupe croissant de personnes qui se trouvent dans une position moins centrale du point de vue socio-économique : cette situation génère chez eux un sentiment d’insatisfaction qui se traduit par un plus grand égocentrisme et par des attitudes de désintérêt (vis-à-vis des autres, de la durabilité, de l’avenir) et parfois de protestation ». En effet, 75 % des Italiens estiment que le montant des impôts payés est trop élevé par rapport aux services fournis par l’État et les collectivités locales : un malaise particulièrement répandu dans le sud de l’Italie. L’analyse montre que ce sentiment d’insatisfaction diminue chez ceux qui connaissent le montant des impôts qu’ils paient. En revanche, un peu moins d’un Italien sur cinq (19 %) estime que la charge fiscale dans notre pays est équitable. Il s’agit en particulier de personnes ayant un niveau d’études élevé et qui savent combien d’impôts elles paient. Quarante-huit pour cent (avec une accentuation, 62%, chez les personnes ayant un faible niveau d’éducation) des personnes interrogées sont très/assez d’accord avec la justification du non-paiement des impôts par rapport à l’incapacité de l’État à dépenser correctement l’argent collecté. L’autre moitié de la population n’est pas de cet avis. Un certain désintérêt de la part des citoyens semble prévaloir sur cette question. S’il est vrai, par ailleurs, que deux interviewés sur trois affirment que certains ne paient pas d’impôts parce que les contrôles sont peu fréquents, un sur trois n’est pas de cet avis. « L’étude, conclut Lucchi, fait apparaître un sentiment de faible solidarité civique, du moins au sein d’une partie de la population : seule la moitié des personnes interrogées affirment en effet qu’il est juste de payer des impôts parce que cela aide les plus faibles, adhérant ainsi au concept de « redistribution ». Face à une majorité de la population qui adhère aux clichés sur les impôts, il y a cependant une part significative d’environ 20 % des citoyens italiens qui se considèrent « relativement satisfaits ».

By Nermond

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