sam. Déc 9th, 2023

Dès sa conception, le Santo Entierro Grande a occupé les premières pages, les analyses, les débats et une multitude d’opinions, comme tout ce qui naît et grandit dans cette ville. Tout d’abord, le motif lui-même et la nécessité réelle de proposer cet événement. Vient ensuite la nécessité, parfois fastidieuse, de découvrir le plus tôt possible tous les pasos invités (en 2004, la liste n’a été connue que fin décembre) ; puis le plan de l’accompagnement musical et, enfin (pour moi, l’aspect le plus tentant et le plus marquant de cette procession) la mise en place d’itinéraires et d’horaires qui interfèrent le moins possible, comme il est naturel, avec la station pénitentielle des autres confréries du jour, en passant outre la proposition ratée de l’Alameda comme itinéraire commun.

Une fois les ingrédients disposés dans ce shaker hétérogène et toujours complexe, se pose la question de la réflexion finale, but ultime de tant de mois de travail surhumain (le bon Fermín envisagerait peut-être de répéter une expérience aussi titanesque). Qu’est-ce que la célébration du Santo Entierro Grande apporte à la Semaine Sainte de notre époque ? Que signifie pour la ville, pour ses différentes couches économiques, sociales et civiles, la mise en place d’un défilé ambitieux et d’une ampleur inestimable ?



Si nous comprenons le Santo Entierro Grande comme un « substitut » à une procession magna hors saison (un point en faveur de la Confrérie, la seule qui s’est mobilisée jusqu’à présent pour organiser quelque chose de ce style, indépendamment de sa justification plus ou moins discutable), cette procession signifiera la situation actuelle de la Semaine Sainte à Séville, son impact au-delà de nos frontières dans un monde global et constamment interconnecté et, bien sûr, il servira de test décisif pour évaluer la capacité de la ville à répondre, sur le plan organisationnel et logistique, à l’afflux massif plus que prévisible de public. Et, rappelons-le, nous ne parlons que des transferts. Le Santo Entierro Grande ne prend forme comme tel que dans la Carrera Oficial. Voyons si le format, dépassé pour beaucoup aujourd’hui, fonctionne. Nous l’espérons.

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D’autre part, et conformément à la motivation de cet article, le Santo Entierro Grande, en raison de ses caractéristiques extraordinaires, devrait implicitement être porteur de décisions, donc extraordinaires, pour correspondre comme tel à un événement qui n’a été célébré, nous le soulignons, que dix fois dans l’histoire et que de nombreuses générations n’ont pas connu ou ne se souviennent pas. Et si nous incluons avant le caractère hétérogène et diversifié de ce cortège, les attitudes et dispositions n’allaient nullement rester en marge. Il existe des confréries qui ont choisi de se différencier et ont écarté l’idée (commode mais sans importance) de reproduire une représentation exacte de leur station pénitentielle.

Certains domaines (itinéraires et horaires) ne permettent peut-être pas trop d’expérimentations pour différentes raisons, mais nous pensons qu’il y en a beaucoup d’autres qui peuvent rendre possibles des images extraordinaires, ce qui est le but recherché. Cela ne signifie pas pour autant que le sentiment de supériorité infondé se perd, ni que le respect présumé des confréries envers certaines corporations est déstabilisé. Des fleurs différentes, un accompagnement musical différent, des rues différentes au sein des compétences…

La Paz et le Baiser de Judas porteront le drapeau de la Semaine Sainte contemporaine. El Cachorro sera accompagné d’un groupe. Montesión reviendra par le Musée. La Amargura et Pasión vont marcher ensemble. El Calvario sortira dans la journée. Comme Campanilleros a été joué à Las Siete Palabras, comme le palio de la Carretería est sorti, comme les Tres Caídas et Montserrat se sont rencontrés, comme le Cristo de los Cálices a participé en 1922 ?

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Ce qui est différent est ce qui reste.

By Nermond

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