sam. Fév 24th, 2024

Qu’il s’agisse de stratégies électorales, de marché ou de simples stratégies dans un monde confronté à des conflits croissants et à une pression de plus en plus forte en faveur de la transition énergétique, rien n’est moins sûr. Le fait est qu’après une période de deux ans au cours de laquelle la course mondiale aux sources d’énergie s’est intensifiée, de nouveaux signes de « pause » apparaissent aujourd’hui. Ce n’est pas non plus une coïncidence si cela se produit à un moment où certaines routes commerciales traditionnelles, comme celle de la mer Rouge prise pour cible par les miliciens chiites houthis, sont dans le collimateur des groupes armés. Au niveau mondial, la pression sur les hydrocarbures se fait sentir. Le Forum des pays exportateurs de gaz (Gecf), qui représente plus des deux tiers de l’approvisionnement mondial en gaz et qui compte également le Qatar et la Russie parmi ses membres, l’a également souligné ces derniers jours : la contraction des marchés mondiaux du gaz naturel, selon le Forum, durera même jusqu’en 2026.

Alors qu’en Arabie Saoudite, le géant pétrolier Saudi Aramco a annoncé hier qu’il n’essaierait pas d’augmenter sa production de pétrole brut à 13 millions de barils par jour, la maintenant à 12 millions, à Washington, le président américain Joe Biden a « mis en attente » l’approbation de nouveaux mégaprojets d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), une décision saluée par les écologistes et qui pourrait durer jusqu’à l’élection présidentielle du 5 novembre. À ce stade, a expliqué le ministère américain de l’énergie, une enquête sur l’impact économique et environnemental des projets sera menée. M. Biden, cherchant avant tout le consensus des jeunes, parmi lesquels le dossier de l’environnement figure en bonne place sur la liste des choix électoraux, a justifié la décision avant tout par des considérations sur la crise climatique, « la menace existentielle de notre époque ». Mais il y a aussi le raisonnement selon lequel, en 2023, les États-Unis sont déjà en tête de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel et disposent d’une autonomie énergétique bien établie. Il n’est pas nécessaire, pour le moment, de faire des bonds en avant, étant entendu que Washington a souligné que les quantités nécessaires d’hydrocarbures seront toujours garanties pour les entreprises et les pays alliés – qui dépendent des approvisionnements en gaz naturel américain, après le choix de renoncer aux approvisionnements russes à la suite de la guerre en Ukraine.

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L’Europe reste la zone du monde où la dépendance énergétique est la plus forte (55,5 %), tandis que ce chiffre tombe à 20 % pour la Chine, dont le ralentissement économique a également un impact important sur le marché. Les prix du pétrole fluctuent à ce stade entre 75 et 80 dollars : ils se situaient encore autour de 97 dollars en septembre. Ce n’est pas un hasard si, en novembre dernier, les producteurs de l’Opep+ se sont mis d’accord sur des réductions volontaires de production totalisant environ 2,2 millions de barils par jour pour le premier trimestre 2024, réductions qui pourraient se poursuivre au-delà afin de soutenir les prix. Selon l’Algérie, la baisse de la production « vise à réorganiser le marché pétrolier international sur la base de ses fondamentaux, plutôt que de le soumettre aux fluctuations irrationnelles des spéculateurs, responsables d’une volatilité croissante et d’une instabilité importante ».

L’une des principales raisons de la chute des prix est l’activisme des États-Unis, qui ont atteint en 2023 une production record dans le secteur du pétrole et du gaz : un baril de pétrole brut sur huit dans le monde est aujourd’hui produit aux États-Unis. Ces derniers temps, l’augmentation de la production a renforcé les accusations des écologistes à l’encontre de l’administration Biden, accusée d' »hypocrisie » pour n’avoir pas tenu ses promesses de transition écologique et d’augmentation des forages afin de maîtriser les prix des carburants. La pause annoncée par Washington, qui aura des conséquences globales, a donc été saluée par les écologistes comme une « étape importante ».

By Nermond

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