mer. Mai 22nd, 2024

La pauvreté absolue augmente en Italie. Un peu plus de 2,18 millions de ménages sont en situation de pauvreté absolue en 2022  (8,3 % du total contre 7,7 % en 2021) et plus de 5,6 millions d’individus (9,7 % contre 9,1 % l’année précédente). Cette détérioration est en grande partie imputable à la forte hausse des prix de l’énergie. l’accélération de l’inflation dont dont l’impact a été particulièrement élevé pour les ménages les plus pauvres . En effet, les dépenses de consommation de ce segment de la population, qui comprend également les ménages en situation de pauvreté absolue, tout en augmentant fortement en termes courants, n’ont pas suivi le rythme de l’inflation, entraînant une baisse en termes réels de leurs dépenses équivalentes de -2,5 %.

La situation des familles de trois enfants ou plus est pire

En outre en 2022, l’incidence de la pauvreté absolue est plus élevée dans les ménages comptant le plus de membres. Elle atteint 22,5 % parmi ceux qui comptent cinq membres et plus et 11 % parmi ceux qui en comptent quatre. Des signes d’aggravation apparaissent dans les ménages de trois personnes (de 6,9 % à 8,2 %). La détresse la plus marquée est observée dans les familles de trois enfants ou plus  où l’incidence atteint 22,3 %. et, plus généralement, pour les couples avec trois enfants ou plus (20,7%). Il en va de même pour les familles d’autres types, où
souvent plusieurs ménages cohabitent, des valeurs élevées sont observées (15,6%), ainsi que pour les familles monoparentales (11,5%).

La pauvreté absolue affecte fortement les enfants

En 2022, la pauvreté absolue en Italie touche près de 1 million 269 mille mineurs (13,4%, contre 9,7% des individus au niveau national) ; l’incidence varie de 11,5% dans le Centre à 15,9% dans le Sud.
Par rapport à 2021, la condition des mineurs est stable au niveau national, mais il y a des signes d’aggravation pour les enfants de 4 à 6 ans dans le Centre (l’incidence atteint 14,2% contre 9,3%) et pour ceux de 7 à 13 ans dans le Sud, pour lesquels elle atteint 16,8% contre les 13,8% observés l’année précédente.

Les familles en situation de pauvreté absolue avec des mineurs sont au nombre de 720 000 avec une incidence de 11,8% (elle était de 11% en 2021). Les ménages d’autres types avec mineurs, c’est-à-dire les ménages où plusieurs ménages vivent fréquemment ensemble, ont les valeurs d’incidence les plus élevées (23,0% contre 15,6% pour les autres types de ménages dans leur ensemble).
La prévalence du phénomène augmente avec le nombre d’enfants mineurs dans la famille (6,5% pour les couples avec un enfant mineur, 10,6% pour ceux avec deux enfants mineurs et 21,0% pour les couples avec trois enfants mineurs ou plus) et est significative parmi les familles monoparentales avec mineurs (13,3%). Tous les types de ce sous-ensemble présentent des valeurs stables par rapport à 2021, mais l’intensité de la pauvreté des ménages avec mineurs, avec 20,6 %, est supérieure à celle de l’ensemble des ménages pauvres (18,2 %), ce qui témoigne d’une situation de détresse marquée.

La pauvreté absolue des étrangers reste très élevée

Les étrangers en situation de pauvreté absolue sont plus de 1,7 million, avec une incidence de 34,0 %, plus de quatre fois et demie supérieure à celle des Italiens (7,4 %). Cependant, pour ces derniers, on observe une augmentation de la pauvreté absolue au niveau national (7,4 % contre 6,9 % en 2021), mais aussi dans le Nord et dans le Sud (5,4 % et 11,4 % respectivement, contre 4,9 % et 10,6 % l’année précédente).
Les familles en situation de pauvreté absolue sont dans 70,0% des cas des familles composées uniquement d’Italiens (près de 1 526 000, incidence égale à 6,4%) et pour les 30% restants des familles composées d’étrangers (661 000, incidence égale à 28,9%), bien que ces dernières ne représentent que 8,7% du nombre total de familles.
Pour les familles avec au moins un étranger, l’incidence de la pauvreté absolue est de 28,9% (28,1% en 2021) ; elle est de 33,2% pour les familles composées exclusivement d’étrangers (stable par rapport à 32,8% en 2021) et de 6,4% pour les familles composées uniquement d’Italiens (5,8%, en hausse par rapport à 2021). La criticité pour les ménages composés uniquement d’étrangers est plus marquée dans les communes centrales de l’aire métropolitaine : 34,4 %, contre 5,1 % pour les ménages composés uniquement d’Italiens.
L’incidence la plus élevée est enregistrée dans le Sud, avec des parts de ménages composés d’étrangers en situation de pauvreté presque quatre fois plus élevées que celles des ménages composés uniquement d’Italiens (35,7% et 9,5% respectivement). Dans le Centre, les ménages composés d’étrangers présentent l’incidence de pauvreté la plus faible, avec 26,5%, comme dans le Nord (27,8%).

By Nermond

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