ven. Juin 14th, 2024

Retards dans les zones blanches et grises, litiges sur les autorisations, difficultés d’accès au réseau, et l’éternelle question du transfert du réseau de Tim. A cause de cela et d’autres nœuds à dénouer, le rêve d’apporter l’internet super rapide à toutes les familles et entreprises italiennes n’est pas encore devenu réalité.  En fait, tous les projets financés par les derniers gouvernements ont pris beaucoup de retard. C’est pourquoi le gouvernement vient de relancer la nouvelle stratégie nationale 2023-2026 pour le très haut débit.

La stratégie est « nouvelle », mais elle reprend dans une large mesure la stratégie italienne pour le très haut débit approuvée par le gouvernement Draghi en mai 2021. Cependant, l’objectif final est le même : regagner du terrain dans le développement de la connectivité rapide dans tout le pays, intervenir dans les zones dites blanches et grises du territoire, et pousser à la diffusion de la 5G, tout en relançant le secteur des télécommunications. Les investissements totaux s’élèvent à 2,82 milliards d’euros, dont une partie provient des économies réalisées dans le cadre des interventions du Pnrr pour la bande ultra-large.


12 mille 
Établissements de santé pour lesquels le gouvernement prévoit une couverture adéquate, c’est-à-dire une connexion conforme aux normes européennes.

400 
Les millions d’euros affectés à un « réseau de retour » en fibre optique appartenant à l’État le long des lignes ferroviaires

1 Gigabit/s 
Connectivité minimale que le gouvernement entend garantir dans tous les bâtiments scolaires dans le cadre de la stratégie nationale 2023-2026.


La situation doit être débloquée et c’est pourquoi le gouvernement a l’intention d’investir dans de nouveaux moyens et solutions pour soutenir les organismes publics dans l’autorisation et le contrôle des chantiers, mais aussi pour cartographier et géoréférencer les numéros de maison et les unités de propriété à connecter, pour lesquels il y a actuellement un taux d’erreur de plus de 20 pour cent. Parmi les fonds mis à disposition, une partie sera consacrée à l’infrastructure proprement dite, le secteur public étant davantage mis à contribution. Ainsi, 400 millions d’euros sont prévus pour un « réseau de retour » en fibre optique appartenant au secteur public le long des lignes ferroviaires. La collaboration avec FS s’applique également à la 5G : 250 millions d’euros seront alloués à la réalisation d’une infrastructure 5G publique multi-opérateurs le long des lignes à grande vitesse. Par ailleurs, 800 millions d’euros seront utilisés pour encourager les grandes entités nationales (organismes publics, districts industriels, zones portuaires, pôles de haute spécialisation et zones agricoles) à développer des applications et des services verticaux innovants basés sur la 5G et les technologies les plus novatrices telles que l’informatique de pointe.

Différents domaines d’intervention sont prévus : de « Italia a 1 Giga » pour promouvoir, par le biais d’une intervention publique, une vitesse de connexion conforme aux normes européennes pour tous les utilisateurs, aux projets « Scuola connessa » – dans le but de garantir à tous les bâtiments scolaires publics du pays une connectivité d’au moins 1 Gigabit/s – et « Sanità connessa » pour fournir une couverture adéquate à plus de 12 000 structures du service national de santé. En outre, l’accent est mis sur l’augmentation de la couverture des réseaux de radiocommunication mobile et sur l’évolution vers les services 5G pour 21 îles mineures du Latium, des Pouilles, de la Sicile, de la Toscane et de la Sardaigne, grâce à la pose de câbles optiques sous-marins. L’urgence est là, 2026 est à portée de main, et les nombreux retards déjà accumulés deviennent un boulet, aussi et surtout pour les entreprises et les districts industriels italiens. La « géographie de la connectivité rapide » est en effet décourageante : de nombreuses zones, y compris des zones industrielles, ne sont toujours pas ou peu couvertes par la bande passante à très haut débit sur le réseau fixe, ce que l’on appelle la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH), c’est-à-dire une connexion qui amène la fibre optique de la centrale électrique jusque dans les foyers et les entreprises. Une limite structurelle très forte aujourd’hui, car sans le haut débit, les entreprises ne peuvent pas accéder aux plateformes et aux services qui garantissent une véritable innovation. En croisant la liste des districts du dernier recensement Istat et la carte de la large bande publiée par Agcom, on constate en effet que dans de nombreuses communes qui donnent leur nom aux poteaux, il n’y a aucune trace de FTTH, dans d’autres cas, la connexion en fibre s’arrête à 1 % : la plupart des districts industriels sont en effet reliés par une connexion Fibre to the Cabinet (Fttc), la fibre qui s’arrête aux armoires de rue et qui, dans certains cas, ne dépasse pas les 30 mégabits par seconde.

Open Fiber : 848 millions investis en six mois

Open Fiber a investi 848 millions d’euros au cours des six premiers mois de l’année, contre 582 millions d’euros au cours de la même période en 2022.

Le CEO Mario Rossetti, interviewé ces derniers jours par Il Sole 24 Ore, a fait état de l’importance des ressources mises en place depuis le début de l’année par Open Fiber, « qui est en train de faire un travail très sérieux et important ». Avec environ 65% des clients Ftth (fibre to the home, ndlr) qui surfent sur le réseau d’Open Fiber, l’entreprise est, selon le responsable, un « atout stratégique essentiel pour tout raisonnement sur la numérisation du pays ». Pour Rossetti, il n’est pas possible que le dossier sur le réseau fixe de Tim ait ralenti les travaux d’infrastructure numérique de la société contrôlée à 60% par Cdp et à 40% par Macquarie. En effet, le PDG souligne « l’accélération du développement du réseau dans les zones blanches ».

Il y a deux jours, Open Fiber a annoncé le démarrage des chantiers à Canosa di Puglia pour une intervention qui prévoit le câblage en mode Ftth (Fibre To The Home, la fibre optique jusqu’au domicile) de 2 439 numéros de maison répartis sur le territoire, correspondant à 4 628 unités de propriété. Les mêmes travaux ont également commencé à Atrani (dans la province de Salerne).

Ces dernières semaines, la société a annoncé que le nouveau réseau public de télécommunications à très haut débit est déjà opérationnel à Pentone, dans la province de Catanzaro. Au cours des semaines de la mi-août, les travaux ont également été achevés à Villarosa (dans la province d’Enna) et à Gagliano del Capo (Lecce).

By Nermond

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