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Le verdict sera rendu, ce jeudi 8 novembre. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 07 novembre 2018

Lors du troisième jour d’audience, qui s’est terminé à 14 h 45, ce mercredi 7 novembre, l’avocat général, dans un exercice tout en pédagogie en direction des jurés, a demandé à ce qu’ils prennent en considération le vécu de la prévenue. Dans la matinée, la victime a donné sa déposition.

« De huit à dix ans de prison, avec injonction de soin assorti d’un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans. » Vers 14 h 30, ce mercredi 7 novembre, l’avocat général a donné ses réquisitions dans l’affaire du gîte d’Ayssènes, lors du troisième jour d’audience au tribunal de Rodez.

Dans un style tout en pédagogie, sorte de cours de droit pénal en accéléré à destination des jurés, le ministère public a rappelé la complexité de l’affaire, qui traite de faits de séquestration, de torture et de barbarie. Des violences pour lesquelles « le législateur a donné un caractère criminel » ; « des affaires qui ne courent pas les cours d’assises » ; où il est question de « violences physiques et psychologiques ».

Une relation mère-fille « perversement fusionnelle »

Une affaire d’autant plus difficile que les différentes parties ont toutes « des passés plutôt douloureux (viols, addictions, dépressions, tentatives de suicide…), des moments faits de souffrance, des séjours répétés en psychiatrie et des carences affectives. » Sans dédouaner la prévenue (S.R.), l’avocat général a demandé aux jurés de tenir compte du vécu « de ce petit bout de femme ». Il a notamment qualifié la relation de S.R. avec sa mère (C.B.) de « perversement fusionnelle ». Et d’insister sur le fait que dans un (nouveau) moment difficile de sa vie, la trentenaire au casier judiciaire vierge, « a obéi à une pulsion sadique ».

Le matin, la victime (L.A.) s’est présentée à la barre. L’homme, fragile et vulnérable, souffre d’un état post-traumatique à long terme. Alors qu’il est hospitalisé dans une unité médicalisée spécialisée en psychiatrie, L.A. a fait preuve de courage, en se déplaçant de Limoges jusqu’à Rodez pour donner sa déposition. C’est un homme frêle, tremblant et confus qui a témoigné. Tout en revenant sur ces jours d’horreur, au cœur de l’hiver aveyronnais, il a insisté sur le fait qu’il avait « toujours remboursé ses dettes » et qu’il n’avait « jamais fait d’avances à S.R. », contredisant ainsi la position de la prévenue.

« Je pense à toi tous les jours »

La victime et sa tortionnaire ont eu deux brefs échanges. Lorsque la défense a été invitée à poser des questions à L.A., c’est S.R. qui a pris la parole. Elle lui a présenté ses excuses : « Je t’ai fait des choses atroces. Je ne me pardonnerai jamais. Mais je te demande, si tu peux, d’un jour me pardonner. » Vu la gravité des faits, sa réponse a été presque naïve : « Tu es allée trop loin. Pour l’instant je ne peux pas (te pardonner). Un jour peut-être. »

L.A. s’est ensuite approché du box des accusés pour discuter brièvement avec S.R. Cette dernière lui a redit à quel point elle s’en voulait : « Ça fait deux ans que je suis en prison. Je pense à toi tous les jours. »

Le verdict sera rendu, ce jeudi 8 novembre, après la plaidoirie de la défense, prévue le matin.

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