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Ce mercredi 7 novembre au matin, la victime sera à la barre. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 06 novembre 2018

Le deuxième jour d’audience de la cour d’assises de Rodez s’est déroulé ce mardi 6 novembre. Les faits ont été abordés plus en détails. La cour et les jurés en savent désormais davantage sur le calvaire qu’a subi la victime.

L’audience reprend ce mardi matin, à 9 h 15, dans l’affaire du gîte d’Ayssènes. Les experts se succèdent pour continuer d’apporter des éléments concernant la personnalité de l’accusée (S.R.), de sa mère décédée en détention et sur la relation entre les deux femmes. S.R. maintient qu’elle était sous l’emprise « de sa maman, qui la rabaissait physiquement et psychologiquement ». Rapidement, les débats se sont orientés sur les faits… L.A., la victime, a vécu un véritable calvaire.

Le médecin légiste de Millau, qui a vu le trentenaire juste après son passage aux urgences, en cette nuit du 27 au 28 janvier 2016, se présente à la barre pour sa déposition. Les photos des sévices subis par la victime défilent sur l’écran géant. Elles sont commentées par l’expert.

Une liste de sévices interminables

L’homme présente d’innombrables marques. Les coups de casserole l’ont amoché sur le crâne. Les deux femmes ont frappé si fort qu’elles en ont cassé une et enfoncée une autre. Les coups de poing lui ont fait gonfler le nez. Des coups de couteau à pain lui ont notamment lacéré les bras. Trois autres coups de couteau de cuisine, dans le dos, lui ont perforé la peau. Une des plaies était si profonde que lorsque l’homme fumait, lors de cette terrible soirée, la fumée sortait de l’orifice ! Il a été brûlé avec des cigarettes. Sans compter qu’il a aussi ingurgité du shampoing, du déodorant ou encore de l’antiseptique.

124 comprimés

Comment est-il possible qu’une personne ait pu se laisser détruire de la sorte ? S’il ressort une fragilité psychologique chez L.A, celui-ci a aussi été contraint à avaler des médicaments, notamment des neuroleptiques, dans une quantité incroyable : 124 comprimés, selon l’enquête. Un scanner, qui a été fait, montre d’ailleurs clairement une partie des médicaments encore présents dans l’estomac. La victime était donc complètement shootée. Sa vie était clairement en danger, selon le médecin :

Quelques heures plus tard, tout serait passé dans le sang. Il aurait pu en mourir.

Seul, dehors, à l’arrivée des secours

C’est bien la prévenue qui a appelé les secours. Avant que l’ambulance n’arrive, avec sa mère, elles ont nettoyé le logement, mais laissé une serpillère pleine de sang près du canapé. Elles ont même demandé à L.A. de prendre une douche. Lorsque ses sauveurs sont arrivés, la victime les attendait, seul, devant le gîte, de nuit, en plein mois de janvier. Pendant ce temps, ses tortionnaires fumaient des cigarettes, au calme, à l’intérieur.

Le doigt dans la plaie

Une nouvelle scène toujours ahurissante s’est ensuite jouée, après que les deux femmes ont expliqué que L.A. s’était automutilé. Un ambulancier témoigne :

Je lui ai demandé de se baisser, pour voir la profondeur de l’une des plaies. La mère a dit : « C’est pas joli joli. » Et a mis son doigt dedans ! Avant qu’on ne parte, elle l’a embrassé sur la bouche. C’est là que j’ai compris qu’ils étaient ensemble.

Des complications

Ce mercredi 7 novembre, dès 9 h, la victime sera entendue. L’occasion pour S.R. de lui présenter ses excuses :

Je n’ai jamais voulu le tuer. Ces photos m’ont choquée. Je savais que j’avais mis des coups, mais je ne savais pas que je lui avais fait autant de mal (elle explique avoir été dans un état second, dû à l’alcool et aux médicaments). C’est atroce ce qu’il a vécu.

Il ressort que L.A. a été longtemps « en état de choc post-traumatique invalidant », avec « des troubles du sommeil malgré un traitement extrêmement lourd », selon deux médecins. Un drainage thoracique lui a aussi été prescrit, pour faire face aux complications de l’une de ses blessures.

Après cette deuxième journée, il semble bien qu’une dette d’argent et des différents amoureux soient à l’origine de ces jours d’horreur à Ayssènes. Le tout sous fond d’alcool, de médicaments et de lourds antécédents sociaux et psychiatriques.

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