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D'Accord Léone était en résidence, du 29 octobre au 2 novembre. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 05 novembre 2018

Depuis huit ans, le groupe aujourd’hui formé de cinq musiciens ne cesse d’évoluer. Au printemps prochain, il sortira son troisième album, fait exclusivement de chansons composées par leurs soins. Une première. Ce qui ne bouge pas, en revanche, c’est qu’ils continuent, à leur manière, de dénoncer certains faits de société. Quitte à faire grincer des dents, à déplaire, à choquer ou les trois en même temps.

D’Accord Léone, ce groupe à cheval entre l’Aveyron et la Lozère, qui s’appuie sur de la « chanson française festive et à texte », est avant tout une rencontre. Une expérience, même.

Pour apprécier les cinq joyeux musiciens – Mélo, au trombone et au violon ; Tof, à la contrebasse ; Séb, à l’accordéon ; Laurent, alias Doudou, à la guitare ; Nico, à la batterie – mieux vaut être averti ou, alors, prendre le temps de faire connaissance. La bande d’amis manie l’humour noir à la perfection, quitte à ne pas plaire à tout le monde. Mais comme le dit Séb :

Vous avez le droit de ne pas être d’accord, mais on s’en fout et on vous emmerde !

Une manière de penser héritée du groupe, bien connu de la nouvelle scène française, Les Ogres de Barback et leur morceau Vous m’emmerdez. Ces derniers, en plus d’entretenir des relations d’amitié avec D’Accord Léone, à l’image de Fredo, l’un de leurs membres, ont toujours été l’une des sources d’inspiration de la formation dispatchée entre Montrozier, Saint-Laurent-d’Olt, Saint-Chély-d’Apcher et Aumont-Aubrac.

« C’est parfois problématique »

L’aventure D’Accord Léone remonte à 2010 et la rencontre entre Séb et Laurent. « Notre histoire d’amour », rigolent les deux amis. Ils sont rejoints, en 2012, par Nico, celui qui « part et qui revient », l’un des seuls à ne pas faire de la musique son métier. « Il fait tout avec nous, mais il n’est pas toujours là », explique Séb. En 2015, arrive Tof, figure de la scène punk parisienne des années 1980. Il y a un an, Mélo complète définitivement la bande, après plusieurs collaborations.

À l’origine, le groupe fait exclusivement des reprises. Les artistes à qui ils rendent hommage sont nombreux : Didier Super, La Rue Ketanou, Les Wriggles, Marcel et son orchestre ou encore Frédéric Fromet. Tous sont engagés et, certains, sans filtres. « C’est parfois problématique, explique Séb. Une fois, on jouait pour la CGT devant la gare de Rodez. On reprenait Coulibaly, que Frédéric Fromet a écrit après les attentats du Bataclan. Un moment on chantait : "Évidemment les musulmans sont tous des gens très très méchants." Un mec qui passait par là et qui n’avait pas entendu toute la chanson s’est approché. Il était vraiment énervé. J’ai essayé de tout lui faire lire, mais ce n’était pas la peine… Il s’est même pris la tête avec un manifestant, qui était aussi musulman, et qui lui disait qu’il n’avait rien compris. »

En résidence une semaine par mois

Alors, en fonction des réactions, D’Accord Léone sait aussi s’adapter. « C’est un travail d’équilibriste, reconnaît Mélo. On n’a pas de playlist prédéfinie. On pioche dans notre répertoire. On peut aussi passer directement aux chansons très festives. Ça arrive que des gens nous disent : "On a adoré… sauf tel morceau." » Et selon Doudou, les cinq musiciens ne « [connaissent] que les trois premiers et les trois derniers titres » qu’ils vont jouer lors de leur set. Mais une chose est sûre, faire un bide ne les dérange pas. « Ne vous inquiétez pas, on vit pour ça », lâche Séb.

Du lundi 29 octobre au vendredi 2 novembre, le groupe était en résidence chez Mélo et Tof. Un exercice que les cinq musiciens reproduiront, une fois par mois, jusqu’en mai. Dans l’intimité de cette jolie bâtisse de Gages-le-Bas, ils travaillent leur set de l’été 2019 et préparent leur troisième album, qui sortira au printemps prochain. Un album qui ne comportera que des compositions – une première – et qui sera fait maison, dans le studio du punk de la bande.

Des concerts partout en France

Parmi les titres, La Méthode couette sera un hymne à « la retraite et au droit d’être fainéant ». Un autre morceau, sur l’air du célèbre Inspecteur gadget abordera les thèmes de la pédophilie et du viol, pour les dénoncer... bien entendu. Là, encore, il faudra laisser son premier degré à la maison...

Plus les années passent et plus D’Accord Léone joue loin de ses bases lozèro-aveyronnaises, comme récemment en banlieue parisienne, en Bretagne, en Normandie ou encore en Rhône-Alpes… Avec eux, l’amour noir s’exporte. Non, ce n’est pas un lapsus. Cachés derrière de belles tranches de rigolade, c’est bien de l’amour que véhiculent Mélo, Tof, Séb, Doudou et Nico. Et comme le disait Didier Super « vaut mieux en rire que s’en foutre » !

Extrait du futur album de D’Accord Léone, sur l’air d’Inspecteur gadget.

L’actualité de D’Accord Léone

Du 15 au 17 novembre, le groupe sera en tournée à Beauvais (Oise) et à Paris.

Vendredi 30 novembre, ils seront au Petit Montmartre, à Millau, pour accompagner sur scène la fanfare béninoise Eyo’nlé et sa Valse à Cotonou.

En janvier, direction les Monts Lyonnais pour les cinq amis.



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