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Le président du tout nouveau club de rugby de Rodez peut compter sur un engouement général autour de ce projet. - ©ADN12

Par Charline Nermond
Le 07 août 2019

C'est désormais officiel : le Rodez Rugby a reçu son affiliation de la Fédération Française de Rugby et peut donc démarrer sa toute première saison ! Un mois à peine après la liquidation du Stade Rodez Aveyron, le nouveau venu avance vite mais avec précaution pour que le rugby ruthénois renaisse de ses cendres... Le point avec le président de la nouvelle structure : Stéphane Floirac.

1er juillet 2019 : tremblement de terre pour le rugby ruthénois qui voit disparaître son club historique, le SRA, après prononciation de sa liquidation judiciaire par le Tribunal Administratif de Toulouse. Son lourd passif financier aura eu raison de la bonne volonté de ses dirigeants. Avec la fin du SRA, c'est un monument de la ville qui s'en est allé : l'ex "Stade Ruthénois" et ses 117 ans d'histoire, un titre de champion de France de 2ème division en 1976, quelques années dans le groupe A en 1ère division et ces sept dernières saisons jouées en Fédérale 1...

« Pas la fin de l'histoire ... »

Une aventure que beaucoup d'amateurs du ballon ovale n'ont pas voulu voir s'arrêter si brutalement. Quatre d'entre eux se sont immédiatement portés volontaires pour construire un nouveau club sur les cendres du SRA. En un mois à peine, ils ont travaillé d'arrache pied pour donner naissance à une nouvelle structure : le Rodez Rugby.

A eux quatre, ils forment le Comité Directeur du nouveau club. L'ancien responsable de l'école de rugby, Christophe Storaï, en est le vice-président ; deux éducateurs bénévoles, Jean-Luc Delaneau et Josian Graux occupent respectivement les fonctions de trésorier et secrétaire et enfin un partenaire historique du club, l'entrepreneur Stéphane Floirac en prend la présidence :

Tout le monde a été pris de court par la liquidation du SRA. Nous, on avait tous des enfants ou des petits enfants qui jouaient en équipes de jeunes. On s'est dit : ça ne peut pas s'arrêter comme ça ! Il faut au moins sauver l'école de rugby !

JL Delaneau, J Graux, S Floirac, C Storaï. @RodezRugbyJL Delaneau, J Graux, S Floirac, C Storaï. @RodezRugby

Il a fallu « prendre le taureau par les cornes » pour créer le nouveau club ruthénois : « la dynamique est là mais ça n'a pas été simple pour autant, explique le jeune président, à nous quatre, ça fait un mois qu'on bosse dessus non-stop jusque très tard le soir. On savait que c'était jouable mais le planning est serré ».

Engouement général

Cet élan spontané a été récompensé et encouragé par tous les acteurs qui gravitent autour du monde du rugby : la Ligue Occitanie a reçu immédiatement les porteurs du projet et leur offre son accompagnement (un point financier sera fait à chaque semestre), la Ville de Rodez a fait son possible pour trouver des créneaux horaires et des terrains d'entrainements, et surtout, les partenaires financiers ont suivi, malgré la descente à un niveau de jeu de Promotion d'Honneur pour l'équipe première :

On a réuni une quinzaine de partenaires historiques du SRA pour leur expliquer le projet et leur demander ce qu'ils comptaient faire. Tous nous ont répondu la même chose : ils ne conditionnent pas leurs engagements à un niveau sportif. Il y a une vraie volonté de voir survivre le rugby à Rodez.

Tous bénévoles

Le budget de feu-SRA tournait la saison dernière autour des 500 000 euros, il devrait être « divisé par quatre » annonce Stéphane Floirac. Les seules dépenses inchangées étant celles du fonctionnement de l'école de rugby, du pôle jeunes et de l'équipe féminine.

D'ailleurs, le président est clair, tous ceux qui participent au projet sont bénévoles : « dirigeants, joueurs, coachs ... : il n'y aura aucun salarié au Rodez Rugby. Ces derniers temps, on parlait plus des problèmes financiers que du jeu, on veut inverser la tendance et rebâtir un club axé sur les jeunes . »

Ironie de l'histoire, le Rodez Rugby ne peut rien récupérer des équipements du SRA : « Tout sera vendu aux enchères, explique Stéphane Floirac. On vient de passer commande pour les nouveaux jeux de maillots, on espère tout recevoir avant le début de saison ». Le club pourra en tout cas compter sur de nombreux bénévoles : « une cinquantaine de personnes s'est d'ores et déjà portée volontaire ! ».

Un club à ouvrir

Rester humble : c'est la volonté affichée par la nouvelle équipe dirigeante du Rodez Rugby, qui entend poser les bases d'un nouveau projet sportif et pérenniser le club. Si le Comité Directeur est aujourd'hui restreint à quatre personnes, le président espère pouvoir l'élargir rapidement :

On organisera une Assemblée Générale extraordinaire en décembre lors de laquelle on démissionnera symboliquement pour élire un nouveau bureau avec une quinzaine de personnes. Nous on est là pour lancer la machine mais on n'hésitera pas à laisser la place par la suite.

Y compris à des anciens du SRA : « toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Je tire d'alleurs mon coup de chapeau à l'ancien président du SRA, Jean-Paul Barriac et son équipe, qui se sont battus pour le sauver. Je le répète : il n'y a eu aucune malversation ou enrichissement personnel de qui que ce soit donc il n'y a aucun problème pour travailler ensemble. L'objectif reste le même : faire que le club fonctionne. A nous d'être prudents ! ».

Un projet sur 3 à 5 ans

Stéphane Floirac l'a bien compris, la structuration d'un club de 280 licenciés demande énormément de travail : « il faut y être à 100 %. On donne beaucoup cet été mais après il faudra partager les tâches ». C'est dans cet optique que le quatuor du Comité Directeur peut s'appuyer sur deux autres hommes forts de l'ancien club du piton...

Vincent-Favre Trosson d'abord, joueur emblèmatique du SRA qui, à 32 ans, a préféré refuser des propositions de Fédérale 1 pour s'investir à Rodez : « il va jouer en équipe sénior et il va entraîner en cadets/juniors mais il prépare surtout sa reconversion professionnelle en s'investissant dans l'organisation du club ». Idem pour Jonathan Châtelain, qui s'occupe de la soixantaine de féminines et participe grandement à la construction du nouveau projet : « à terme, on voudrait que lui et Vincent soient salariés du club, pour gérer l'aspect administratif et sportif, en complément de ce que fait le bureau ».

Une vision à moyen terme que précise le président :

On n'est pas là pour 20 ans. On veut juste créer un ADN au club, mettre en place un schéma construit avec les partenaires, les bénévoles, les joueurs... C'est une projection à 3 ou 5 ans sans prétention.

La formation au coeur du projet

Un discours de continuité qui passe par la refonte du fonctionnement sportif et l'accentuation des efforts en direction des plus jeunes. Comme au SRA, c'est Christophe Storaï qui aura en charge l'école de rugby. Il pourra compter sur une dizaine d'éducateurs. « On ne s'attend pas à une érosion des effectifs de licenciés, rassure Stéphane Floirac, on a organisé une réunion avec les parents qui a rassemblé 150 personnes en plein été. On est confiant et content de voir que beaucoup veulent s'investir avec nous ».

Pour le reste, c'est Jérôme Broseta, ancien coach du SRA et du Lévezou Ségala Aveyron (Fédérale 2), qui est nommé entraineur principal du Rodez Rugby et qui prend la tête du staff sportif. Il a été choisi pour son expérience locale et pour son implication auprès des jeunes, comme le démontre Stéphane Floirac avec cette anecdote : « Il entrainait l'année de la montée en Fédérale 3 et n'a pas hésité à faire jouer des juniors pour le match décisif ! ».

Si Jérôme Broseta aura en charge l'équipe 1, il aura aussi pour tâche d'organiser le projet sportif des cadets et juniors :

On veut créer une continuité entre le pôle jeunes et les séniors. L'idée, c'est que d'ici 5 ans, on ait plus de 30 % de notre équipe première issu de notre formation.

Concrêtement, les équipes cadets et juniors n'auront pas d'entraineur attitré mais des spécialistes qui interviendront à la carte sur les différents effectifs, parmi lesquels Vincent Favre-Trosson, Ruan Lamprecht (30 ans, ex-joueur sud-africain du SRA) et Sofian Saïd (28 ans, ex-pilier du SRA stoppé par une blessure aux cervicales). Au total, 8 personnes vont intervenir sur les groupes séniors, cadets et juniors.

Les anciens de retour

Si le club veut miser sur les jeunes, il n'oublie pas néanmoins son équipe première, qui évoluera en Promotion d'Honneur dès le 15 septembre. Quatre divisions d'écart avec la Fédérale 1 et forcément très peu de rescapés : « on ne peut pas leur en vouloir, explique Stéphane Floirac, même au-delà de l'aspect financier ; ce sont des joueurs pros qui ont besoin d'un certain niveau d'opposition que ne leur offre pas la PH ».

Il a donc fallu faire appels aux anciens :

On a un effectif de 40 séniors, dont la moitié a arrêté le rugby depuis plusieurs années ou est jeune retraité ... Ils se connaissent pour la plupart et viennent avec de bons souvenirs. Ils bossent tous et veulent surtout se faire plaisir. Il y a beaucoup de convivialité ! Ils ont entre 30 et 38 ans mais ont un esprit de gamins !

Les séniors retrouvent le chemin de l'entraînement lundi 12 août au Trauc, les féminines ont elles déjà repris à Vabre. 



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