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« Depuis le 1er juillet, on peut prendre le train du quotidien à 1 euro le trajet en Occitanie », indique Jacky Tello. - ©ADN12

Par Benoît Garret
Le 01 novembre 2018

Dans un contexte où les prix des carburants flambent, où les « mobilités » sont repensées pour favoriser de nouveaux usages, tout en s’intégrant dans le développement durable, le Sud-Aveyron a une carte à jouer en y associant le rail. Revue de détail avec Jacky Tello, un fin connaisseur du réseau ferroviaire en Occitanie et notamment des trains « Aubrac » et « Cevenol ».

Il est venu à St-Rome-de-Cernon… en train, évidemment ! Samedi 27 octobre, Jacky Tello, président du comité pluraliste de réhabilitation, de défense et de promotion de la ligne SNCF Béziers-Millau-Neussargues-Clermont-Ferrand-Paris, retraité SNCF et ex-conducteur de train à Béziers, a animé une assemblée générale exceptionnelle pour apporter des nouvelles plutôt positives. Si le combat entamé en 1995 par le comité pluraliste « pour montrer l’utilité du réseau ferroviaire dans le Massif central » a été parfois raillé, il apparaît que 23 ans plus tard, il colle parfaitement aux plans de « mobilité » échafaudés par les exécutifs de la Région Occitanie ou encore du Parc naturel régional des Grands Causses.

Il y a une volonté forte de la Région Occitanie de promouvoir le ferroviaire en faisant confiance à l’opérateur historique SNCF. Et l’Aveyron a un rôle stratégique à y jouer.

Jacky Tello précise : « Dès aujourd’hui, le Sud-Aveyron est ancré au réseau à grande vitesse. Encore faut-il savoir que depuis le 1er juillet on peut prendre le train du quotidien (TER) à 1 euro le trajet, ce qui est plutôt une bonne nouvelle avec l’augmentation des prix de l’essence et des parkings !Ainsi, depuis Montpaon (commune de Fondamente), Tournemire, St-Rome-de-Cernon, St-Georges-de-Luzençon ou encore Millau, les voyageurs peuvent se rendre pour 1 euro en gare de Béziers. De là, ils peuvent prendre le TGV pour Paris, rejoindre Toulouse ou encore Barcelone. Béziers est en train de redevenir un nœud ferroviaire et tout cela va dans le sens d’un bon maillage sur le territoire et amène à repenser le système des transports dans le cadre du développement durable, du multimodal (plusieurs moyens de transport combinés, comme la voiture, le train et les transports en commun par exemple), sans oublier l’aspect touristique avec les trains du quotidien. »

« Paris à moins de 6 h de Millau »

« Aujourd’hui, chaque jour, il y a plus de trois allers et retours de train entre Millau et Béziers », ajoute l’ex-conducteur de train. « Et, depuis Millau, vous êtes à Paris en moins de 6 h, c’est un avantage énorme qu’il faut exploiter. Au comité pluraliste, nous avons donc fait des propositions à la Région Occitanie et à SNCF mobilités. Il s’agit d’avoir deux types de trains : certains s’arrêteraient partout, ce qui implique au total 3 minutes de temps compté par arrêt ; d’autres s’arrêteraient peu ou pas pour rejoindre plus vite Béziers pour prendre le TGV, soit un gain de 15 à 20 minutes. »

Du côté du tourisme, des pistes sont également étudiées :

Nous ferons en sorte que la proposition faite par les élus du Sud-Aveyron de pouvoir se rendre à la station du Lioran en train depuis Tournemire, St-Rome-de-Cernon… puisse se faire dès 2019. Cela fait aussi partie de l’utilité sociale du train en permettant à des familles d’aller au ski et à la montagne.

« Séverac pourrait redevenir un vrai nœud ferroviaire »

Dans les récentes annonces de la Région Occitanie (dans « Le Progrès » du 25 octobre), à savoir la prolongation des trains d’équilibre du territoire Aubrac (ligne des Causses, Béziers-Neussargues-Clermont) et Cévenol (lignes des Cévennes, Clermont-Ferrand-Nîmes) et le maintien du Cerbère (Toulouse-Cerbère-Port Bou), le mot « expérimentation » est souvent employé. Ce qui fait réagir Jacky Tello :

En 2018, sur l’Aubrac, il n’y a eu aucun effort de la part de la SNCF pour remplir les conditions d’une expérimentation positive avec des tempos de travaux catastrophiques car réalisés en pleine période estivale, avec l’emploi de matériel non adapté pour l’acheminement…

Et de prendre enfin l’exemple de Séverac qui pourrait « redevenir un vrai nœud ferroviaire » : « C’est une des priorités de la Région et il faut faire des travaux pour que Séverac soit correctement rattaché à Rodez par le rail. La facture de SNCF réseau est passée de 30 à 100 millions d’euros. La SNCF surfacture pour rendre impossible l’engagement de la Région. La question est de savoir si ces rails seront en or. Cette somme à trois millions près, c’est ce qu’il faudrait pour rénover la voie entièrement de Béziers à Neussargues (270 km). » 

Enclencher les expérimentations

« Aujourd’hui, lors de cette assemblée générale exceptionnelle, il s’agissait de mettre en avant les points positifs obtenus », ajoute Jacky Tello, peu avant de reprendre le train de 13 h 45 pour Béziers. « Le train de nuit Paris-Rodez est acquis. Les engagements sur l’Aubrac et le Cévenol sont respectés. Et derrière tout cela, il y a des conséquences énormes. Ainsi, l’entreprise Arcelor mital, installée à St-Chély-d’Apcher (Lozère), s’est engagée jusqu’en 2025 à se servir de la desserte ferroviaire pour rallier son second site à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Et il y a aussi tous les usages pour les scolaires du Sud vers la Lozère, de la Lozère vers le Cantal. Aujourd’hui, nous sommes en train d’assurer la pérennité de la ligne Aubrac et la question de sa fermeture ne se pose plus. Alors mettons en œuvre les expérimentations ! »

« On mène un combat d’avenir »

Le comité pluraliste a convenu de mener rapidement trois chantiers : « La rédaction d’un manifeste pour un service public ferroviaire de qualité dans le Massif central avec des propositions concrètes en terme de transport de voyageurs et de marchandises, lequel serait soumis à l’approbation des différents conseils municipaux, généraux, régionaux ; une votation citoyenne de Béziers à Clermont-Ferrand ; un grand rassemblement à Séverac-le-Château à la fin du premier trimestre 2019 pour insister sur l’utilité de ce nœud ferroviaire tant pour les voyageurs que pour le fret. Si on rouvre Séverac-Rodez, il deviendra un maillon stratégique dans l’axe Mende-Toulouse. On mène un combat d’avenir. »

Où prendre le train du quotidien en Sud-Aveyron ?

Les Sud-Aveyronnais peuvent prendre le train du quotidien, à 1 euro le trajet, à Montpaon (commune de Fondamente), Tournemire, St-Rome-de-Cernon, St-Georges-de-Luzençon, Millau, Ceilhes-Roqueredonde… pour se rendre à Béziers, via Le Bousquet-d’Orb et Bédarieux. Arrivés à Béziers, les voyageurs pourront prendre le TGV pour Paris ou partir en direction de Toulouse ou encore de Barcelone.

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Commentaires

Rene

Le 01 novembre 2018 à 19h49
C’est bien le train, et ça pollue pas suivant les préceptes de la pensée unique ! J’étais au passage à niveau à naucelle le rodez Toulouse est passé avec 6 personnes à bord. 100 tonnes tirées par un diesel fumant de plus de 20 ans, le bilan carbone doit être plus que déplorable, mais il ne faut pas le dire, ça contrevient aux idées reçues du lobby ecolo de gauche

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el davis

Le 01 novembre 2018 à 21h50
Mouais, justification moyenne. ça fait un petit moment qu'aucun autorail de plus de 20 ans fumant ne passe par cette ligne. Plus de x2100 depuis fin 2015 (remotorisés qui plus est), plus de x72500 (qui pour les plus vieux affichent 20 ans cette année) courant 2017... Je me demande bien ce que vous avez pu voir passer à Naucelle...

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el davis

Le 01 novembre 2018 à 21h51
radiation des x72500 en Occitanie http://degareenligne.canalblog.com/archives/2017/10/09/35753630.html

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Le 02 novembre 2018 à 09h43
Sauf que René oubli qu’un train quasi vide dans un sens assure un train plein dans l’autre sens, au retour Supprimer un train vide c’est supprimer un train plein Autant supprimer la desserte ferroviaire et dépenser encore plus d’argent dans la route

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ALZIAR Gabriel

Le 02 novembre 2018 à 22h18
Lors du sondage effectué par la région Midi-Pyrénées à l'époque, j'avais suggéré de relier Rodez à Montpellier (et de là vers Marseille et Nice) par des directs ou semi-directs via Séverac, Millau, Bédarieux et Béziers, ce qui évite un long détour par Toulouse. Le matériel roulant mixte (électrique et diesel) existe ; il reste le point noir, à savoir la remise à des normes convenables de la section Rodez-Séverac.

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ANDREA

Le 08 novembre 2018 à 21h13
le rail a de l'avenir la promotion à un euro c'est très bien par contre il faudrait que les grands pontes de la maison SNCF changent de mentalité de destructeurs ! Ou il faudra passer par des sociétés privées pour remettre les lignes ferroviaires abandonnées!

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Proulx Michel

Le 13 novembre 2018 à 21h46
Je dirais plutôt des sociétés publiques, départementales ou régionales. Depuis les privatisations, il n'y a plus un seul train à l'heure en Allemagne.

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