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La reconstitution faciale par le lociciel. - © Florent Comte LaScArBx UMB.

Par Aveyron Digital News
Le 04 août 2019

En 2017, l’effondrement d’une souche d’arbre sur le site de la Granède a mis au jour un crâne humain. Interpellés par cette découverte inhabituelle à plusieurs titres, les chercheurs ont entrepris des expertises scientifiques jusqu’à la reconstitution faciale du crâne humain.

Pendant les journées de l’Antique à la Graufesenque, Antony Colombo, éminent anthropologue et archéologue a donné une conférence intitulée "Entre science et Arts : comment redonner vie aux occupants de la Granède pour qu'ils nous racontent leur histoire".

Il l'a présenté à la presse vendredi en compagnie de Christophe Saint-Pierre qui, pour l’occasion avait troqué sa casquette de maire de Millau contre celle, chère à son cœur, d’archéologue. Tous deux ont raconté la fabuleuse histoire du crâne de la Granède, de sa découverte à sa reconstitution faciale.

La découverte

Le crâne a été trouvé sur le site de la Granède dans le mur d’une église mise au jour par des fouilles plusieurs années auparavant.

Ce qui a interrogé les archéologues, c’est son statut particulier : il est d’une part à la jonction de deux états du bâtiment (deux époques de construction) et c’est le seul à avoir été découvert isolé, la plupart des os étant rassemblés en « fagots ».

De ce statut particulier est née une démarche particulière pour découvrir qui était l’inconnu de la Granède et lui redonner vie.

Les recherches scientifiques

Antony Colombo détaille le processus scientifique qui a permis de donner un âge, un sexe, une origine et d’autres précisions importantes sur cet individu et le milieu dans lequel il vivait.

La datation au carbone 14 lui prête vie à la fin du Xe siècle.

Une analyse anthropologique classique a permis de déterminer qu’il s’agissait d’un crâne d’enfant.

Les analyses scientifiques.Les analyses scientifiques.

C’est l’analyse génétique faite à partir d’ADN prélevé dans le « massif pétreux » du crâne qui peut apporter davantage de précisions générales, comme son sexe, ses origines géographiques, son phénotype…

Grâce à ces analyses nous avons pu déterminer avec certitude que le crâne était celui d’une petite fille d’environ 9 ans et demi qui vivait dans les environs, ce qui exclut que sa position dans l’église soit liée à son origine étrangère.

La reconstitution faciale

À partir d’un scanner du crâne et avec un logiciel qui permet une reconstitution 3D approximative, c’est Florent Comte qui a réalisé le texturage du visage. La proposition vestimentaire a été faite selon des représentations et le croisement de plusieurs tombes de la même époque.

Ainsi est née pour la deuxième fois « Adèle », petite fille de l’Antiquité.

Le fil conducteur

L’histoire des sites de la Granède et de la Graufesenque sera elle aussi petit à petit mise au jour. Christophe Saint-Pierre explique avoir voulu donner un rôle particulier à cet enfant « pour personnifier l’histoire du site ».

Adèle servira de fil conducteur dans la médiation culturelle du site. On ne sait pas encore sous quelle forme, mais elle aura une place essentielle dans la découverte du site par le public.

Même si ces restitutions restent des propositions invérifiables, elles sont tout à fait cohérentes et vérifiées scientifiquement, elles apportent des réponses aux chercheurs qui continuent d’avancer dans l’histoire.



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