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Le Creo 12 et les élus se sont réunis, ce vendredi 19 juillet, afin de - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 19 juillet 2019

À l’occasion de l’Estivada, le Centre régional de l’enseignement de l’occitan de l’Aveyron a tenu à dresser un état des lieux de cette langue régionale. Et en a profité pour solliciter les élus à signer un manifeste pour l’avenir de l’occitan.

89 élus aveyronnais (sénateurs, députés, maires, conseillers départementaux ou régionaux…) ont signé un manifeste pour l’avenir de l’occitan. Alors que le festival de l’Estivada se tient actuellement, le Centre régional de l’enseignement de l’occitan (Creo12) en a profité pour mobiliser les élus. « C’est un lieu de fierté, d’expression et de démonstration où l’attachement à l’occitan est présent », précise Gauthier Couffin, vice-président du Creo12. Actuellement en Aveyron, ce sont plus de 4 500 enfants qui sont sensibilisés à la lenga nòstra.

Un avenir préoccupant

Mais face aux inquiétudes concernant l’avenir de cette langue, jugé préoccupant par l’Unesco, le Creo a décidé d’agir par le biais de ce manifeste. « Et si aujourd’hui, les élus s’engagent, c’est que la situation est compliquée », indique Gauthier Couffin, qui attend des retours d’autres élus du département. 

La réforme Blanquer a notamment été évoquée. Certains y voient des possibilités nouvelles pour l’enseignement de l’occitan mais s’inquiètent que le pouvoir de décisions appartienne aux décideurs locaux. Car si les élèves pourront choisir le choix de langue vivante 2, peu de lycées de l’académie de Toulouse propose la langue d’Oc. Le choix de l’occitan sera donc « freiné voire impossible » indique-t-on du côté du Creo.

De plus, les militants craignent « une mise en concurrence entre les langues », confie Marie-Jeanne Verny, co-secrétaire de la Fédération des enseignants de la langue et culture d’Oc (Felco), qui rappelle que la langue occitane ne possède qu’un coefficient 1, faible par rapport aux autres disciplines linguistiques. 

Pas de langue, pas de culture

Pour Marie-Claude Carlin, adjointe à la mairie de Rodez, « tout passe par l’éducation ». Avant de juger responsable l’Éducation nationale dans la perte d’usage de l’occitan. « La langue régionale fait partie de nos racines. Sans elle, c’est la culture qui est bancale. » Alors que Sarah Vidal, adjointe en charge de la Culture, rappelle que les élèves qui se lancent dans l’apprentissage de l’occitan appréhendent mieux les autres langues étrangères.

Plus d’occitan au collège d’Onet-le-Château

L’autre point d’inquiétude concerne la décision de ne plus consacrer une enveloppe de moyens spécifiques à l’enseignement de l’occitan. Une dotation qui se trouve versée dans l’enveloppe commune attribuée aux établissements en fonction du nombre de classes et d’élèves. Les chefs d’établissements peuvent donc décider d’octroyer plus de moyens sur d’autres disciplines. Le Creo12 prévient que dès la rentrée prochaine, au collège d’Onet-le-Château, il n’y aura plus d’enseignement optionnel d’occitan. Des regroupements de niveaux seront effectués, y compris dans les sections bilingues et l’enseignement optionnel sera fragilisé dans les lycées de Villefranche-de-Rouergue, Decazeville et les collèges de Rodez (Fabre) et Cransac. « C’est un combat où nous ne pouvons pas nous passer du soutien des élus », précise Brunon Duranton, président du Creo12.



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