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Antonin Théron, né sans son avant-bras droit, est équipé d’une prothèse spéciale adaptée à son vélo de route. - © DR

Par Audrey Barat
Le 14 juillet 2019

Le jeune cycliste saint-affricain Antonin Théron a participé au championnat de France de vélo de route handisport à Landaul, en Bretagne, samedi 22 et dimanche 23 juin. Une première expérience qui le met sur les rails de son rêve, participer aux jeux paralympiques de 2024.

Il est arrivé à Landaul avec sa mère, ses frères et ses grands-parents, en Bretagne, la veille de la course « pour faire la reconnaissance du parcours, une boucle de 4,7 km ».

Le lendemain, place à la première épreuve, une course en ligne où l’objectif était de parcourir 15 fois la boucle, soit 70,5 km. « La course s’arrête quand le premier coureur a fait les 15 tours. Le classement se fait sur la distance parcourue. J’ai terminé 8e sur 12 coureurs dans ma catégorie, avec 66 km au compteur. »

Une performance qu’Antonin juge « décevante », mais que quelques éléments de contexte permettent de relativiser… « J’étais le plus jeune de la course (15 ans, NDLR). Parce qu’en compétition handisport, on ne court pas avec des personnes de notre âge, mais avec des personnes qui ont un handicap de même niveau ». Résultat, ses adversaires avaient pour la plupart « entre 19 ans et 30 ans, avec des capacités physiques et une expérience plus importantes », finit par admettre Antonin. Sans compter la chute de certains coureurs qui lui a mis des bâtons dans les roues. « J’ai dû ralentir, mettre le pied à terre. Ça m’a fait perdre le peloton. J’ai tout donné pour le rattraper, et j’étais cuit pour le sprint final », regrette le cycliste.

Après une bonne nuit de récupération, « dans le camping-car de ses grands-parents », place à la course contre la montre le dimanche. « Là, tu es seul face à toi-même. » Antonin parcourt les 4 boucles en 30 minutes. Un résultat « plus satisfaisant que la veille, parce que le vainqueur a certes fini la course en 24 minutes, mais très loin devant le deuxième à 27’30. Les résultats des suivants ont été très serrés. »

Du sport et des rencontres

Derrière les performances sportives et le plaisir de se dépasser, Antonin Théron revient de ce week-end riche de belles rencontres : « J’ai fait la connaissance de Paul Servières et de David Calmon. Ils sont tous les deux aveyronnais. J’avais entendu parler d’eux, parce qu’ils ont des bons résultats (ces deux coureurs ont décroché le titre de champion de France de course en ligne dans leur catégorie respective, samedi 22 juin NDLR). Mais on ne se connaissait pas, et on ne savait pas qu’on serait plusieurs du département à faire le déplacement. » Les trois coureurs se sont reconnus « grâce au “12” écrit sur le t-shirt de ma mère », s’amuse Antonin.

« Viser la lune »

Antonin Théron a donné un coup d’accélérateur à son intérêt pour le vélo il y a cinq ans. Il s’inscrit au Vélo-club de la Sorgues, où il s’adonne sans relâche au VTT :

Un sport attractif parce que tu es dans la nature, on monte, on fait des sauts, il y a des cailloux.

Puis il y a tout juste un an, Antonin se met au vélo de route. Avec l’ambition affichée de rouler à la poursuite de son rêve :

Les Jeux paralympiques de 2024, où le VTT est absent.

Alors Antonin s’adapte et voit loin :

Il faut avoir des objectifs, parce qu’en visant la lune, même si on se plante, on atterrit dans les étoiles.

Il découvre les spécificités de sa nouvelle discipline: « Contrairement au VTT, avec le vélo de route, ce n’est pas forcément le meilleur, le plus fort, le plus rapide qui gagne. C’est le plus stratège, celui qui sait gérer sa course pour avoir les jambes pour le sprint. »

Une nouvelle passion qui l’a déjà conduit à avaler 1.400 km de route depuis le début de l’année, bien souvent accompagné de ses trois copains, Quentin Fallières, Maxance de Tremerie, et Victor Carrière. « On va souvent du côté de Montaigut parce que c’est joli. Jeudi 27 juin, on a vu le lever de soleil, c’était beau. Puis on est redescendu sur Montlaur, et retour par Moulin-Neuf. Avant de finir la journée à la Gravière et à la piscine ».

Quand on écoute Antonin Théron parler de sa passion, il est un signe qui ne trompe pas : un regard qui pétille, et une joie de vivre contagieuse. « Si tu ne te fais pas plaisir, tu ne peux pas avancer dans la vie. » Une philosophie de vie qui semble lui réussir.

Avec le Vélo-club de la Sorgues, Antonin Théron se donne les moyens de réussir

Cette année, j’avais quatre objectifs majeurs : le championnat de France de VTT, la course du Rial, La Bartassade, et le championnat de France de vélo de route.

Pour mettre toutes les chances de son côté, Antonin suit un entraînement rigoureux, mis au point par un étudiant de Master 2 en stage au club de la Vallée de la Sorgues, Thibaut Carboneill. 5 séances d’une heure de vélo chez lui, sur son « home trainer », et une séance de renforcement musculaire chaque semaine. Sans compter les virées sur les routes du Saint-Affricain avec ses copains.

Et les résultats sont là : il gagne la course du Rial, La Bartassade, finit 3e à la course des Combelles à Rodez, et 6e au championnat de France VTT Ufolep. Grâce à son club qui  s’est affilié à la Fédération françaie handisport (FFH), Antonin a pu participer à sa première compétition handisport à Landaul en Bretagne, samedi 22 et dimanche 23 juin. Il se frotte alors à des adversaires plus âgés et expérimentés que lui. Sur 12 coureurs, il se classe 8e de sa catégorie sur l’épreuve de course en ligne, et 5e au contre la montre.

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