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Au collège Foch, une cinquantaine d’élèves ont participé au groupe de paroles durant l’année scolaire 2018-2019.

Par Benoît Garret
Le 04 juillet 2019

Poser des mots sur les maux des collégiens. Au-delà de la formule, un travail de fond et de longue haleine est nécessaire pour parvenir à libérer la parole. C’est ce que fait le groupe « Paroles de collégiens » depuis plus de 10 ans. Les élèves de « Foch » racontent.

Pas toujours facile la vie de collégiens. Les repères changent. Le corps évolue. L’établissement est plus grand. Et les nouveaux camarades ne sont pas toujours très tendres… mais s’en rendent-ils compte ?

Durant toute l’année scolaire au collège Foch à Saint-Affrique, le groupe « Paroles de collégiens » – encadré par l’assistante-sociale Anne-Marie Deblois-Bryant, l’infirmière scolaire Marie-André Cazottes et l’assistant d’éducation Radouane M’Rabet – s’est réuni tous les vendredis de 12 h 45 à 13 h 30.

Une cinquantaine d’élèves de 6e et 5e sont venus s’exprimer.

Thème phare abordé cette année : le harcèlement. Notion bien définie par le groupe comme étant « une ou plusieurs actions répétées sur une même personne ». Pour Maëlle, « cela peut être par exemple quand on se fait sans cesse rejeter par les autres ».

« Un sujet à ne pas prendre à la légère », souligne Lucie. « Parce que ça peut vite dégénérer. » « Ça peut aller jusqu’au suicide », poursuit Dune. « Et il faut faire comprendre aux harceleurs la gravité de leurs actes. »

Une affiche pour témoigner et faire réfléchir

Si les harcèlements ne sont heureusement pas si fréquents au collège Foch, les élèves ont eu à cœur d’en parler. « Pour cela, nous avons fait des jeux, mis en place des dialogues et joué des scènes de théâtre », souligne Elisabeth. Une affiche a aussi été réalisée avec des poings qui représentent les harceleurs, des mains qui veulent dire stop, des singes qui signifient les témoins… et de nombreuses questions et interpellations.

A l’attention des « harceleurs : « Pourquoi tu fais ça ? » ; « Mets-toi à sa place ? » ; « Harceler ne résout rien »… Des victimes : « Ne pas dire, c’est ma faute… j’ai mérité ça… » ; « Ça ne sert à rien d’aller le dire, ça va me retomber dessus »… Des singes : « Et toi qui a entendu, qui a vu, quand est-ce que tu en parles ? »… Et d’autres observateurs actifs qui pourraient dire : « Tu ne mérites pas ça ! » ; « On n’a pas le droit de te faire ça ! » ; « Tu as le droit de te faire respecter et aider. »

Pour Jérémy, « le harceleur est peut-être une personne qui a elle-même subi des harcèlements » et « il se sent supérieur aux autres ».

Souvent, le harceleur s’en prend au plus faible. Peut-être qu’il ne se sent pas bien chez lui ? 

Lucie ajoute que les « dossiers » avec « des photos où on n’est pas à son avantage » participent aussi d’une forme de harcèlement lorsqu’ils sont postés sur les réseaux sociaux. « Ce qui conduit aux moqueries » renchérit Jérémy.

« Ça m’a aidée à avoir plus de confiance en moi »

Autour de la table, lors du bilan, vendredi 22 juin, les collégiens indiquent ce qu’ils ont retiré du groupe de paroles. « Ça m’a aidée à avoir plus de confiance en moi », indique Kéziah. « Cela m’a fait comprendre ce que pouvait ressentir un harcelé », confie Dune. D’autres sont heureux d’avoir pu exprimer leurs sentiments, autre thème abordé lors des rencontres (lire ci-dessous).

A présent, l’affiche réalisée va faire le tour des classes pour y être présentée aux autres élèves avant qu’elle ne soit installée de façon visible dans l’établissement.

« Depuis 10 ans, ce groupe vit bien », avance Sandra Conte-Dulong, proviseure de la cité scolaire Jean-Jaurès, qui comprend le collège Foch. 

Grace à des moyens d’encadrement stable, “Paroles de collégiens” aide les élèves à s’exprimer et à toucher du doigt certains points qui font mal. Le groupe permet d’aborder tous les petits maux de la vie parfois difficiles à pointer et la parole est libre. 

A présent, il faut espérer que le bouche-à-oreille fonctionnera… que les élèves de « Paroles de collégiens » élargiront le cercle pour qu’un maximum d’élèves puissent s’exprimer.

En attendant, les collégiens ont déjà des idées de thèmes à aborder l’an prochain : « la popularité » ; « la différence » ; « comment réagir face aux blagues des autres ? » ; « travailler sur les réseaux sociaux »… Le débat est déjà ouvert… et la parole libérée.



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