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Une délégation de salariés des ADMR et UMM Force Ouvrière envisage de nouvelles actions. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 20 juin 2019

Les salariés de l’aide à domicile de l’ADMR et de l’UMM de l’Aveyron sont épuisés. Une délégation de Force Ouvrière a lancé une pétition et mené des actions sur les marchés de Marcillac, Millau et Villefranche-de-Rouergue pour alerter sur leur situation. Elles ont recueilli 1 500 signatures.

Dans les locaux de Force Ouvrière, à Rodez, quatre auxiliaires de vie étaient présentes ce jeudi 20 juin pour faire entendre leurs revendications. À savoir, une revalorisation salariale, une revalorisation des indemnités kilométriques mais surtout de meilleures conditions de travail.

Si elles sont satisfaites du retour qu’elles ont eu sur les marchés de Marcillac, Villefranche-de-Rouergue et Millau en présentant une pétition (1 500 signataires) à la population afin d’alerter sur leurs conditions, elles regrettent « l’absence au sens large des politiques ». En mai 2018, au sein d'une structure d'aide à domicile de l'Aveyron, on dénombrait 45 jours d’arrêt de travail contre 116 cette année, à même époque.

De nouvelles actions

Les salariés dénoncent notamment le manque de temps pour s’occuper des bénéficiaires. « C’est un stress pour nous comme pour eux », précise une auxiliaire. « On est censé les aider à faire ce qu’ils ne peulent plus faire et les laisser gérer les tâches qu’ils peuvent encore effectuer. Sauf que nous sommes contraints à tout faire par manque de temps », ajoute une autre.

Alors, pour se faire entendre, elles envisagent d’autres actions prochainement à Decazeville et Capdenac, similaires à celles qu’elles ont menées auparavant. Des actions qui pourront « conduire à une grève » si les revendications ne sont pas entendues.

Un temps limité par bénéficiaire

Force Ouvrière va également solliciter un rendez-vous avec le président du conseil départemental pour revoir les fonctionnements. Notamment ceux des assistantes sociales du département qui évaluent le temps nécessaire par bénéficiaire sous forme d’un classement en fonction de l’autonomie de la personne. « Sauf que ce plan d’aide est réévalué tous les deux ans. Et certains patients ont des pathologies qui évoluent rapidement et ont besoin de plus d’aides. On ne comprend pas pourquoi on ne nous demande pas notre avis alors que nous sommes les personnes qui sont le plus souvent en contact avec eux », expriment les salariées qui, lorsqu’elles se déplacent sur le terrain, ont donc un temps limité par bénéficiaire. « Mais comme nous avons une part d’humanité, nous restons plus longtemps sauf que ça décale toute la journée et nous finissons par faire du bénévolat. »

Elles dénoncent également l’indemnité kilométrique qui n’a pas été réévalué depuis une dizaine d’années et qui s’élève à 0,35 centimes par kilomètre. Mais c’est surtout la différence entre les trajets inscrits par le GPS professionnel et les trajets réels qu’elles pointent du doigt. « On ne nous compte pas les détours ou les ralentissements. Et cela ne respecte pas la convention collective qui précise que le remboursement s’effectue aux frais réels. »

Un ras-le-bol général perceptible des salariés de l’aide à domicile qui s’inquiètent du manque de personnel, des démissions, des arrêts maladies et de voir leur profession proposer des jobs d’été. « Mais nous gardons le sourire de lundi 8 h à vendredi 19 h pour les bénéficiaires. »



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