photos/6265.jpg

« Les nouveaux vitraux inaugurés en mai 2018 participent à la mise en scène de la lumière de l’abbatiale », indique Michel Wolkowitsky.

Par Benoît Garret
Le 11 juin 2019

L’abbaye de Sylvanès, labellisée Centre culturel de rencontre et Grand Site Occitanie, a lancé un ambitieux projet d’aménagement pour renforcer les liens tissés (depuis plus de 40 ans) entre patrimoine cistercien du 12e siècle et activités culturelles, spirituelles et touristiques du 21e siècle. De nouvelles fondations qui marquent aussi un virage pour les acteurs historiques de la renaissance de ce lieu de rencontres.

« C’est mon bâton de maréchal, mon dernier grand projet. » Michel Wolkowitsky, directeur artistique fondateur du centre culturel de rencontre de l’abbaye de Sylvanès et maire de la commune éponyme, porte avec l’association des Amis de l’abbaye un des plus ambitieux projets lancés depuis que ce haut-lieu cistercien est ressorti de l’oubli au milieu des années 70.

En 1975, le Père André Gouzes, un fils du pays, et un groupe d’artistes, dont Michel Wolkowitsky, s’installent dans ce lieu durant un été sur l’invitation du maire de la commune. Ils se lancent dans l’aventure ambitieuse, en milieu rural, d’une restauration complète de l’édifice (qui date de 1151) et de la création d’un Centre culturel et spirituel. Après le lancement du Festival international de musique en 1978, l’installation de l’orgue contemporain (1992-1997), l’inauguration des nouveaux vitraux (en mai 2018), ce projet d’aménagement du site constitue un « nouveau grand virage ».

« Cette idée, ça fait un moment qu’on la nourrit avec André. Et là, elle se concrétise, un petit peu poussée par les exigences de la labellisation de l’abbaye en Centre culturel de rencontre (qui date de mai 2015, NDLR) », indique Michel Wolkowitsky. « Nous devons repenser le projet culturel et également équiper l’abbaye d’infrastructures qui vont lui permettre de jouer pleinement son rôle de centre culturel, avec son rayonnement, son côté emblématique et aussi constituer pour le territoire un projet structurant de développement. »

Un nouveau bâtiment contemporain et semi-enterré

Le réaménagement est piloté par Aveyron ingénierie sur la demande de la Drac Occitanie (Direction régionale des affaires culturelles, service de l’Etat qui dépend du ministère de la Culture, NDLR). « Après des travaux de consolidation, nous allons réorganiser l’abbaye en enlevant toute la partie hôtellerie (lire ci-dessous) », détaille Michel Wolkowistky. Le bâtiment actuellement consacré à l’accueil, l’hébergement et la restauration sera transformé en salles de cours et auditorium de 150 places, équipé de tous les outils du multimédia. « Cela va permettre de pouvoir mieux réaliser non seulement toute la partie formation, mais également des colloques et des mini-séminaires. »

A la limite du parking et de la prairie de l’abbaye, « tout en veillant à respecter les fondations anciennes de l’abbaye » sera construit un bâtiment neuf et semi-enterré. « Il sera fait appel à un concours d’architecte puisque nous sommes sur un site classé. » Ce nouveau module sera dédié à l’accueil des touristes et des stagiaires du centre culturel, avec également un espace librairie, des sanitaires, un espace polyvalent « qui pourra être salle d’exposition, salle de conférence, salle d’activité avec attenant un espace de détente avec une petite cafétéria ».

A l’étage, seront installés des espaces de travail pour l’équipe qui travaille actuellement dans les greniers de l’abbaye. Ce nouveau bâtiment devrait être chauffé avec une chaudière à bois, laquelle pourrait même alimenter d’autres bâtiments communaux.

Projet livré pour l’été 2023 ou Pâques 2024

Construite en 1151, classée monument historique en 1854, l’abbaye de Sylvanès accueille plus de 50.000 visiteurs par an.Construite en 1151, classée monument historique en 1854, l’abbaye de Sylvanès accueille plus de 50.000 visiteurs par an.

« On ne reconstruit pas le cloître, qui sera peut-être suggéré de façon végétale, mais on referme cet espace de l’abbaye pour retrouver un peu l’aspect monastique », souligne Michel Wolkowitky. « Et on referme l’abbaye pour éviter que la prairie soit ouverte à tout vent. »

Les études préliminaires de ce projet dont le coût est évalué à 3 millions d’euros HT (3,6 M€ TTC) sont lancées. Le comité de pilotage s’est déjà réuni à plusieurs reprises. Autour de la table des partenaires, l’Etat donc avec la Drac, le conseil départemental, la Région Occitanie, la communauté de communes Monts Rance et Rougier, le Parc naturel régional des Grands Causses, la commune de Sylvanès. « Et les Amis de l’abbaye de Sylvanès qui apporteront évidemment leur part », ajoute le directeur. « Ce projet d’envergure est perçu à l’unanimité comme un projet fort de développement territorial. Le cahier des charges va permettre de lancer le concours d’architecte. Normalement, si tout va bien, tout sera prêt pour la saison de l’été 2023, ou Pâques 2024. » Les travaux devraient commencer en 2021.

Au-delà des pierres, ce projet englobe également une professionnalisation de l’équipe. « Je suis en train de recruter un administrateur ou une administratrice en lien avec la Drac », indique Michel Wolkowitsky qui a engagé l’indispensable « phase de transmission ».

« Une aventure à poursuivre au-delà des fondateurs »

« Il faut que cette aventure se poursuive au-delà des fondateurs », souligne Michel Wolkowitsky. « Cette phase de transmission est difficile parce que je me retrouve un peu seul à la porter. » Mis sous tutelle en janvier 2018, le père André Gouzes a été placé dans un établissement aveyronnais, spécialisé́ dans l’accueil de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Compte tenu de l’évolution de son état de santé qui nécessite une prise en charge particulière, il a dû quitter les granges de Pessales où il résidait à quelques mètres de l’église orthodoxe.

« Je me fais un point d’honneur, un devoir de transmettre cette aventure parce que ce serait aberrant qu’elle ne vive pas au-delà de nos personnes, André et moi », ajoute Michel Wolkowtisky. « Nous n’avons pas fait ça pour nous, mais pour que ce lieu vive. Qu’à travers ce lieu s’expriment et rayonnent une culture, une vraie culture, une culture humaniste, une culture des valeurs, une culture du beau et une culture de la rencontre. Tous les dialogues sont possibles dans le langage universel de la musique. »



Recevoir notre Newsletter
1234
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !