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Les salariés des « Cheveux d'Ange » veulent travailler « dans de meilleures conditions ». - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 11 juin 2019

« Harcèlement moral, code du travail bafoué, pression de la hiérarchie », les salariés de la résidence mutualiste « Les Cheveux d’Ange » dénoncent des conditions de travail « déplorables », et déposent un préavis de grève reconductible à partir de 7 h, mercredi 12 juin.

C’est presque à l’unanimité que les employés de la maison de retraite des Cheveux d’Ange de Millau ont dénoncé leurs conditions de travail « qui ne cessent de se détériorer depuis des années », malgré les alertes lancées par le personnel.

Tous ont souhaité rester anonymes par « peur de représailles » de la part de leurs supérieurs, et surtout de perdre leur emploi.

Pourtant, le malaise est palpable et le ras-le-bol est général, à tel point qu’un préavis de grève reconductible a été déposé pour mercredi 12 juin à 7 h.

Des conditions de travail devenues « insupportables »

Depuis plusieurs années, les salariés auraient vu leur « qualité de vie au travail se dégrader », au point de devenir aujourd’hui « insupportable » pour la plupart d’entre eux.

Les salariés affirment que le « Code du travail n’est pas respecté », que le système de comptage des heures supplémentaires et des jours de congé est « obscur », que les temps de repos entre deux prises de postes sont « souvent inférieurs à ceux imposés par la législation », et que les plannings sont quelquefois modifiés sans qu’ils en soient avertis.

Certains seraient même « victimes de discrimination » liée à leur appartenance à un syndicat.

Les arrêts de travail se multiplient, des gens sont même en dépression nerveuse, les embauches se succèdent, mais le personnel ne reste pas.

Un dialogue rompu

À plusieurs reprises, ils disent avoir « tenté d’ouvrir le dialogue avec la direction de l’établissement, d’engager des négociations », mais ils assurent se « heurter à un mur et le ton monte très vite ».

Aujourd’hui, ils se disent « dans une impasse », et n’ont eu d’autre choix que d’appeler l’inspection du travail qui devrait rapidement se saisir du dossier.

De son côté, l’union locale de la CGT, alertée par des employés, a demandé des explications à la direction de l’établissement, concernant notamment les comptes-rendus des réunions annuelles appelées N.A.O. (Négociations Annuelles Obligatoires) que les employeurs sont tenus d’engager au moins une fois par an, pour négocier par exemple le temps de travail ou les salaires.

Patrick Mangin, le représentant local de la CGT, a constaté que ces réunions n’avaient jamais eu lieu pendant des années.

Il n’y en a eu qu’une seule cette année qui n’a pas abouti, on a le sentiment que les syndicats n’ont pas la parole dans cet établissement et que le personnel est vraiment en souffrance.

Des « revendications raisonnables »

Nous voulons que l’établissement se porte bien et que le personnel soit respecté, nous ne demandons pas plus.

Les salariés disent ne pas faire grève « pour le plaisir », mais bien pour être « entendus et considérés ».

Les résidents finissent par être impactés dans leur vie quotidienne, parce que nous n’avons pas le temps ou pas l’énergie de nous occuper d’eux correctement, pourtant nous aimons vraiment notre métier et avons à cœur de le faire correctement.

Contactée à ce sujet, la direction des cheveux d’ange affirme « ne pas être en mesure de communiquer sur le sujet »…



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