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L'affaire a été jugée en comparution immédiate, ce vendredi 7 juin. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 07 juin 2019

Un père de famille de 40 ans comparaissait, ce vendredi 7 juin, devant le tribunal de Rodez pour des faits incestueux commis sur sa fille aînée de 12 ans. Une audience qui a donné « la nausée » à l’avocate de la partie civile.

L’ambiance était pesante, ce vendredi 7 juin, au sein de la salle d’audience du tribunal de Rodez. Un homme de 40 ans faisait l’objet d’une comparution immédiate pour des faits qualifiés  « d’agression sexuelle incestueuse ».

C’est la jeune fille de 12 ans qui a pris son courage à deux mains pour alerter de la situation qu’elle vivait. Alors qu’elle se trouvait dans le salon de la maison familiale, elle a demandé à son père et devant sa mère, d’avouer ses agressions. La représentante légale de la jeune fille, qui vivait avec son compagnon depuis vingt ans, a demandé à ce dernier de quitter le domicile sur-le-champ après qu’il a avoué les faits.

Des agressions à cinq reprises

Les faits ont débuté au mois de décembre 2018 et durant trois mois, cet homme de 40 ans a eu la main baladeuse, à au moins cinq reprises, sur sa fille de 12 ans. D’abord sur les vêtements, sur la poitrine avant de passer en dessous et de descendre au niveau des parties intimes. Dont une fois, sur le canapé, en présence de la mère qui ne s’est rendu compte de rien. S’il a demandé à sa compagne de ne pas porter plainte, cette dernière, après lui avoir demandé de s’éloigner encore plus en quittant la région, ne l’a pas écouté.

Lui s’est rendu à Cherbourg où il a été convoqué au commissariat de Saint-Lô pour être entendu. Il a reconnu les faits.

« Des pulsions »

Ce père de famille, qui a également deux autres enfants de 8 et 6 ans, explique avoir eu « des pulsions » après avoir effectué des câlins avec sa fille. Une enfant avec laquelle il explique pourtant avoir une « relation conflictuelle ». Mais « les formes de ma fille ont pu me perturber ». À la barre, le sentiment de honte le gagne : « Je regrette. Ce n’est pas digne d’un père. Je demande de l’aide, je demande une hospitalisation. Je n’étais pas moi-même. Je ne sais pas ce qu’il m’est arrivé, j’étais comme habité. »

Le prévenu est déjà connu de la justice pour des faits similaires puisqu’il a été condamné, en cour d’assises, à trois ans de prison pour agression sexuelle et viol sur sa demi-sœur de 12 ans lorsque lui en avait 19. Pour « se venger de sa belle-mère » selon la procédure lue lors de l’audience.  

Alors que les magistrats ont évoqué ses tendances suicidaires, ils se sont également penchés sur sa personnalité et son enfance « difficile » après le divorce de ses parents quand il avait 6 ans, le décès de sa maman à 8 ans, les violences subies par son père et la mauvaise relation qu’il entretenait avec sa belle-mère.

Un sanctuaire sacré

Me Montels-Estève, représentant la partie civile a évoqué la « nausée » qu’elle a ressentie lors de la lecture de la procédure et au cours de cette audience. « Avec toutes les campagnes d’information, l’agression, le viol, est encore possible. Les campagnes ne touchent pas les agresseurs. Ce dossier est révoltant. On se retrouve dans le schéma classique et désolant où l’agresseur explique que c’est elle qui est venue vers lui. On lit ça dans tous les dossiers d’agression sexuelle. Mais elle n’a rien décidé du tout », a-t-elle plaidé. Avant de saluer « la réaction exemplaire » de la jeune fille et de sa copine qui l’a poussée à en parler. « Si elle n’en a pas parlé plus tôt c’est qu’elle culpabilisait. Elle a eu peur de la séparation de ses parents. »

Le ministère public a rappelé « qu’un cadre familial doit être un sanctuaire sacré ». Il a également salué « le courage » de l’enfant « quand certains ont besoin de plusieurs décennies pour en parler. Ici, l’alternative n’est pas de punir ou soigner, mais de punir et soigner. » Dans ce cadre, le procureur de la République a requis une peine de huit ans de prison ferme assortie d’une injonction de soins, d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime et de limiter les contacts avec les mineurs. Il a également demandé le maintien en détention.

Cinq ans de prison

Le tribunal prononcera finalement une peine de cinq ans de prison ferme avec maintien en détention. Et à titre de peine complémentaire, un suivi socio-judiciaire d’une durée de dix ans avec injonction de soins, interdiction d’entrer en contact avec la victime et avec des mineurs ainsi que d’exercer toutes activités en lien avec ces derniers. Son inscription figurera également au Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles). Et une amende de 5 000 € au titre du préjudice moral.



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