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Chaque année, le CRSFSC accueille et soigne notamment un nombre impressionnant de chouettes et de rapaces. - ©DR

Par Yannick Périé
Le 06 juin 2019

Il l’avait annoncé. S'il ne parvenait pas à financer la création d'un poste et demi de salarié, Jean-Claude Austruy, président bénévole du Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage Caussenard, menaçait de limiter son action faute de pouvoir assurer normalement son activité…

Depuis le 1er juin, le Centre de sauvegarde, qui, rappelons-le, accueille les animaux d’espèces protégées en détresse de la région, « n’est plus en mesure de continuer à assurer normalement son activité et doit limiter son action, car c’est la seule option légale possible », regrette Jean-Claude Austruy.

Tout aura pourtant été essayé, et les bouteilles à la mer ont été nombreuses.

La cagnotte Leetchi, lancée par un particulier, aura permis de récolter 2.625 €. Si le geste est noble, cela n'est bien sûr pas suffisant pour assurer la pérennité du centre sur le long terme… « Merci à tous les généreux donateurs et à François Coppolani ! », souligne néanmoins Jean-Claude Austruy.

Le CRSFSC dans « une impasse »

Un président qui est moins tendre avec les responsables politiques locaux. Et ceux de la Communauté de communes Millau Grands Causses en particulier.

Alors qu'une réunion avait eu lieu le 25 mars dernier laissant entrevoir une volonté d'aider le CRSFSC à pérenniser l’activité de la structure sur les différents intérêts qu’elle représente (écologique, éducatif, économique), aucune suite n'aurait été donnée. Une situation que dénonce Jean-Claude Austruy dans un courrier adressé dernièrement au président de la Communauté de communes, Gérard Prêtre. Extrait :

Comment peut-on affirmer vouloir nous aider de façon pérenne tout en nous signalant que, de toute façon, à terme, il ne sera pas possible d’accéder à notre demande ? Au final, votre but serait que ce soient les autres collectivités qui fassent ce que vous refusez. C’est le genre de stratégie que nous subissons depuis des dizaines d’années et c’est une impasse pour nous.

La Communauté de communes ayant mis en avant son incompétence en la matière, Jean-Claude Austruy rappelle à Gérard Prêtre les articles L5214-16 du CGCT qui précisent que « le conseil communautaire peut également choisir des compétences facultatives qu’il définit lui-même après accord des communes membres ».

Il appartiendra désormais aux mairies d'accueillir les animaux sauvages en détresse.Il appartiendra désormais aux mairies d'accueillir les animaux sauvages en détresse.

Estimant que la Communauté de communes cherche à « faire durer les choses pour notre association, faire patienter et peut être démobiliser ses soutiens avec une ou deux années supplémentaires pour chercher une solution que nous n’avons pas trouvée depuis 30 ans », le CRSFSC a refusé l'aide ponctuelle proposée par la Communauté de communes pour l’année 2019 « car elle ne répond pas au seul objectif qui est le notre, l’avenir du Centre de Sauvegarde ».

« La position des élus est désespérante »

Du côté de la mairie de Millau, une subvention exceptionnelle de 3.000 € a été versée au mois d'avril. Une aide « bloquée » par le CRSFSC tant qu'aucune solution n'aura été trouvée du côté de la Communauté de communes…

« Comme vous le savez, le but de la demande en direction des collectivités et plus particulièrement des principales Communautés de communes du Parc Naturel Régional des Grands Causses et la Communauté d’Agglomération du Grand Rodez est d’obtenir de quoi financier 1,5 poste de salarié pour assurer notre mission d’intérêt général et ma succession », écrit Jean-Claude Austruy au maire de Millau, Christophe Saint-Pierre, dans un courrier daté du 8 mai. « Sans garanties écrites et formalisées comme partout ailleurs en France, nous sommes condamnés à poursuivre notre action, condamnés aussi, faute de personnel permanent et qualifié, de limiter à partir du 1er juin notre action. »

Au regard des enjeux qui concernent la biodiversité et alors que nous sommes au cœur du concret, je dois reconnaître que, d’une manière générale, la position des élus de toute audience politique du département, qui ne cessent de glorifier notre action, mais refusent de nous en donner les moyens, est désespérante.

Des soins prodigués sur un aigle royal par les bénévoles du centre. ©DRDes soins prodigués sur un aigle royal par les bénévoles du centre. ©DR

Des menaces mises à exécution

La date du 1er juin étant passée, et n'ayant pas obtenu gain de cause, le CRSFSC met ses menaces à exécution. « Faute de personnel salarié, nous ne recevons plus les stagiaires, en provenance des collèges, lycées, Mission Locale et Greta de Millau, accueillis jusqu’à ce jour au Centre de sauvegarde, ni les animaux d’espèces protégées en détresse de la totalité de la Communauté de communes de Millau Grands Causses », affirme Jean-Claude Austruy.

Avant de préciser :

Dans le cas de découverte d’un animal sauvage ou domestique errant et en vertu de la loi N99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux errants et du Code rural, article L211, le maire est responsable, sur sa commune, de ces animaux.

En conséquence et surtout sachant qu’un particulier n’a légalement pas le droit de détenir un animal d’espèce protégée, il appartiendra à tous ceux qui le souhaitent de faire parvenir ces animaux errants (oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens) au maire de leur commune respective…



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