photos/6135.jpg

De gauche à droite : Michel Durand, Emmanuelle Gazel, Fréderic Fabre et Claude Alibert. - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 06 juin 2019

Les élus socialistes de l’opposition municipale ont souhaité dénoncer, jeudi, à la faveur d'une conférence de presse, la politique de la municipalité concernant la restauration scolaire, « qui prive de cantine de nombreux écoliers ».

Les élus socialistes de l’opposition municipale se sont réunis et ont proposé un rendez-vous à la presse, en réaction au vote du budget de la restauration scolaire, lors du dernier conseil municipal. Un budget qui serait « le reflet d'une injustice sociale ».

Changement du modèle de calcul

En 2016, la municipalité de Christophe Saint-Pierre a changé le système de calcul du prix des repas de la cantine, qui jusqu’alors permettait aux familles de bénéficier de tarifs plus ou moins élevés, et appliqués par tranches de revenus.

Il a en effet été décidé d’intégrer les prestations sociales de la CAF (Caisse d’Allocation Familiale) aux revenus des foyers. Ce nouveau mode de calcul a eu pour incidence d’augmenter les revenus de nombreuses familles, qui ont vu le tarif des repas s’envoler, « certaines sautant deux tranches d’un coup » !

Emmanuelle Gazel, conseillère municipale d’opposition, explique que « le nouveau barème, entré en vigueur dès septembre 2016, a impacté beaucoup de foyers déjà dans la précarité, à tel point qu’entre 2017 et 2018 le nombre de repas sur Millau a baissé de 4.655 repas en un an, alors que la moyenne nationale est en constante augmentation de la maternelle aux facultés » !

Avant le changement de régime, 76 % des familles millavoises bénéficiaient de la première tranche de calcul, soit 1.80 € le repas, alors qu’à l’heure actuelle elles ne sont plus que 6 % et la moitié des enfants payent 5.20 € par repas.

« Un système injuste »

Le groupe d’opposition précise que le système de calcul qui était en vigueur jusqu'à ce changement, était « juste », et « basé sur un modèle social équitable ». « Il permettait à tous les enfants d’avoir accès à une alimentation saine et équilibrée au moins une fois par jour, ce qui n’est pas forcément le cas dans tous les foyers ».

Aujourd’hui, ces personnes aux revenus modestes ne peuvent plus inscrire leurs enfants à la cantine. Pour une famille avec deux enfants dont les parents gagnent le SMIC, cela représente une augmentation de 400 € par an !

« Un modèle injuste, mais qui rapporte ! »

Paradoxalement, Frédéric Fabre, conseiller municipal de l’opposition, constate que malgré la baisse significative du nombre d’enfants inscrits, la mairie a fait un bénéfice de presque 80.000 € sur les repas de la restauration scolaire.

Le bénéfice municipal est directement prélevé dans la poche des Millavois sur leurs aides sociales. La cantine ne doit pas servir à générer des revenus, ce n’est pas son rôle !

Les élus de l’opposition qui ne souhaite pas  « être dans la dénonciation stérile et aigrie ou la critique, sans apporter de solution », proposent de revenir au système de calcul antérieur « qui permettait à tous les petits écoliers millavois de profiter des repas de la cuisine centrale ». Et Frédéric Fabre de dénoncer « un modèle injuste, mais qui rapporte » :

Quand on change les choses, c’est pour un mieux, ici le seul avantage est pour la Ville et ce n’est pas ce qu’on attend d’une mairie pour ses enfants !

Avant de citer l’Abbé Pierre : « L’injustice ce n’est pas l’inégalité, c’est le non-partage ! À bon entendeur »...



Recevoir notre Newsletter
1234
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !