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Le local où se réunit le comité de soutien à Mathias Échène. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 24 mai 2019

L’Aveyronnais est détenu depuis le 26 juillet 2017 dans une prison de Bali. Il entame son 53e jour de grève de la faim et son état de santé préoccupe.

Cela fait désormais 665 jours que Mathias Échène est détenu dans une prison à Bali. Une incarcération qui est survenue à la suite d’une « fraude » dénoncée par ses associés chinois en rapport avec un projet de construction de villas en bord de plage à Bali. Ils lui réclament plusieurs millions d’euros. Lui a toujours contesté. Ce conflit commercial l’a mené tout droit en prison après que le tribunal de Hong-Kong a délivré un mandat d’arrêt à son encontre.

Fin mars, la cour d’appel de Paris s’est prononcée en faveur de l’Aveyronnais. Pour autant, sa situation n’avance pas et les autorités indonésiennes ne tiennent pas compte de cette décision.  

« Je suis fatigué »

Celui qui portait, à Rodez, le projet d’hôtel de luxe en lieu et place du palais épiscopal mais qui a avorté s’est confié à nous ce vendredi 24 mai. Il évoque ses conditions de détention ainsi que son état de santé préoccupant alors qu’il entame son 53e jour de grève de la faim :

Physiquement, je suis très affaibli par ma grève de la faim. Même si j’ai un peu mangé cette semaine, j’ai aujourd’hui perdu 16 kg par rapport à mon poids normal. En outre, je pense recommencer cette grève de la faim car c’est mon seul moyen pour faire entendre raison aux autorités indonésiennes. Moralement, je suis fatigué… Le soutien de ma famille et de mes proches me permet encore de tenir, mais je suis très déçu du peu de soutien des autorités françaises alors que je ne suis pas condamné et que les autorités indonésiennes n’ont rien à me reprocher. Je ne vois pas le bout de ce cauchemar.

Près de 1 200 signataires 

Et de continuer : « Mes conditions de détention sont mauvaises. Ici, la nourriture et l’hygiène sont déplorables. Heureusement, la violence étant sévèrement réprimée je n’ai jamais eu à craindre pour mon intégrité physique. Je n’ai aucune nouvelle de ma situation mais je sais que le groupe de travail des Nations Unies à Genève (Suisse) a été saisi par mes avocats français pour détention arbitraire et illégale au regard des conventions internationales. Il a informé les autorités indonésiennes qu’il ouvrait une enquête officielle. »

« Je souhaite uniquement rentrer chez moi »

À Rodez, un comité de soutien, porté par sa sœur Éléonore, s’est créé le 7 mai. Ses adhérents* ont lancé une pétition, signée par près de 1 200 personnes dont plusieurs personnalités politiques de la ville. Situé rue Abbé-Bessou, leur local dresse le portrait de Mathias Échène ainsi que des affiches où on y lit : « En prison à Bali depuis le 29 juillet 2017. » Ou encore : « Victime d’un déni de justice. »

L’intéressé, touché par ce soutien, confie : « Je souhaite uniquement rentrer chez moi, retrouver mes trois jeunes enfants que je n’ai pas vus depuis presque 22 mois, ma famille et mes proches. »

Le président du Conseil départemental, Jean-François Galliard, signataire de la pétition s’est également confié sur la situation de l’Aveyronnais : « C’est une affaire de conscience individuelle. Chacun est libre de soutenir ou non. Ça en reste là. Par contre, les conditions de détention qu’il décrit sont inadmissibles. » Et de s’interroger sur la nécessité de l’intervention d’institutions françaises : « Il faut voir comment ça évolue. » Bertrand Cavalerie, premier secrétaire fédéral du PS, considère « que la vie n’a pas de prix. Je soutiens les initiatives qui visent à le faire échapper de ces conditions humaines. »

*Pour rejoindre le comité de soutien, il suffit d'écrire à comitedesoutien.mathiasechene@gmail.com 



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