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Fabienne Grégoire, Hélène Paret et Bérénice Lacan solidaires du mouvement national de grève « Pas de bébés à la consigne ! » - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 24 mai 2019

Jeudi 23 mai, les employés du Pôle petite enfance de Millau ainsi que Bérénice Lacan, adjointe déléguée à la jeunesse et à la famille ont soutenu le mouvement « Pas de bébés à la consigne ! ». Non grévistes, elles ont malgré tout souhaité faire entendre leur voix lors d’une conférence de presse.

« Pas de bébés à la consigne » est un collectif regroupant une cinquantaine d’associations, qui a été créé en 2009. Il défend une prise en charge de qualité pour les jeunes enfants en accueil individuel et collectif.

Millau, non gréviste, mais solidaire

Le personnel du Pôle petite enfance de Millau et l’adjointe en charge de la petite enfance qui soutient ses équipes dans cette démarche, ont voulu dire qu’ils soutenaient le mouvement malgré le fait qu’ils ne fassent pas en grève, pour ne pas pénaliser les familles.

Ainsi, les agents de la crèche ont pu porter des badges « Pas de bébés à la consigne ! », pendant toute la journée du 23 mai, pour sensibiliser les parents aux conditions d’accueil qui seront bientôt celles de leurs progénitures.

En effet, le gouvernement propose des ordonnances de lois qui, selon eux, « dégraderaient considérablement les conditions d’accueil des jeunes enfants dans les structures municipales ». « C’est ce qui a dernièrement mis le feu aux poudres », affirme Bérénice Lacan.

Les dernières ordonnances de l’état sont opaques, avec des contraintes d’accueil inacceptables et on nivellerait l’accueil des jeunes enfants par le bas.

Le pôle petite enfance dit « non »

La municipalité a récemment fait le choix de construire un lieu d’accueil de très bonne qualité pour les agents et les enfants accueillis. Elle a titularisé ou stagiairisé le maximum d'agents pour ne pas les faire travailler dans des conditions précaires.

L'ensemble du personnel, qui avait engagé une démarche qualitative pour l'accueil des enfants, est farouchement opposé à ces textes de loi.

La volonté de la mairie était de faire un pôle avec un projet pédagogique d’ampleur et aujourd’hui on est déjà limités par les contraintes malgré l’investissement sans faille du personnel.

Fabienne Grégoire, auxiliaire de puériculture, représentante du personnel est inquiète.

À l’heure actuelle, nous sommes un agent pour cinq enfants qui ne marchent pas, les nouvelles lois nous contraindraient à être un pour huit. C’est impossible !

« Des choix incohérents et inapplicables »

Les structures municipales ne peuvent fonctionner que grâce aux aides accordées par l’État, en tenant des objectifs, et en justifiant les heures de présence des enfants dans les établissements.

Par exemple, depuis peu, une place en crèche correspond à un nombre d’heures, et non plus à un enfant. Il faut que le taux d'occupation soit supérieur ou égal à 75 % pour que l'établissement touche les aides maximales. Dans le cas contraire, elles sont dégressives.

Malheureusement, les structures d’accueil sont tributaires de nombreux paramètres, comme les enfants malades par exemple, et dans la réalité, « il est quasiment impossible de tenir les objectifs imposés par l’État », confie Bérénice Lacan.

À l’heure où le gouvernement prône la mixité sociale, il ne nous donne pas les moyens de mettre cette politique en œuvre dans de bonnes conditions, ni pour les enfants, ni pour le personnel. Je suis très inquiète pour l’avenir des structures petite enfance,  j’ai peur que ce ne soit que le début, et qu’à terme, cela atteigne les écoles maternelles et les centres aérés si on ne fait rien.


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