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L'affaire a été jugée en comparution immédiate ce mercredi 22 mai. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 22 mai 2019

Un homme d’une trentaine d’années faisait l’objet d’une comparution immédiate, ce mercredi 22 mai. La veille, comme au mois de décembre, il a commis des violences sur son ex-compagne et des menaces à l’encontre de son voisin.

Ce mercredi 22 mai, au tribunal de Rodez, les magistrats ont jugé un homme pour violences à l’encontre de son ex-compagne. En état de récidive légale après avoir été condamné par le tribunal de Montpellier pour des faits similaires, le prévenu s’en est pris à son ex-compagne mardi 21 mai. Ensemble, ils ont eu un jeune enfant âgé de moins de deux ans aujourd’hui. Un contexte qui a poussé la jeune maman à proposer à son ex-compagnon de venir à son domicile, à Baraqueville, pour s’en occuper. À la barre, cette dernière le décrit « comme adorable et à la fois violent lorsqu’on lui dit quelque chose qui ne lui plaît pas »

« Il aurait pu se passer quelque chose de grave »

C’est ce qu’il s’est produit, mardi 21 mai, après que le jeune papa ait oublié de réveiller sa fille pour l’emmener à la crèche. Son ex-compagne le lui reproche, ce qui provoque sa colère. Il l’a saisit par le bras et l’a fait tomber une première fois dans la cuisine avant de récidiver dans le couloir où il cogne sa tête contre le sol à deux reprises. La jeune maman est sonnée pendant plusieurs minutes. Les cris de la dispute ont alerté le voisinage et un des voisins toque à la porte. Le prévenu se saisit d’un couteau et ouvre la porte avant de menacer le voisin : « Qu’est-ce que tu veux, je vais te mettre un coup de couteau. »

Présent lors de l’audience, le voisin raconte : « Si madame (la victime) ne s’était pas mis devant lui, il aurait pu se passer quelque chose de grave. » « Je ne l’aurais pas planté, ce n’était pas mon but », précise le prévenu.

Lors de l’intervention des gendarmes, l’homme a pris la fuite. Il sera interpellé, de manière musclée, en gare d’Albi. Les magistrats se sont ensuite penchés sur des faits similaires, au mois de décembre, où son ex-compagne lui avait proposé de venir passer les fêtes de Noël. Là encore, le prévenu, jaloux, s’était montré violent envers la jeune maman.

Intolérance à la frustration

Un tempérament impulsif qui lui a déjà valu plusieurs séjours en Unité pour malades difficiles (UMD). Et qui remonte à l’enfance où lors de son audition par les gendarmes, le jeune homme raconte ses « tentatives de meurtre ». Une première à l’âge de 6 ans lorsqu’un de ses camarades lui a jeté une boule de neige à la figure à laquelle il a répondu par une grosse pierre entraînant une grave blessure. Et la deuxième, à l’âge de 15 ans, où au sein de l’UMD il avait fait entrer un couteau de boucher avant d’essayer de s’en prendre aux infirmiers.

Le prévenu reconnait les faits et admet suivre un psychologue. Une expertise médicale constate des troubles de la personnalité, une hyperaffectivité qui entraîne des actes impulsifs et une intolérance à la frustration. Un verdict que le prévenu partage : « Je peux être dangereux dans des moments de frustration. » Sa maman, présente également à l’audience confirme : « Il est blessé lorsque quelqu’un qu’il aime profondément ne va pas dans son sens. » Et d’avouer : « J’ai déjà été menacée, j’ai déjà eu peur. » Sans toutefois l’accabler. D’ailleurs, dans ce dossier, ni son ex-compagne ni le voisin ne se sont constitués partie civile. 

Un suivi socio-judiciaire

Pour la substitut du procureur de la République, il n’y a « aucune difficulté pour entrer en voie de condamnation mais la peine doit tenir compte de sa personnalité ». S’il a « conscience » de ses actes il y a tout de même « une dangerosité patente ». Et de requérir un suivi socio-judiciaire d’une durée de trois ans avec injonction de soins, interdiction de rentrer en contact avec son ex-compagne hors cadre fixé par le juge des affaires familiales mais aussi de paraître dans la commune de Baraqueville et donc au domicile de la jeune maman. 

Le tribunal suivra en partie ces réquisitions en prononçant un suivi socio-judiciaire de trois ans accompagné d’une injonction de soins et l’interdiction de rentrer en contact avec son ex-compagne. En cas de non-exécution de cette condamnation, c’est une peine de trois ans de prison ferme qu’il encourt.



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